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La France n'est pas préparée aux "graves conséquences" du changement climatique

Un pompier combat un incendie près de Louchats en Gironde, dans le sud-ouest de la France, le 17 juillet 2022.
Un pompier combat un incendie près de Louchats en Gironde, dans le sud-ouest de la France, le 17 juillet 2022. Tous droits réservés THIBAUD MORITZ / AFP
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Par Rosie Frost
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Cet article a été initialement publié en anglais

Dans leur dernier rapport, les experts du Haut conseil pour le climat estiment que les efforts sont encore "insuffisants" pour atteindre les objectifs fixés pour 2030.

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L'action de la France en matière d'émissions de gaz à effet de serre est "insuffisante" et le pays n'est pas "prêt à faire face" aux conséquences du changement climatique, a averti le Haut conseil pour le climat (HCC).

Le rapport de 200 pages publié mercredi 28 juin révèle que le pays a été submergé par des événements climatiques extrêmes en 2022. Ces événements ont nécessité des mesures d'urgence d'une "ampleur exceptionnelle", mais les années extrêmes de ce type sont de plus en plus fréquentes, selon HCC.

Les auteurs du rapport estiment que, si un cadre d'action sur le changement climatique est en cours d'élaboration, il n'inclut jusqu'à présent pas de politique économique capable de déclencher l'accélération nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques.

"La baisse des émissions de gaz à effet de serre en France se poursuit en 2022, mais à un rythme qui reste insuffisant pour atteindre les objectifs de 2030", indique le HCC.

Les conséquences du changement climatique accablent la France

L'Europe est la région du monde qui se réchauffe le plus rapidement, selon un récent rapport de l'Organisation météorologique mondiale et du service Copernicus sur le changement climatique de l'Union européenne.

L'année dernière, les températures en France ont dépassé de 2,9 degrés Celsius les températures moyennes enregistrées pour la période 1991-2020.

En plus d'avoir connu l'année la plus chaude jamais enregistrée, les précipitations ont également été inférieures de 25 % à la moyenne 1991-2020.

Cela a entraîné une réduction de la production d'énergie hydroélectrique, une baisse des rendements agricoles et des effets sur la biodiversité.

Les conditions exceptionnellement chaudes et sèches ont aussi entraîné une surmortalité de 2 816 décès enregistrés par le système de santé en 2022. Et ont créé des tensions sur l'approvisionnement en eau potable dans 2 000 municipalités alors que 8 000 autres ont demandé la reconnaissance de "catastrophes naturelles" en raison de la sécheresse.

RAYMOND ROIG / AFP
Des employés municipaux chargent des colis d'eau potable destinés aux habitants de Corbère-les-Cabanes, dans le sud-ouest de la France.RAYMOND ROIG / AFP

D'importants incendies ont brûlé 72 000 hectares de terres, obligeant les services français de lutte contre les incendies à faire appel à des renforts étrangers. Les puits de carbone risquent d'être brûlés, ce qui réduirait leur capacité à neutraliser les émissions.

Les conditions extrêmes de l'année dernière ont eu de "graves répercussions" sur la population, l'économie, les infrastructures et les écosystèmes, "dépassant les capacités actuelles de prévention et de gestion des crises", disent les experts.

Le gouvernement français doit "reconnaître l'urgence" de la situation

Le HCC a appelé le gouvernement français à "reconnaître l'urgence" de la situation, à accélérer ses mesures "insuffisantes" de réduction des gaz à effet de serre et à mettre à jour ses plans "réactifs" d'adaptation au climat.

Malgré les avancées positives du paquet "Fit for 55" de l'UE, les experts affirment que le rythme actuel des changements n'est pas compatible avec la réalisation des objectifs de 2030 dans sept ans.

"Des mesures correctives rapides et approfondies sont nécessaires pour atteindre le rythme de changement attendu, les changements structurels nécessaires", a déclaré le HCC.

LOIC VENANCE/AFP or licensors
Centrale thermique au charbon d'EDF à Cordemais, dans l'ouest de la France.LOIC VENANCE/AFP or licensors

Il appelle à une "politique économique de grande envergure" qui verrait un financement public et privé de 30 milliards d'euros par an d'ici à 2030 pour décarboniser l'économie.

La France doit "doubler le rythme" de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a déclaré le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu sur France Info.

Il a précisé que l'objectif était de réduire les émissions de 140 millions de tonnes d'ici à 2030. Un plan détaillé sur la manière de procéder sera présenté aux législateurs le 5 juillet.

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