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Le Nutri-Score n'évalue pas le degré de transformation des aliments, ni la présence d'additifs

Dans le Nutri-Score, une échelle à cinq couleurs indique la qualité nutritionnelle d'un produit.
Dans le Nutri-Score, une échelle à cinq couleurs indique la qualité nutritionnelle d'un produit. Tous droits réservés Euronews
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Par Vincenzo GenoveseYolaine de Kerchove (traduction)
Publié le Mis à jour
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L'Europe va bientôt devoir se prononcer sur un label alimentaire informatif commun à tous les Etats membres. Le Nutri-Score est une option. Mais cet étiquetage divise les pays européens.

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L'une des prochaines batailles politiques entre les Etats membres de l'UE se déroulera au supermarché.

Dans les mois à venir, la Commission choisira un label alimentaire informatif qui sera utilisé dans toute l'UE. 

L'évaluation est toujours en cours et parmi les options proposées figure le Nutri-Score, une étiquette à feux tricolores, déjà utilisée dans sept pays, dont la France et la Belgique, où la population semble y prêter attention.

"Je pense que c'est un bon indicateur, je vais le rechercher à partir de maintenant", indique un client d'un supermarché belge.

Dans le Nutri-Score,une échelle à cinq couleurs indiquela qualité nutritionnelle d'un produit, en considérant une quantité fixe de 100 grammes ou millilitres. Les protéines, les fibres, les fruits et les légumes augmentent la note, tandis que d'autres éléments comme le sucre, les graisses et le sel la diminuent, le résultat final variant d'un A vert à un E rouge. 

Beaucoup de gens n'aiment pas cela : pour le gouvernement italien et la Coldiretti (association des agriculteurs italiens), le Nutri-Score fournit une indication "trompeuse", qui pénalise les produits nationaux délicats comme les jambons et les fromages.

"Il y a malheureusement de nombreux exemples qui montrent comment le Nutri-Score peut induire le consommateur en erreur ", critique Herbert Dorfmann, député européen du Parti populaire européen.

"Le Nutri-Score parle de la qualité d'un produit sans parler de la quantité, et je reste convaincu qu'en matière de nutrition, la quantité compte beaucoup. Il y a une grande différence si je mange 50 grammes de speck ou si j'en mange 500 grammes, et le Nutri-Score n'en tient pas compte à l'heure actuelle".

Le Nutri-Score ne prend pas en compte le degré de transformation des aliments dans les additifs présents, mais uniquement leur équilibre nutritionnel. C'est pourquoi les aliments sains mais gras, comme l'huile d'olive et le beurre, sont souvent moins bien notés que les aliments emballés riches en conservateurs.

Pour ses défenseurs, cependant, le Nutri-Score a plus d'avantages que d'inconvénients. Surtout si vous l'utilisez pour comparer des aliments similaires entre eux.

"Pour être efficace, un étiquetage nutritionnel de façade doit remplir certains critères : il doit être codé par couleurs, obligatoire, fondé sur des preuves scientifiques indépendantes... Et il semble que le Nutri-Score remplisse toutes les conditions. C'est pourquoi, à l'heure actuelle, Nutri-Score est le meilleur candidat pour un large étiquetage nutritionnel en Europe", estime Pauline Constant - Directrice de la communication au Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).

L'association européenne de consommateurs cite plus de 100 études scientifiques indépendantes à l'appui du feu tricolore et espère que la Commission le proposera bientôt aux États membres. Si tel est le cas, il est important de comprendre que le Nutri-Score ne reste qu'un résumé très immédiat du tableau nutritionnel d'un aliment : il ne nous dit pas s'il est sain, mais seulement s'il est équilibré.

Video editor • Vassilis Glynos

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