Une visite pour définir l’avenir des relations UE-Chine

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen Tous droits réservés AP Photo
Par Efi Koutsokosta
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, accompagne cette semaine le président français, Emmanuel Macron, lors d’un déplacement en Chine. Les deux dirigeants rencontreront le président chinois Xi Jinping, alors que les relations entre les deux partenaires sont très délicates.

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Tous les regards sont tournés vers la présidente de la Commission européenne qui va accompagner cette semaine le président français pour un déplacement en Chine.

Ursula von der Leyen a souligné lors d’un discours, la semaine dernière, la nécessité de ré-évaluer le partenariat avec Pékin. Le pays était l'année dernière le troisième partenaire de l'UE en termes d'exportations et le premier pour les importations de marchandises.

Pour certains analystes, le président chinois va surtout chercher à convaincre les Européens de reprendre le cours normal des relations.

"Nous avons les plus grands acteurs tels que l'Allemagne et la France, et les cercles d'affaires de ces deux pays, qui ont un très grand intérêt à ce que les affaires reprennent comme si de rien n'était. Et avec (Emmanuel) Macron, cette délégation d'affaire, c'est sans aucun doute un signal vers Pékin pour signaler que la coopération économique est toujours une priorité pour Paris", explique Alicja Bachulska, chercheuse au European Council on Foreign Relations.

"Mais aussi, au niveau de l'UE dans son ensemble, et cela a été très visible dans le discours d’Ursula von der Leyen, l'Europe ne veut pas d'un découplage, d'un découplage à l'américaine", ajoute-t-elle.

La présidente de la Commission parle d’ailleurs d'une approche pour réduire les risques plutôt que de découpler les liens avec Pékin.

Mais pour les observateurs, cette ligne ne sera pas facile "étant donné la portée du révisionnisme de Xi Jinping, la manière dont notre économie a été politisée au cours de la dernière décennie et aussi étant donné ses ambitions : créer cette dépendance pour protéger la Chine des chocs extérieurs", précise Alicja Bachulska

Le président français veut tenter de dissuader la Chine de se rapprocher plus encore de la Russie. Mais les experts estiment que la marge de manoeuvre est réduite. Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen pourraient tout au plus avertir Pékin des conséquences possibles en cas de soutien militaire chinois à la Russie.

Paris dispose d’une double légitimité. La France siège au Conseil de sécurité de l’ONU et fait partie des puissances nucléaires.

Mais "le président français doit être et devrait être très conscient de l'influence limitée qu'il a sur Xi Jinping. La France, comparée à la Chine, est aujourd'hui un poids plume", explique Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique.

"La relation est très asymétrique et (Emmanuel) Macron ne peut guère convaincre Xi Jinping. C'est bien d'essayer. Il est bon, bien sûr, de maintenir le canal de communication ouvert, mais nous devons être très réalistes dans nos attentes et garder des attentes très limitées", conclut-il.

Dans le même temps, les experts reconnaissent que les technologies sensibles sont essentielles dans les relations avec la Chine. Et Pékin n'a pas totalement la main car le pays est avant tout une puissance exportatrice. Elle doit maintenir ces flux vers l'extérieur et doit donc continuer à avoir accès au marché de l’UE.

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