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Les agriculteurs européens contestent la proposition actuelle de restauration de la nature

Manifesation à Bruxelles contre l'actuelle loi sur la restauration de la nature
Manifesation à Bruxelles contre l'actuelle loi sur la restauration de la nature Tous droits réservés Isabel Marques da Silva/euronews
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Par Isabel Marques da Silva
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La Commission européenne a proposé l'année dernière une nouvelle loi sur la restauration de la nature, contestée ces dernières semaines par les eurodéputés chrétiens-démocrates.

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La principale association européenne des agriculteurs s'oppose à la loi sur la restauration de la nature. Cette proposition veut protéger d'ici 2030 au moins 20 % des terres et des zones maritimes de l'UE.

Le Copa-Cogeca, qui représente les agriculteurs et les coopératives agricoles européennes, souhaite que la Commission européenne retire la loi. Il fait valoir que le texte diminuerait les zones dédiées à l'agriculture, à la sylviculture et aux activités horticoles.

"Nous réduirions en fait notre capacité à produire des denrées alimentaires, et nous serions plus exposés aux importations", explique Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, lors d'une manifestation jeudi devant le Parlement européen.

"Nous voulons produire de la nourriture pour les citoyens européens, et cette législation menace sérieusement cet objectif", ajoute-t-il.

La Commission européenne affirme que la législation sur la restauration est essentielle pour faire face aux graves menaces écologiques.

Selon l'Agence européenne pour l'environnement, environ 81 % des habitats naturels dans l'UE sont en mauvais état de conservation.

Les abeilles, les oiseaux et les papillons sont en déclin, ce qui met en péril l'équilibre des écosystèmes.

La nouvelle loi est également considérée comme un outil de lutte contre le changement climatique. Elle doit permettre aux forêts, aux zones humides et aux prairies de se développer et de capturer les émissions de CO2.

Ces systèmes sont essentiels pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, l'objectif fixé par l'accord de Paris sur le climat. C'est pourquoi la loi contient également des objectifs en matière d'espaces verts urbains, de connectivité fluviale et de protection marine.

Le Parlement européen dans l'impasse ?

Tout cela est discuté au Parlement européen, mais mercredi, le Parti populaire européen (PPE) a décidé de se retirer des négociations.

Comme le Copa-Cogeca, le PPE exige que la Commission européenne réalise une nouvelle étude d'impact complète avant d'approuver toute législation.

"Nous ne sommes pas contre la restauration de la nature, nous sommes contre une mauvaise législation, et c'est pourquoi le PPE est prêt à rejeter la loi sur la restauration de la nature dans sa forme actuelle", souligne Tom Vandenkendelaere, eurodéputé (PPE) présent à la manifestation.

Le chef du groupe chrétien-démocrate, Manfred Weber, a déclaré que les mesures ne prenaient pas en compte les impacts économiques de la guerre en Ukraine et qu'elles exerçaient une pression excessive "sur nos communautés rurales et nos agriculteurs".

La loi est un élément clé du Pacte vert européen. La Commission avance d'ailleurs que chaque euro investi dans la restauration de la nature rapporte 8 à 38 euros de bénéfices.

Le centre-gauche, les Verts et une partie des libéraux souhaitent adopter le texte d'ici la fin de l'année.

"Pour la sécurité alimentaire, nous avons besoin de systèmes écologiques et durables qui fonctionnent pour tout le monde. Nous faisons partie de la nature, nous ne pouvons pas penser que la nature, qui nous entoure, tombera malade et que nous, nous resterons en bonne santé. Cela ne fonctionne pas comme ça", insiste l’eurodéputée écologiste Sarah Wiener.

"Nous devons penser aux autres générations, mais aussi à ce que nous mangeons. Dans notre chaîne alimentaire, nous mangeons aussi un peu de pesticides, d'antibiotiques, de produits chimiques. Personne ne veut manger cela", ajoute cette ancienne cheffe de restaurant qui souhaite une révision du modèle agricole intensif et un passage à un système plus soutenable.

Ce texte serait la première loi contraignante qui obligerait les États membres de l'UE à mettre en œuvre des mesures de protection de la nature.

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Un budget de 100 milliards d'euros est prévu pour soutenir ces efforts. Les pays devraient soumettre des plans nationaux de restauration à la Commission dans les deux ans qui suivent l'entrée en vigueur du règlement.

L'actuelle présidence suédoise de l'UE espère parvenir à une approche générale au niveau ministériel lors du Conseil Environnement du 20 juin.

De son côté, l’eurodéputé socialiste et rapporteur du texte au Parlement, César Luena tentera de trouver un consensus avec les différents groupes politiques.

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