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Ursula von der Leyen défend son voyage en Israël et déclare que les civils doivent être protégés de la "fureur de la guerre"

Ursula von der Leyen s'est adressée au Parlement européen mercredi matin et a évoqué les derniers développements de la guerre entre Israël et le Hamas.
Ursula von der Leyen s'est adressée au Parlement européen mercredi matin et a évoqué les derniers développements de la guerre entre Israël et le Hamas. Tous droits réservés European Union, 2023.
Tous droits réservés European Union, 2023.
Par Jorge Liboreiro
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Ursula von der Leyen a défendu mercredi matin son voyage très suivi en Israël et a appelé l'Union européenne à "redoubler" d'efforts pour protéger la population civile dans la bande de Gaza.

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"La nuit dernière, une nouvelle tragédie insensée nous a tous choqués", a insisté la présidente de la Commission européenne. Ursula von der Leyen a tenu ses propos mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg en référence à la frappe qui a touché un hôpital dans la ville de Gaza.

L'explosion aurait tué des centaines de Palestiniens qui s'étaient réfugiés dans l’établissement. Des doutes subsistent sur l’origine de cette attaque.

"Les scènes qui se déroulent à l'hôpital al-Ahli sont horribles et bouleversantes. Il n'y a aucune excuse pour frapper un hôpital rempli de civils", ajoute-t-elle.

"Tous les faits doivent être établis et les responsables doivent rendre des comptes. En cette heure tragique, nous devons tous redoubler d'efforts pour protéger les civils de la fureur de cette guerre".

Les paroles et les actes de la présidente de la Commission européenne font l'objet d'un examen minutieux au cours des dix derniers jours. Ses détracteurs lui reprochent d'exprimer un soutien indéfectible à l'Etat hébreu sans insister sur la nécessité de respecter le droit international et de faire preuve de retenue.

Au lendemain de son déplacement en Israël, Ursula von der Leyen a finalement publié une courte déclaration soutenant "le droit d'Israël à se défendre contre les terroristes du Hamas, dans le plein respect du droit humanitaire international".

Mercredi matin, la présidente de la Commission a fait face aux eurodéputés pour la première fois depuis que le déclenchement du conflit, une occasion pour défendre sa réponse à l'évolution rapide de la situation.

"Il n'y a pas de contradiction entre la solidarité avec Israël et la réponse aux besoins humanitaires des Palestiniens", explique-t-elle.

La responsable allemande dénonce des "attaques terroristes odieuses" lancées par le Hamas "dans le but explicite d'éradiquer la vie juive". Elle ajoute que l'Etat hébreu était "choqué au plus profond de lui-même" par le "mal absolu" qui s'est déchaîné contre le pays.

"Je pense qu'il était important de transmettre ce message de solidarité en personne, en Israël, quelques jours seulement après l'attaque du Hamas", souligne-t-elle.

"Ce n'est que si nous reconnaissons la douleur d'Israël et son droit à se défendre que nous aurons la crédibilité nécessaire pour dire qu'Israël doit réagir en tant que démocratie, conformément au droit humanitaire international. Et qu'il est crucial de protéger la vie des civils, même et surtout en pleine guerre".

La présidente, qui n'a pas explicitement évoqué les critiques dont elle a fait l'objet, a précisé que sa visite avait comporté des discussions sur "les efforts d'Israël pour protéger la vie des civils" et s'est engagée à ce que la position de l'UE en tant que principal donateur pour les Palestiniens "ne change pas".

L'Union a récemment triplé son aide humanitaire et mis en place un pont aérien pour acheminer des fournitures en Égypte et les envoyer ensuite à Gaza.

"Les fonds de l'UE n'ont jamais été alloués au Hamas ou à une quelconque entité terroriste. Ce que le Hamas a fait n'a rien à voir avec les aspirations légitimes du peuple palestinien".

Ursula von der Leyen a conclu son intervention par une mise en garde contre la montée des incidents antisémites en Europe et la propagation des discours de haine en ligne en réaction à la guerre entre Israël et le Hamas. La semaine dernière, la Commission a ouvert une enquête formelle contre le réseau social X, anciennement Twitter, concernant la gestion par la plateforme de la désinformation et des contenus terroristes violents.

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La paix ne viendra pas seule

Le débat de mercredi sur le Proche-Orient a également été marqué par le discours de Josep Borrell, le responsable de la politique étrangère de l'UE, qui a adopté une position plus critique à l'égard de l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza.

"Le droit à l'autodéfense, comme tout autre droit, a des limites. Dans ce cas, il s'agit des limites fixées par le droit international et, en particulier, par le droit international humanitaire", a expliqué le diplomate aux eurodéputés.

"La condamnation d'une tragédie ne doit pas nous empêcher de condamner une autre tragédie", a-t-il poursuivi, "et la manifestation de notre sympathie pour les victimes d'attentats terroristes ne doit pas nous empêcher de manifester nos sentiments pour les autres morts".

Afin de renforcer la position commune de l'UE, Josep Borrell propose quatre principes : la fermeté pour dénoncer le Hamas et exiger la libération des otages, l'humanité envers la population civile de Gaza, la cohérence politique pour parler d'une seule voix et l'engagement politique pour s'attaquer aux causes profondes du conflit israélo-palestinien et promouvoir une "paix juste".

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"La paix entre les pays arabes et Israël, qui est une bonne nouvelle, n'entraîne pas automatiquement la paix entre Israël et la Palestine, qui doit également être obtenue", constate-t-il. "_Tant qu'il n'y aura pas de paix, il n'y aura pas d'armée suffisamment puissante pour garantir la paix d'Israë_l".

"Mais la paix ne viendra pas toute seule, la paix doit être construite".

Le chef de la diplomatie européenne a invoqué l'esprit des accords d'Oslo qui ont ouvert la voie à l'autonomie palestinienne, mais qui n'ont jamais été pleinement mis en œuvre, laissant le processus de paix inachevé. Ce document était censé être le prélude à la solution à deux États.

"Depuis Oslo jusqu'à aujourd'hui, le nombre de colons israéliens (dans les) territoires occupés a triplé. Et l'espace pour un éventuel État palestinien s'est rétréci et s'est transformé en un labyrinthe d'espaces détachés les uns des autres", précise Josep Borrell.

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"Mais même si la solution (à deux États) semble lointaine, nous n'avons rien d'autre. Quelle est l'alternative ? S'il n'y a pas deux États, il ne peut y en avoir qu'un, et quel genre de vie y aurait-il dans cet État ? Dans quelles conditions ?", interroge-t-il.

Pour le diplomate, la meilleure façon pour l'Europe d'honorer les morts "d'un côté et de l'autre" est d'insuffler l'élan politique nécessaire à la relance des pourparlers de paix dans le cadre des Nations unies.

"La façon dont nous communiquons notre position dans ce conflit va déterminer le rôle de l'Europe dans le monde pour de nombreuses années", souligne Josep Borrell.

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