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Le Premier ministre espagnol s'en prend à la droite lors d'un débat houleux au Parlement européen

Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez au Parlement européen à Strasbourg
Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez au Parlement européen à Strasbourg Tous droits réservés Frederic MARVAUX/ European Union 2023 - Source : EP
Tous droits réservés Frederic MARVAUX/ European Union 2023 - Source : EP
Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a reproché mercredi à la droite européenne de se plier aux idéologies d'extrême droite.

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Lors d'un débat mercredi destiné à souligner les réalisations de l'Espagne au cours de sa présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, Pedro Sánchez s'en est pris au président du Parti populaire européen, le démocrate-chrétien allemand Manfred Weber.

L’eurodéputé critique ouvertement l'accord controversé conclu entre le parti socialiste de Pedro Sánchez et le parti séparatiste catalan Junts per Catalunya. En vertu de ce compromis, la formation catalane a apporté son soutien à la reconduction de Pedro Sánchez à la tête du gouvernement, en échange d'une amnistie pour les dirigeants politiques responsables de la tentative en 2017 de sécession de la Catalogne .

Le leader de Junts et ancien président catalan à l’origine du référendum sur l’indépendance, Carles Puigdemont, était présent dans l’hémicycle. Actuellement eurodéputé, en exil en Belgique, il bénéficiera personnellement de l'amnistie.

"Ce n'est pas choisir de se réunir et de surmonter les différends politiques par une politique qui menace la démocratie. Ce n'est pas du tout le cas. La véritable menace en Espagne et en Europe est la montée de l'extrême droite", a souligné le Premier ministre espagnol.

"L'irresponsabilité de la droite traditionnelle, qui ouvre la porte à des gouvernements de coalition (avec l'extrême droite) et reprend nombre de leurs idées extrêmes : voilà la véritable menace qui pèse sur le projet européen".

"Ce duo réactionnaire affaiblit, Monsieur Weber, le projet européen", a-t-il ajouté.

Le leader de la droite européenne, dont le groupe politique abrite l'opposition conservatrice espagnole, n'a cessé de reprocher à Pedro Sánchez de bafouer l'État de droit et la séparation des pouvoirs en Espagne pour absoudre les crimes, notamment les détournements de fonds et la mauvaise administration, commis par les dirigeants catalans à des fins politiques.

Il a affirmé que l'UE était "préoccupée" par l'amnistie et que la Commission européenne se "posait de sérieuses questions".

"Dans le texte de coalition que vous avez signé, vous avez promis à (Carles) Puigdemont une commission spéciale au sein du parlement espagnol pour vérifier le jugement, une commission spéciale sur la guerre juridique. Cela va fondamentalement à l'encontre de l'État de droit et de la séparation des pouvoirs", a insisté le président du PPE.

Le ministre espagnol de la justice, Félix Bolaños, a affirmé fin novembre que la Commission européenne n'avait "aucune inquiétude" concernant l'accord politique et la loi d'amnistie. Le commissaire européen en charge de la Justice, Didier Reynders, a précisé que son institution poursuivrait le dialogue avec les autorités espagnoles avant d'émettre un avis juridique sur le projet de loi d'amnistie et sa conformité avec le droit de l'UE.

Manfred Weber a également comparé les actions de Pedro Sánchez aux violations de l'État de droit commises par les gouvernements ultraconservateurs en Pologne et en Hongrie, pour lesquelles l’UE a suspendu l'aide financière européenne.

"Nous ramènerons l'État de droit en Pologne et nous ferons de même en Espagne", a déclaré le responsable allemand, qui s'est engagé à soutenir le chef de l'opposition espagnole, Alberto Núñez Feijóo.

Pedro Sánchez a répondu à ces accusations.

"Je suis vraiment heureux qu'après vingt ans dans cet hémicycle, vous ayez commencé à vous intéresser à ce qui se passe en Espagne. Mais si vous voulez vraiment aider, je vous recommande, M. Weber, d'apprendre à connaître notre pays et de ne pas vous contenter de répéter les affirmations infondées que le parti conservateur espagnol vous transmet", a-t-il poursuivi.

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