Un pacte pour "mieux protéger le droit de demander l'asile"

Des migrants sur une embarcation en Méditerranée
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Par Isabel Marques da Silva
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L’UE a finalement réussi à s’accorder sur des règles communes pour accueillir les demandeurs d’asile et pour mettre en place un mécanisme de solidarité. Un succès politique assure la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson .

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Après trois ans de discussion et une négociation jusqu’au bout de la nuit, les institutions de l’UE sont parvenues à un accord sur la réforme des règles migratoires. Ce compromis est qualifié d’"historique".

Toutefois, le nouveau pacte sur la migration et l'asile fait l’objet de nombreuses critiques par les organisations de défense des droits de l'Homme. Certains le qualifient d'"échec historique" qui "causera encore plus de morts en mer".

Euronews s'est entretenu avec Ylva Johansson, commissaire européenne aux Affaires intérieures, en charge du dossier depuis son lancement.

Euronews :

En quoi ce pacte modifie-t-il la politique européenne en matière de migrations ?

Ylva Johansson :

Sur de nombreux aspects, tous principalement. C'est la première fois que nous disposons d'une politique d'immigration et d'asile globale à l’échelle européenne qui a été approuvée à une majorité aussi large et qui permettra de mieux protéger le droit de demander l'asile, de mieux protéger les individus et les conditions de vie pour les demandeurs d'asile, d'avoir des processus plus rapides ne laissant pas les gens dans l'incertitude pendant une longue période, et d'avoir un mécanisme de solidarité obligatoire qui garantit qu'aucun État membre soumis à des pressions ne sera laissé à lui-même.

Euronews :

Ce mécanisme de solidarité est contraignant. Mais les relocalisations de demandeurs d'asile vers d'autres États membres sont-elles également obligatoires ?

Ylva Johansson :

Il n'est pas obligatoire pour chaque État membre de procéder à une relocalisation. Mais il existe un mécanisme de solidarité, le mécanisme de solidarité obligatoire, qui veille à ce que nous ayons suffisamment de solidarité humaine, principalement en matière de relocalisation qui sera suffisante pour un Etat membre qui en a besoin, un Etat membre sous pression ou un Etat membre en crise.

Euronews :

Selon l'OIM (l'Organisation internationale pour les migrations), en 2023, plus de 2000 personnes sont mortes en Méditerranée. Comment ce pacte aborde-t-il cette question ?

Ylva Johansson :

Cette question ne peut être traitée que partiellement dans le cadre de la législation de l'UE. Ce que nous faisons c'est améliorer la protection des personnes secourues dans le cadre des opérations de recherche et de sauvetage en vue de leur réinstallation, par exemple. Mais il faut aussi s'attaquer à cette tragédie qui voit tant de personnes perdre la vie lorsque les passeurs, qu'ils paient, les entraînent dans des voyages mortels. Pour s'attaquer à ce problème, il faut d'abord lutter contre les passeurs. C'est pourquoi j'ai proposé, il y a un mois, deux nouvelles législations pour lutter contre les passeurs. J'ai également organisé une grande conférence mondiale au cours de laquelle nous avons formé ou lancé une alliance mondiale pour lutter contre le trafic de migrants. C'est donc une partie de ce que nous devons faire. Le deuxième volet consiste à travailler avec les pays d'origine et les pays de transit le long des itinéraires afin d'éviter que ces voyages dangereux n'aient lieu. Enfin, j'aimerais ajouter que nous devons renforcer les voies légales d'accès à l'Union européenne. Notre société est vieillissante. Nous avons également besoin de migrants, mais ils doivent venir de manière ordonnée et sûre.

Euronews :

Craignez-vous que certains pays de l'UE puissent contester ces règles et éviter de mettre en œuvre le nouveau pacte ?

Ylva Johansson :

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Non, je ne le crains pas. Mais bien sûr, si cela se produit, nous avons des règlements en place. La Commission est la gardienne des traités. Mais ce que nous avons construit, c'est la confiance entre les États membres. Nous avons constaté une coopération et une confiance mutuelle accrues. (...) Les États membres se rendent compte qu'en travaillant seuls, en essayant de relever le défi de l'immigration seuls, ils perdent sur toute la ligne. Mais lorsque nous travaillons en étroite collaboration, en nous soutenant mutuellement, nous obtenons une situation gagnant-gagnant et tous les États membres sont plus forts, de même que l'ensemble de l'Union européenne.

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