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75 ans de l’OTAN : le Traité de Washington exposé à Bruxelles

Le Secrétaire-général de l'OTAN Jens Stoltenberg aux 75 ans de l'Alliance à Bruxelles
Le Secrétaire-général de l'OTAN Jens Stoltenberg aux 75 ans de l'Alliance à Bruxelles Tous droits réservés Geert Vanden Wijngaert/Copyright 2024 The AP. All rights reserved
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Par Amandine Hess
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L’OTAN fête son 75e anniversaire. Créée le 4 avril 1949 en pleine guerre froide, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord regroupe aujourd’hui 32 Etats.

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Pour marquer les 75 ans de sa signature, le Traité de Washington est exposé les 4 et 5 avril au siège de l’OTAN à Bruxelles. Transporté à bord d’un vol commercial depuis les Etats-Unis sous bonne escorte, c’est la première fois que le traité de l’Atlantique Nord voyage outre-atlantique.

Fondée en 1949 dans un contexte de Guerre froide, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord demeure le première organisation militaire au monde. Elle regroupe aujourd’hui 32 pays membres et est chargée d’assurer la sécurité de plus d’un milliard de personnes.

Quelle est sa portée actuelle ? À quels défis l’Alliance est-elle aujourd’hui confrontée ? Retour sur les étapes clé de son histoire.

Dates clé

Dans un contexte de guerre froide marquée par l’opposition entres les blocs de l’Est et de l’Ouest, le traité de l’Atlantique Nord est signé le 4 avril 1949 à Washington par douze pays d’Europe et d’Amérique du Nord : les États-Unis, le Canada, la Belgique, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Islande, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et le Portugal.

En réponse à l’adhésion de la République fédérale allemande (RFA) à l’OTAN en 1955, le bloc de l’Est crée le Pacte de Varsovie, une alliance militaire qui regroupe huit pays (URSS, Albanie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Pologne, Tchécoslovaquie et Allemagne de l’Est). Celui-ci sera dissous en 1991.

En 1966, la France quitte la structure militaire intégrée de l’OTAN tout en restant membre politique pour contester selon elle l’hégémonie américaine au sein de l’organisation. Après 43 ans d’absence, Paris réintégrera le commandement intégré en 2009.

La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, la dissolution de pacte de Varsovie en 1991 et l’effondrement de l’Union soviétique posent la question de l’avenir de l’OTAN, faute d’adversaire russe. Toutefois, le rôle que peut jouer une Alliance atlantique adaptée pour assurer la sécurité européenne est défendue au sommet de Londres en 1990. L’Alliance est maintenue.

Paradoxalement, l’OTAN mène ses premières opérations militaires après la fin de la guerre froide.

La guerre en Bosnie-Herzégovine, qui fait suite à l’éclatement de la Yougoslavie, donne lieu au premier engagement militaire de l’histoire de l’OTAN à partir de 1993. Le 28 février 1994, des chasseurs de l’OTAN abattent quatre avions de combat ayant violé la zone d’exclusion imposée par l’ONU au-dessus de la Bosnie.

Signé le 14 décembre 1995 à Paris, l’accord de Dayton marque la fin des hostilités qui déchirent la Bosnie-Herzégovine depuis 1992. Dans le cadre de sa première grande opération de réponse aux crises jamais menée, l’OTAN déploie 60 000 soldats pour appuyer les accords de paix. L’OTAN intervient également en 1999 au Kosovo.

En réponse aux attentats terroristes qui frappent les Etats-Unis le 11 septembre 2001, l’Alliance invoque pour la première et unique fois de son histoire l’article 5. Pierre angulaire de l’OTAN, l’article 5 du Traité de Washington consacre le principe de la défense collective. Il stipule qu’une attaque contre un membre de l’OTAN est considérée comme une attaque dirigée contre tous les Alliés.

Le 11 août 2003, l’OTAN prend la direction de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) mandatée par l’ONU en Afghanistan pour aider le gouvernement afghan à assurer la sécurité dans la région.

Selon Olivier Schmitt, le retrait des forces de l'OTAN d'Afghanistan marque la fin du modèle expéditionnaire et des opérations hors-zone de l'Alliance. 

En février 2022, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie relance le processus d’élargissement.

L’adhésion à l’OTAN de la Finlande et de la Suède, respectivement en avril 2023 et mars 2024, mettent fin à leur tradition de neutralité et de non-alignement militaires.

Dépenses

Les dépenses de défense des pays de l’OTAN ont connu une augmentation sans précédent au cours des dix dernières années.

Si les pays européens de l’Alliance consacraient 1,47 % de leur PIB combiné à la défense en 2014, ce chiffre atteindra la barre des 2 % en 2024, selon Jens Stoltenberg.

“En 2024, les pays européens de l’Alliance investiront au total 380 milliards de dollars dans la défense, soit, pour la toute première fois, l’équivalent de 2% de leur PIB combiné”, a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, en février 2024.

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Forces de l’OTAN

En réponse à l’annexion illégale et illégitime de la Crimée par la Russie en 2014 et son invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022, la présence militaire de l’OTAN a été progressivement renforcée dans la partie orientale de son territoire pour soutenir sa posture de dissuasion et de défense.

Des groupements tactiques multinationaux sont actuellement établis dans huit pays européens, en Bulgarie, en Estonie, en Hongrie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne, en Roumanie et en Slovaquie. Ces forces défensives mises à disposition par les pays membres de l’Alliance et leurs Alliés sont renouvelées par rotation.

Suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, l’Alliance a également envoyé des navires en mer Baltique et en mer Méditerranée, déployé des avions de combat pour appuyer ses missions de police du ciel et relevé le niveau de disponibilité opérationnelle des troupes.

Polémiques

En février 2024, Donald Trump a créé la polémique en laissant entendre qu’il ne protégerait pas un allié en cas d’attaque russe, remettant en cause le principe de défense collective de l’OTAN. Lors d’un meeting électoral en Caroline du Sud, l’ancien président des Etats-Unis a affirmé qu’il encouragerait la Russie à attaquer un membre de l’Alliance si ce dernier ne payait pas ses contributions à l’OTAN.

Donald Trump relate que le “président d’un grand pays” lui aurait demandé “Monsieur, si nous ne payons pas et que nous sommes attaqués par la Russie, allez-vous nous défendre ?”, ce à quoi Donald Trump lui aurait répondu “Non, je ne vous défendrais pas. En fait, je les encouragerais (la Russie) à vous faire ce qu’ils veulent. Vous devez payer vos factures”.

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Condamnés par la Maison blanche, ces propos ont profondément choqué les membres de l’OTAN.

"Toute suggestion selon laquelle les Alliés ne se défendront pas les uns les autres sape notre sécurité à tous, y compris celle des Etats-Unis, et expose les soldats américains et européens à un risque accru", a déclaré Jens Stoltenberg dans un communiqué.

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