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La Belgique enquête sur un réseau d'influence russe soupçonné d'avoir payé des députés européens

Le Premier ministre belge Alexander de Croo
Le Premier ministre belge Alexander de Croo Tous droits réservés Geert Vanden Wijngaert/Copyright 2024 The AP. All rights reserved
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Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le procureur fédéral belge a ouvert une enquête sur des députés européens accusés d'avoir reçu des paiements pour diffuser la propagande pro-russe.

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La confirmation vient du Premier ministre belge. Alexander De Croo précise que ses services de renseignement ont détecté "l'existence d'un réseau d'ingérence pro-russe ayant des activités dans plusieurs pays européens". Le dirigeant ajoute que cette cellule "fait l'objet de poursuites".

Une enquête récente menée par les autorités tchèques a révélé que des députés du Parlement européen avaient reçu de l'argent liquide dans le cadre d'une opération d'influence soutenue par Moscou pour "promouvoir" sa propagande dans l'Union.

"Les paiements en espèces n'ont pas eu lieu en Belgique, mais l'interférence a eu lieu", a souligné Alexander De Croo, vendredi.

"_La Belgique étant le siège des institutions européennes, nous avons la responsabilité de défendre le droit de chaque citoyen à un vote libre et sû_r".

Cette affaire survient un peu plus de deux mois avant les élections européennes. Or, les responsables de l’Union craignent une ingérence du Kremlin au cours de la campagne dans le but de fausser le vote.

Trois des principaux groupes du Parlement européen - les sociaux-démocrates (S&D), les centristes de Renew Europe et les Verts - appellent à une enquête rapide. Les services de presse du Parlement confirment à Euronews qu'ils "examinaient" les allégations.

Le Premier ministre belge n'a pas voulu préciser combien d’eurodéputés étaient concernés par les poursuites. Selon les médias tchèques, citant des responsables des services de renseignements, les allégations impliqueraient des hommes politiques allemands, français, polonais, belges, néerlandais et hongrois.

L'enquête tchèque a abouti à la sanction de deux personnes et du média Voice of Europe, par laquelle les enquêteurs affirment que l'opération russe a été menée.

L'eurodéputé Maximilian Krah, membre du parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), affirme avoir donné des interviews auprès de l’organe de presse et n'en avait pas tiré de bénéfice financier.

"Il n'y a aucune allégation spécifique selon laquelle j'aurais été payé pour l'une ou l'autre de ces interviews", a assuré déclaré Maximilian Krah sur X."Cela montre ce qu'il faut penser de la campagne actuelle : rien !"

La Belgique demande à l'UE d'agir

Alexander De Croo dit avoir discuté de l'enquête avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, ainsi qu'avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et qu'il avait demandé à Eurojust, l'agence de coopération judiciaire de l’UE, de "se réunir et de discuter de cette question de toute urgence".

Le dirigeant belge souhaite également examiner si les mandats du Parquet européen et de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) permettent d'engager des "poursuites" dans cette affaire.

"Si ce n'est pas le cas, nous devrions élargir ces mandats", souligne-t-il.

Les autorités belges enquêtent également sur un vaste scandale de corruption impliquant des députés européens et d'autres fonctionnaires du Parlement, accusés d'avoir reçu de l'argent pour défendre les intérêts du Qatar, du Maroc et de la Mauritanie.

Mais la procédure a connu des difficultés et a mis à l'épreuve les services judiciaires belges, le précédent procureur ayant été contraint de démissionner suite à des allégations de manque d'impartialité de sa part.

Les échecs de l'enquête belge ont conduit de nombreuses personnes à qualifier l'affaire de "Belgium-gate".

Alexander De Croo souligne que ses autorités restaient "dévouées" à leur rôle de "bâtisseurs de consensus" et qu'elles continueraient à travailler "non seulement dans l'intérêt de la Belgique, mais aussi dans celui de l'ensemble de l'UE".

Il soutient la proposition de la République tchèque d'envisager des sanctions à l'échelle européenne contre les personnes liées au réseau de propagande. Il précise aussi que celles qui "reçoivent" des pots-de-vin devaient également être examinées dans le cadre de l'enquête belge.

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