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Allemagne : le chancelier Merz critiqué au sein de la CDU après un remaniement

Le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) lors de la nomination et de la révocation de membres du gouvernement, 29 juillet 2026
Le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) lors de la nomination et de la révocation de membres du gouvernement, 29 juillet 2026 Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved
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Par Laura Fleischmann
Publié le
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Après le remaniement, la CDU gronde : les critiques contre Friedrich Merz et son traitement de l'ex-ministre Patrick Schnieder se multiplient.

Avec un remaniement gouvernemental, le chancelier Merz tente de sauver ce qui peut encore l’être dans la partie du cabinet qui relève de lui.

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Quatre des huit changements ont été entérinés aujourd’hui. Au château de Bellevue à Berlin, siège du président fédéral, Frank-Walter Steinmeier a remis leurs lettres de nomination aux trois nouveaux ministres.

La ministre de la Santé, Nina Warken (CDU), devient cheffe de la chancellerie. Pour la remplacer, c’est l’actuel secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, qui entre au gouvernement. Steffen Bilger (CDU) prendra désormais la tête du ministère des Transports.

Le ministre chargé de la chancellerie, Thorsten Frei (CDU), est, lui, limogé. Il doit reprendre la tête du groupe parlementaire, en succession de Jens Spahn. Le vote doit avoir lieu dans la journée.

Mais pour Merz, c’est peut-être le début d’un travail sur lui-même. Car le soutien s’effrite dans ses propres rangs, notamment celui du président de la CDU à Brême, Heiko Strohmann. "Je ne veux pas dire que l’ambiance est catastrophique. Mais on s’en rapproche", a déclaré le chef de la fédération de la cité hanséatique au Tagesspiegel. "Beaucoup de membres sont mécontents du chancelier."

Merz ne parviendrait pas à emmener une grande partie des adhérents : "Il n’explique pas assez sa politique", estime Strohmann à propos du chancelier. "J_’aimerais que Friedrich Merz profite de ses vacances pour faire son examen de conscience_." En revanche, Strohmann qualifie l’idée de remplacer le chancelier de "fumisterie".

Selon des sources internes au parti, la FAZ décrit une ambiance "au plus bas". Elle serait "désastreuse". Le comportement de Merz lors du limogeage du ministre des Transports Patrick Schnieder (CDU) est jugé "mesquin" et "indigne".

Söder apaise les tensions et évoque une "agitation transitoire"

Dès le jeudi de la semaine dernière, Merz avait informé Schnieder de son intention de le limoger. Mais comme son successeur pressenti s’est désisté au dernier moment, Merz a gardé pendant plusieurs jours pour lui le remaniement prévu. À cause d’articles de presse sur la recherche laborieuse d’un nouveau ministre des Transports, Schnieder se serait senti publiquement humilié, écrit le Bild. Dimanche, il lui aurait lui-même demandé d’être relevé de ses fonctions.

Le frère de Schnieder, Gordon Schnieder, ministre-président de Rhénanie-Palatinat, affiche apparemment sa solidarité. Après son départ du gouvernement, son groupe parlementaire au Landtag a adressé une lettre à Merz. Elle y annule une rencontre prévue. Pour motiver cette décision, la fraction invoque un manque de confiance mutuelle et de reconnaissance.

Le président du groupe SPD, Matthias Miersch, estime en tout cas que le calme pourrait désormais revenir au sein de l’Union. Selon lui, la manière dont le chancelier Friedrich Merz a orchestré les changements de personnel au gouvernement, au groupe parlementaire et dans le parti n’a pas nui à la coalition noir-rouge, a-t-il expliqué à RTL et n-tv. "Le chancelier lui-même a dit qu’il aurait souhaité que cela se passe autrement", a poursuivi Miersch. "Par conséquent, je pars désormais du principe qu’à partir d’aujourd’hui le calme va réellement revenir et que nous devons nous remettre au travail sur les dossiers importants."

Le patron de la CSU, Markus Söder, a lui aussi parlé d’une "Übergangsunruhe", un trouble de transition. Il n’a toutefois pas résisté à l’envie de décocher une pique à Merz : "J_e veux dire pour la CSU : chez nous, rien ne change, notre personnel est excellent, nous avons trois ministres fédéraux forts, nous restons fidèles à notre équipe, elle a fait ses preuves_", a déclaré Söder, selon la Tagesschau.

Le déclencheur de ce vaste jeu de chaises musicales a été la paternité de l’ancien président du groupe CDU, Jens Spahn. Spahn et son mari ont eu un enfant grâce à une mère porteuse aux États-Unis. Auparavant, Spahn s’était opposé à la gestation pour autrui en Allemagne. Après que Merz lui a demandé de quitter son poste, Spahn a fini par démissionner.

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