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Selon l’OMS, taxer davantage les boissons sucrées et l'alcool peut réduire les maladies évitables

Photo d'archives - Des bouteilles de sodas et autres boissons non alcoolisées sont exposées dans un réfrigérateur au supermarché El Ahorro, à San Francisco
Photo d'archives - Des bouteilles de boissons non alcoolisées et de sodas sont exposées dans un réfrigérateur au marché El Ahorro de San Francisco Tous droits réservés  AP Photo/Jeff Chiu, File
Tous droits réservés AP Photo/Jeff Chiu, File
Par Anna Desmarais & Jean-Philippe LIABOT
Publié le Mis à jour
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Les taxes faibles, non alignées sur l’inflation, ne réduisent pas la consommation d’alcool ou de boissons sucrées, avertit l’Organisation mondiale de la santé.

Les gouvernements doivent augmenter les taxes sur les boissons sucrées et l’alcool pour réduire la hausse des taux d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancers et de traumatismes, selon de nouveaux rapports de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans deux rapports publiés mardi, l’OMS avertit que des taxes faibles et non alignées sur l’inflation permettent à ces produits de rester abordables, tandis que les systèmes de santé peinent à faire face à des maladies évitables.

Selon l’OMS, les taxes sur l’alcool et les boissons sucrées figurent parmi les outils les plus efficaces dont disposent les gouvernements pour réduire la consommation, car des prix plus élevés peuvent diminuer, retarder, voire empêcher totalement la consommation d’alcool et de sucre.

« Les taxes sanitaires comptent parmi les instruments les plus puissants dont nous disposons pour promouvoir la santé et prévenir les maladies », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

« En augmentant les taxes sur des produits comme le tabac, les boissons sucrées et l’alcool, les gouvernements peuvent réduire les consommations nocives et dégager des ressources pour des services de santé essentiels. »

Ces rapports interviennent alors que l’OMS exhorte les pays à augmenter et à repenser la fiscalité dans le cadre de sa nouvelle initiative, qui vise à accroître les prix réels du tabac, de l’alcool et des boissons sucrées d’ici 2035.

Ces conclusions reposent sur une analyse des prix et des niveaux de taxation de la bière, des spiritueux et des boissons sucrées dans plus de 150 pays en 2024, ainsi que sur un examen des politiques fiscales dans environ 180 pays. L’OMS a également comparé les données de 2024 avec celles de 2022 pour suivre leur évolution dans le temps.

La bière et les spiritueux deviennent plus abordables malgré les taxes

La consommation d’alcool est l’un des principaux risques mondiaux pour plus de 200 affections, comme les cancers, et de nombreux troubles du comportement, notamment la dépression, l’anxiété et les troubles liés à l’usage de l’alcool. Plus de 2,6 millions de personnes meurent chaque année de pathologies liées à l’alcool, selon l’OMS.

Plus de 160 pays taxent les boissons alcoolisées, soit en fonction du prix de la boisson, soit de sa teneur en alcool. Dans certains pays, l’alcool est également soumis à des taxes générales sur les ventes qui augmentent le prix de l’ensemble des biens.

Cependant, l’OMS constate que la bière et les spiritueux sont devenus plus abordables ou ont maintenu leur prix depuis 2022, car les taux de taxe ne sont pas régulièrement ajustés pour suivre l’inflation.

Moins d’un quart des pays qui taxent l’alcool mettent régulièrement à jour leurs taux, si bien que l’inflation en réduit l’impact et rend l’alcool moins cher avec le temps.

À l’échelle mondiale, la bière est taxée à un taux moyen de 14 % de son prix total, contre 22,5 % pour les spiritueux. Une bière standard de 330 millilitres (ml) coûte 2,47 $ (2,10 €), dont seulement 0,52 $ (0,44 €) sont prélevés en taxes. Une bouteille de spiritueux de 750 ml coûte en moyenne 22,67 $ (19,28 €), avec 6,44 $ (5,48 €) de taxes.

Au moins 25 pays dans le monde, principalement européens, ne taxent pas le vin, malgré ce que l’OMS décrit comme des « risques sanitaires évidents », notamment un risque accru de cancer chez les femmes qui consomment plus de 1,5 litre de vin par semaine.

Seuls 28 pays affectent le produit des taxes sur l’alcool à la prévention et aux soins, par exemple à des programmes de lutte contre l’alcool, à des campagnes de santé publique ou au financement du système de santé.

L’OMS appelle à des taxes basées sur la teneur en sucre des boissons

Les boissons sucrées (SSB), telles que les boissons gazeuses ou les jus de fruits, augmentent le risque d’obésité, de caries dentaires et de plusieurs maladies chroniques, comme les cancers, le diabète et les problèmes cardiaques, selon le bureau de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

Ces boissons figurent parmi les principales sources d’apport en sucre dans de nombreux pays et ont une valeur nutritionnelle faible voire nulle, a ajouté l’organisation.

Si 116 pays taxent certaines boissons sucrées, comme les boissons gazeuses et énergisantes, la plupart ne taxent pas d’autres produits très sucrés, notamment les jus de fruits, les boissons lactées sucrées et les cafés et thés prêts à boire.

« Un alcool plus abordable alimente les violences, les blessures et les maladies. Tandis que l’industrie engrange des profits, le public assume souvent les conséquences sanitaires et la société les coûts économiques. » 
Etienne Krug
Directeur du département des déterminants de la santé, de la promotion et de la prévention de l’OMS

Selon l’analyse de l’OMS, les boissons sucrées sont taxées soit sur leur prix global, soit en fonction du volume de la boisson.

Moins d’un quart des pays taxe les boissons en fonction de la quantité de sucre ajouté, malgré les recommandations de l’OMS selon lesquelles les taxes basées sur le sucre sont plus efficaces, car elles incitent les consommateurs à se tourner vers des options pauvres en sucre ou sans sucre.

Les taxes ajoutent 2 % supplémentaires au prix d’une boisson sucrée. À l’échelle mondiale, une bouteille standard de soda de 330 ml coûte 1,56 $ (1,33 €), dont seulement 0,15 $ (0,13 €) correspondent aux taxes.

Près de la moitié des pays qui taxent les boissons sucrées taxent aussi l’eau embouteillée, une pratique que l’OMS déconseille, estimant que les alternatives saines doivent rester abordables.

Sur les 116 pays qui appliquent des taxes aux boissons sucrées, seuls 10 affectent ces recettes à des programmes de santé.

« Un alcool plus abordable alimente les violences, les blessures et les maladies », a déclaré Etienne Krug, directeur du département des déterminants de la santé, de la promotion et de la prévention de l’OMS.

« Tandis que l’industrie engrange des profits, le public assume souvent les conséquences sanitaires et la société les coûts économiques », a-t-il ajouté.

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