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L'inquiétant réchauffement des océans

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L'inquiétant réchauffement des océans

L'inquiétant réchauffement des océans
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La chaleur étouffante gagne aussi les océans. L'image en tête de cet article montre les anomalies des températures océaniques enregistrées le 21 juillet dernier. On remarque que les dans les zones touchées par des vagues de chaleur, comme les pays nordiques et le Japon, la température de l'eau dépasse aussi la moyenne de saison.

La carte ci-dessous, qui illustre les données compilées par l'Institut de changement climatique de l'Université de Maine, montre l'anomalie des températures par rapport à la moyenne en Europe au cours du mois de juillet.

En plein été, les nombreux plagistes pourraient voir en ces températures plus chaudes une aubaine. Mais ont-elles un coût ? "Oui", assure Hans-Martin Fussel, expert du changement climatique à l'Agence européenne pour l'Environnement (AEE).

Ce dernier rappelle que le réchauffement des mers d'Europe a multiplié les maladies hydriques et étendu les "zones mortes maritimes", où l'oxygène est insuffisant pour sustenter la vie aquatique.

"Mais les effets les plus inquiétants de la hausse de la température de la mer ont lieu dans les zones tropicales et subtropicales", dit le Dr Fussel. "En particulier dans les récifs coralliens".

"Lors des récentes vagues de chaleur marine en Australie, par exemple, un tiers de la Grande Barrière de Corail est morte", ajoute le scientifique. "Il y a un grand risque de voir disparaître la plupart des récifs coralliens du monde au cours du siècle."

Les chiffres du réchauffement des mers

Certaines mers d'Europe n'ont jamais été aussi chaudes que ces dernières années, d'après les données de l'AEE.

Les dernières données compilées datent de 2014 : la mer méditerranée et la mer noire affichaient cette année là des températures record. La mer Baltique, l'Atlantique nord et la mer du Nord affichaient pour leur part les plus hautes valeurs depuis le siècle dernier.

Voici l'augmentation des températures marines depuis 1865, selon l'AEE. On observe un pic inquiétant depuis 30 ans.

Les conséquences du réchauffement

La hausse des températures a un impact dévastateur sur les récifs coralliens dans les zones tropicales. Près de chez nous en Europe, les effets ne sont pas si visibles. Mais d'autres effets sont perceptibles.

Migration des poissons

Quand le thermomètre grimpe, on observe une migration à grande échelle des poissons et de la vie marine vers le nord : en conséquence, les espèces subtropicales sont de plus en plus nombreuses dans les eaux européennes.

La pêche de poissons d'eau froide, comme la morue et l'aiglefin, a diminué de moitié dans certaines parties de l'Europe depuis les années 1980, tandis que la pêche de poissons préférant les eaux plus chaudes, comme le rouget et le merlu, a augmenté de 250 %.

Infections d'origine hydrique

La hausse des températures de l'eau en mer Baltique a été liée à une augmentation des infections par la vibriose d'origine hydrique.

Ces maladies peuvent inclure le choléra, la gastro-entérite, l'infection de plaies et la septicémie, selon l'organisme américain des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Les autorités sanitaires du nord de l'Allemagne ont invité les personnes souffrant d'une santé fragile à ne pas se baigner dans la mer Baltique après une vague de chaleur.

Les "zones mortes maritimes"

Les températures plus chaudes font augmenter le nombre de "zones mortes" en Europe, selon l'AEE. Des zones qui n'ont pas assez d'oxygène pour soutenir la vie marine. La mer Baltique est la plus grande zone morte du monde.

Les zones appauvries en oxygène représentaient une zone totale de 5 000 km2 au début du XXe siècle. On estime aujourd'hui leur surface à 60 000 km2.

La principale cause de cette accroissement est l'azote, présent dans les engrais agricoles, déversé chaque année dans les océans. Mais l'augmentation de la température aggrave le problème.

Les causes du réchauffement

"Les principaux responsables sont sans aucun doute les gaz à effet de serre, le premier étant le dioxyde de carbone, libéré lorsque les combustibles fossiles sont brûlés. Viennent ensuite le méthane et l'oxyde d'azote" a déclaré le Dr Fussel.

"La plupart des activités humaines contribuent à leur échelle au changement climatique mondial : la production et la consommation d'énergie, les transports et l'agriculture, en particulier la production de viande."