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Référendum en Nouvelle-Calédonie : l'inquiétude du monde économique

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Référendum en Nouvelle-Calédonie : l'inquiétude du monde économique

Référendum en Nouvelle-Calédonie : l'inquiétude du monde économique
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A l'aube du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, la question économique pèse lourd dans le choix du oui ou du non.

Le système économique de cette collectivité française déjà très autonome est en berne depuis 2012. Il est donc aujourd'hui avant tout basé sur les subventions de la métropole qui représentent 13 % du PIB, sur le tourisme, 5 % du PIB, et sur le nickel. Une industrie qui, en raison de la chute des cours de ce minerai, ne rapporte plus grand chose dans les caisses de la Nouvelle-Calédonie.

Les chefs d'entreprises sont inquiets, mais plus en raison de la situation "morose", de la chute des cours du nickel et des appétits chinois dans la région, que d'un risque imminent de rupture avec la France.

Pour Chérifa Linossier, président de la CGPME de Nouvelle-Calédonie, "les vrais sujets sont plutôt liés au développement économique qu’à l’indépendance ou la non-indépendance. Comme on dit, quel que soit l'avenir institutionnel de ce pays, il faudra de l'économie, il faudra des entreprises. Les entrepreneurs qui sont engagés aujourd’hui, qui ont investi en Nouvelle-Calédonie, n’ont pas l'intention, parce que c'est l'indépendance ou pas, de demain plier bagages et partir forcément".

L'économie est imprégnée d'une forte dépendance aux subventions publiques, 1,3 milliard par an, de qui inquiéter fortement le responsable du Medef de Nouvelle-Calédonie, Daniel Ochida :

"Si l’indépendance est votée, il faudrait prier pour que ceux qui disent qu’il n’y aura pas de rupture brutale avec la France, que la France nous accompagnera pendant des années et qu’il y aura des années de transition, il faudrait prier pour qu’ils aient raison. (...) Je pense que s’il y avait une rupture brutale de l’aide de la France, il y aurait des pans de l’économie entiers qui tomberaient".

20 % des emplois directs et indirects viennent de l'industrie minière qui représente 90 % des exportations de la Nouvelle-Calédonie. La dépendance au nickel est donc aussi extrême. Mais Catherine Ris, professeure d’économie et directrice de l’IUT de Nouvelle-Calédonie, se veut optimiste :

"On a l’industrie du nickel certes, mais on a l’industrie hors nickel, on a les services : les services, c’est le plus gros secteur, j’ai envie de dire, qui produit aujourd’hui de la richesse, donc on a quand même une structure d’économie qui n’est pas si fragile que ça".

Dans tous les cas, le monde de l'entreprise a hâte que cette échéance électorale soit passée. Car les investissements sont gelés et les chefs d'entreprises n'ont plus de visibilité en Nouvelle-Calédonie.