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En France, un antisémitisme "qui rappelle celui des années 30"

En France, un antisémitisme "qui rappelle celui des années 30"
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  • Yoann Giammetta-D'Angelo, Euronews :

"Le ministre français de l’Intérieur a annoncé que les actes antisémites ont grimpé de 74% en 2018 : cet antisémitisme est-il aujourd’hui plus politisé, voire même identitaire ?"

Nonna Mayer, politologue à Sciences Po :

"Il y a une hausse des actes et des menaces antisémites alors qu'il était en baisse au cours des deux dernières années. C'est un phénomène récurrent. Depuis la Seconde Intifada, en l'an 2000, on a, en fonction des étapes du conflit israélo-palestinien, on a une explosion des actes antisémites. Cette année, cela a été le cas avec les évènements des Territoires (palestiniens), avec la Marche du Retour et les lancées de cerf-volants, ainsi que la répression de l'armée israélienne. Un deuxième pic coïncide avec la mobilisation des Gilets jaunes. En marge de tout mouvement social, et surtout d'un mouvement aussi désordonné, il y a un grand défouloir. On a vu remonter, par certains groupuscules d'extrême-droite, un antisémitisme qui rappelle beaucoup celui des années 30, avec des inscriptions sur les murs d'immeubles et des croix gammées."

  • Yoann Giammetta-D'Angelo, Euronews :

_"Selon un sondage Ifop publié en décembre, 10% des Français disent n’avoir jamais entendu parler de la Shoah : l’antisémitisme, est-ce que c’est avant tout un problème d’éducation ?"
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Nonna Mayer, politologue à Sciences Po :

"On ne naît pas antisémite, on le devient. Cela dépend beaucoup de l'éducation, de l'ignorance, et de la manière dont on pose la question. Chez les jeunes, un nombre important ne connait pas les termes "Shoah" ou "Holocauste". Si on parle très clairement de l'extermination des Juifs durant la Seconde guerre mondiale et la responsabilité de l'État français, on obtient déjà un taux de réponses un peu plus élevé".