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Liège-Bastogne-Liège, menacée par l'ennui, change de final

Le peloton lors de la 102e édition de Liège-Bastogne-Liège le 24 avril 2016
Le peloton lors de la 102e édition de Liège-Bastogne-Liège le 24 avril 2016 -
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KENZO TRIBOUILLARD
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Menacée par l'ennui, Liège-Bastogne-Liège adopte dimanche un nouveau final conçu pour favoriser les attaquants, avec le risque assumé d'aboutir à la victoire d'un routier-sprinteur dans une classique typée grimpeur-puncheur.

"Un sprint à trente coureurs n'est pas un problème... s'il y a eu beaucoup de bagarre avant", riposte Thierry Gouvenou, le directeur de course. "On n'est pas antisprint, on est contre les courses contrôlées. On attend des échappées, des attaques". Le public aussi.

Les dernières éditions de la Doyenne des classiques ont donné lieu à un scénario routinier. Le peloton était encore imposant au pied de la côte de Saint-Nicolas, à moins de 7 kilomètres de l'arrivée, et la course prenait sa tournure définitive dans la montée vers Ans, où était située la ligne d'arrivée.

"L'arrivée à Ans était très dure, elle n'avantageait pas les attaquants", confirme le directeur de course, qui officie également à ce poste dans le Tour de France. "La peur du dernier faux plat, quasiment une côte, bloquait les initiatives. On espère qu'en revenant à la tradition avec une arrivée sur le plat, on va débloquer les tactiques de course".

La tradition ? Elle date de plus d'un quart de siècle, puisque la "Doyenne" avait installé depuis 1992 son arrivée à Ans, un faubourg de Liège sans charme apparent adossé à un croisement d'autoroutes. Auparavant, la classique se terminait dans Liège, en centre-ville (sur le boulevard de la Sauvenière) dans les années 1980 puis sur un quai proche.

- Les réticences de Bardet -

Le parcours 2019 éloigne la dernière côte (La Roche-aux-Faucons) de l'arrivée. Au sommet, il reste encore 15 kilomètres, dont une partie en descente, avant de rejoindre Liège où la ligne est installée à l'entrée du cœur de ville.

"On espère que les grimpeurs vont se lancer plus vite pour essayer de gagner. S'ils attendent la fin, ils seront battus par un sprinteur-puncheur", insiste Thierry Gouvenou à propos de la transformation du parcours. L'Amstel Gold Race, dont la dernière édition a donné lieu dimanche dernier à un suspens total, avait procédé de la même manière voici deux ans.

L'initiative, généralement saluée, ouvre la course, pourtant très dure par son accumulation de difficultés, à une autre catégorie de coureurs. Peter Sagan avait ainsi inscrit la Doyenne à son programme avant de déclarer forfait mercredi soir, au vu de sa condition érodée. Un autre maillot vert du Tour, l'Australien Michael Matthews, figure parmi les premiers favoris de cette 105e édition.

Mais d'autres renâclent devant le changement de parcours, qui déstabilise les habitués. Ainsi, Romain Bardet, troisième l'année passée. Le Français avoue être "moins enthousiaste": "Le final des autres années me permettait de m'exprimer, je savais que ça allait se faire à la jambe dans le final. La côte d'Ans ne payait pas de mine mais remettait chacun à sa place."

"Cela va être intéressant à courir mais il y aura beaucoup plus d'incertitudes sur le résultat", estime l'Auvergnat de l'équipe AG2R La Mondiale qui trouvait même "une beauté particulière" à l'arrivée précédente, entre une voie rapide et un centre commercial. "C'étaient des hommes forts qui s'imposaient. Là, si on arrive à trente au sprint dans les rues de Liège, ce sera décevant pour tout le monde".

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