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Les acteurs sportifs en quête de réponses face aux irruptions religieuses

La ministre des Sports Roxana Maracineanu quitte l'Elysée à la sortie du Conseil des ministres, le 19 juin 2019 à Paris
La ministre des Sports Roxana Maracineanu quitte l'Elysée à la sortie du Conseil des ministres, le 19 juin 2019 à Paris -
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ludovic MARIN
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Comment gérer les irruptions de la religion dans le sport ? Loin de la polémique sur le hijab de Décathlon, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a cherché mercredi à dépassionner le débat, avec un guide de solutions pour les acteurs de terrain, qui font souvent avec les moyens du bord.

“Une jeune fille, qu’elle soit voilée ou pas, ce n’est pas sain qu’elle s’enferme chez elle” et abandonne le sport, a déclaré l’ancienne nageuse de haut niveau, devant des élus, des responsables de clubs et des éducateurs réunis dans un centre sportif de Villeneuve-la-Garenne, en banlieue nord de Paris.

Le voile est-il autorisé dans une salle de fitness ? Le burkini dans une piscine municipale ? Dans les deux cas, seuls des motifs d’hygiène ou de sécurité peuvent permettre d’imposer des restrictions, rappelle le guide présenté par la ministre, un petit livret de 60 pages co-écrit par ses services et l’Observatoire de la laïcité.

En revanche, la demande d’une partie d’une équipe de faire une prière dans le vestiaire avant le match “n’est pas acceptable”. Au-delà de l’exclusion qu’elle provoque pour les autres membres de l‘équipe, “les enceintes sportives (dont les vestiaires)” sont très souvent des lieux gérés par les collectivités territoriales et doivent rester neutres.

Pas si simple, pour Sami Sellami, le président de l’Access Football Club de Villeneuve-la-Garenne, dont l‘équipe de futsal joue en première division. “On a des joueurs Brésiliens, très pieux (…) S’ils ne font pas la prière ils perdent le match”, ironise-t-il à peine. “Ce n’est pas un problème (…) on l’autorise mais si le coach doit parler, ils écoutent le coach”, poursuit-il lors de la table ronde.

- pas tous les jours –

Les éducateurs et responsables de sections sportives sont unanimes : le phénomène existe, il n’est pas récent, c’est parfois un problème, mais “on n’y est pas confronté tous les jours”, tempère le directeur administratif de l’AVG, club omnisports de la ville, Joris Rougier.

A la section athlétisme, on préconise le bandana pour convaincre des adolescentes de ne pas courir voilées. Plus compliqué, à la section judo, il est arrivé que des enfants refusent de saluer le maître de la discipline, parce que leur religion leur interdit de s’incliner sauf devant leur dieu, a expliqué un éducateur sportif, Frédéric Lin. “Par la parole, on arrive à régler ce petit souci d’interprétation…”, explique-t-il. Sans cacher qu‘à deux reprises, “les parents ont retiré leur enfant”.

Jeûne, refus de serrer la main d’un arbitre — ce qui expose un capitaine à des sanctions — ou de se dénuder totalement dans les vestiaires, le guide édité par le ministère prône “le dialogue” quand c’est possible et rappelle que le principe de neutralité qu’impose la loi de 1905 ne s’applique que dans les services publics.

“La laïcité, ce n’est pas la neutralité pour tous. Vous n’allez pas imposer la neutralité dans un club de pétanque”, a lancé le président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco.

Pour la ministre, l’exclusion ne doit intervenir qu’en ultime recours. Fin février, submergé par les critiques sur les réseaux sociaux et dans le monde politique, l’enseigne de sport française Décathlon avait dû renoncer à commercialiser en France un “hijab” pour le sport, déjà vendu par l‘équipementier Nike. Roxana Maracineanu s‘était déjà distinguée en disant vouloir “aller chercher les femmes, les mères, les jeunes filles partout où elles sont et comme elles sont” et “les encourager à la pratique du sport (…) un levier puissant d‘émancipation”.

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