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France : un réseau qui exploitait une centaine de vendangeurs bulgares démantelé

France : un réseau qui exploitait une centaine de vendangeurs bulgares démantelé
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Crédit : Europol, Gendarmerie française, SIRPA, F.Garcia
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C'est un vaste réseau de réseau de traite d'êtres humains qui a été mis au jour en France grâce à l'action conjointe des forces de l'ordre françaises et bulgares, épaulées par les agences européennes Europol et Eurojust. Le 17 septembre dernier, quatre hommes, trois Bulgares et un Français, ont été ainsi mis en examen à Lyon et placés sous contrôle judiciaire après le démantèlement d'un réseau qui exploitait une centaine de vendangeurs bulgares. Plus de 80 enquêteurs bulgares et français ont participé à cette action qui a permis d'identifier 167 victimes potentielles.

Gendarmerie française, SIRPA, F.GarciaFlorian Garcia

Ces quatre personnes ont été arrêtés dans la région lyonnaise à la suite "de plusieurs journées d'action" lancées mardi par les gendarmes de l'office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), avec le soutien notamment du groupe interministériel de recherches (GIR) de Lyon et de personnels de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, a précisé pour sa part l'OCLTI dans un communiqué.

A la direction d'une société de travail temporaire, basée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, les quatre hommes recrutaient chaque année des travailleurs saisonniers bulgares pour les vendanges "dans le Beaujolais et le Mâconnais". Les ressortissants bulgares interpellés étaient responsables du recrutement en Bulgarie tandis que le Français s'occupait de la logistique, y compris de l'hébergement des travailleurs. Les vendangeurs, eux, travaillaient pour "quatre employeurs français de la région de Lyon", selon une source proche du dossier.

Âgés d'une "trentaine à une soixantaine d'années" et déjà connus de la justice pour des "faits mineurs", les quatre interpellés sont poursuivis notamment pour "travail illégal en bande organisée", "traite des êtres humains aux fins d'exploitation par le travail en bande organisée" et "association de malfaiteurs", a déclaré cette même source.

"Parallèlement et simultanément", des perquisitions et des auditions ont été menées en Bulgarie en présence d'enquêteurs français "dépêchés sur place", selon l'OCLTI.

Selon le parquet à Sofia, 167 victimes présumées de ce trafic de personnes ont été dénombrées dans le cadre de cette double enquête ouverte en France, en février dernier par la Juridiction Inter Régionale Spécialisée (JIRS) de Lyon et en juin en Bulgarie, grâce à l'unité européenne de coopération judiciaire Eurojust.

Dans les faits, en Bulgarie, les victimes avaient signé des contrats de travail, rédigés en Français, avec la promesse de recevoir 60 euros par jour. En plus du salaire, une promesse de transport et de logement sur place leurs avait été faite.

Mais, en réalité, le voyage vers la France s'est effectué dans de déplorables conditions et, une fois sur place, l’hébergement promis s'est révélé être totalement insalubre. Certains ont été installés dans des tentes dans le département du Rhône. De plus, de l'argent a été prélevé sur leur salaire pour les repas.

Enfin, lorsque les contrats ont pris fin, les malfrats retenaient la plus grande partie des salaires. Et très souvent, les vendangeurs n'étaient même pas en mesure de rentrer chez eux. Le réseau a utilisé l'argent prélevé indûment pour l'investir dans l'immobilier ou le commerce en France.

Sur le plan de la coopération policière, l'agence Europol a assisté les autorités bulgares et françaises dans leur action, selon l'OCLTI, ajoutant que "plus de 80 enquêteurs de différents services" ont été mobilisés pour l'opération.

Crédit : Europol

Cette dernière a permis aussi le contrôle chez les exploitants agricoles concernés des conditions de travail et d'hébergement de "plusieurs dizaines de saisonniers", entendus "en qualité de témoins".