L'ex-policier Mario Sandoval extradé par la France vers Buenos Aires

Des mĂšres de personnes disparues pendant la dictature militaire en Argentine manifestent devant l'ambassade de France Ă  Buenos Aires, le 9 avril 2014
Des mĂšres de personnes disparues pendant la dictature militaire en Argentine manifestent devant l'ambassade de France Ă  Buenos Aires, le 9 avril 2014 Tous droits rĂ©servĂ©s DANIEL GARCIA / AFP
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Par Euronews avec AFP
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đŸ‡ŠđŸ‡· Cet ex-policier argentin, connu pour sa cruautĂ©, serait impliquĂ© dans la disparition d'un Ă©tudiant en 1976, pendant la dictature.

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L'ex-policier argentin Mario Sandoval a été extradé dimanche soir par la France vers Buenos Aires aprÚs huit ans de bataille judiciaire. L'homme est soupçonné d'avoir joué un rÎle dans la disparition d'un étudiant en 1976, sous la dictature argentine.

Meurtres, tortures, séquestrations

ExilĂ© en France en 1985, Ă  la chute de la junte, l'ancien policier avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© mercredi Ă  son domicile de Nogent-sur-Marne, en banlieue parisienne, aprĂšs le rejet d'un de ses derniers recours. Ce jour-lĂ , le conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative, avait validĂ© dĂ©finitivement un dĂ©cret d'extradition pris par le gouvernement français le 21 aoĂ»t 2018.

La justice argentine le soupçonne d'avoir participé à plus de 500 faits de meurtres, tortures, séquestrations dans le pays entre 1976 et 1983. Des témoins le surnomment "Churrasco" (Steak), en référence à la torture des victimes à l'électricité, sur un sommier en métal.

Les tribunaux argentins n'ont réclamé son extradition que pour une affaire : celle d'Hernan Abriata, un étudiant en architecture disparu le 30 octobre 1976. Ce soir-là, un homme se présentant comme Mario Sandoval aurait sonné à la porte de la famille Abriata à Buenos Aires, en uniforme de "la Coordination fédérale", une police politique à la sinistre réputation, chargée des enlÚvements. L'homme aurait évoqué une "procédure de routine" d'aprÚs les proches de l'étudiant ... il ne sera jamais revu.

Hernan Abriata a été détenu à l'Ecole de mécanique de la marine (ESMA), un centre de torture de la dictature par lequel sont passées quelque 5.000 personnes qui ont ensuite disparu, souvent jetées depuis des avions dans le Rio de la Plata.

ProcĂšs en Argentine

Mario Sandoval, qui nie les faits et estime qu'ils sont prescrits, avait saisi le conseil d'Etat pour empĂȘcher l'exĂ©cution du dĂ©cret gouvernemental. Le code de procĂ©dure pĂ©nale interdit en effet une extradition lorsque le crime est prescrit en droit français. Mais la plus haute juridiction administrative française a estimĂ© qu'en matiĂšre de sĂ©questration, la prescription ne commence Ă  courir qu'Ă  la dĂ©couverte du corps ou aux aveux du mis en cause, ce qui n'est pas le cas dans cette affaire, le jeune Hernan n'ayant jamais Ă©tĂ© retrouvĂ©. L'ultime recours de Mario Sandoval auprĂšs de la Cour europĂ©enne des droits de l'Homme a Ă©tĂ© rejetĂ© vendredi.

"DĂ©sormais il va rejoindre l'Argentine et pourra enfin s'expliquer devant la justice de son pays, qui est le thĂ©Ăątre de la tragĂ©die, lĂ  oĂč se trouvent le plus de tĂ©moins et de documents", a rĂ©agi l'avocate de l'Etat argentin, Me Sophie Thonon-Wesfreid, jointe par l'AFP.

"J'espÚre que la protection consulaire (...) veillera à ce que ses conditions de détention provisoire soient dignes et limitées dans le temps, y compris en considération de son état de santé, et que les poursuites effectives soient cantonnées au seul cas pour lequel [la justice française] a autorisé son extradition", a déclaré à l'AFP l'avocat de M. Sandoval, Me JérÎme Rousseau.

Chargé d'enseignement en France de 1999 à 2005

Mario Sandoval, dont l'identitĂ© complĂšte est longtemps restĂ©e ignorĂ©e en France, a obtenu la nationalitĂ© française en 1997, ce qui n'empĂȘche pas son extradition car il n'Ă©tait pas Français Ă  l'Ă©poque des faits.

L'homme a Ă©tĂ© chargĂ© de cours à l’Institut des hautes Ă©tudes de l’AmĂ©rique latine de l’universitĂ© Paris-III-Sorbonne-nouvelle entre 1999 et 2005. Beaucoup en Argentine et en France se demandent comment ce tortionnaire prĂ©sumĂ© a pu poursuivre une carriĂšre universitaire sans ĂȘtre inquiĂ©tĂ©.

"Il a toujours dissimulĂ© son rĂŽle pour se prĂ©senter sous le meilleur jour possible", a expliquĂ© l'avocate de l'État argentin Ă  Euronews, qui affirme avoir examinĂ© ses CV. "Aucun d'eux" ne se ressemblait. Elle prĂ©cise que les universitĂ©s l'ont Ă©cartĂ© dĂšs 2008, lorsque son passĂ© a Ă©tĂ© connu.

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