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La propagation du coronavirus s'accèlere en France avec 3 661 cas et 79 morts

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Message d'information sur le coronavirus dans la gare de Rennes, le 13 mars 2020.
Message d'information sur le coronavirus dans la gare de Rennes, le 13 mars 2020.   -   Tous droits réservés  DAMIEN MEYER/AFP
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Le nouveau coronavirus provoque un immense chambardement à l'échelle de la planète, et en Europe, nombreux sont les pays qui se replient sur eux-mêmes pour essayer, tant bien que mal, de ralentir la propagation de l'épidémie.

Plus de 20 000 personnes sont désormais contaminées sur le continent européen, des fermetures de frontières pourraient intervenir dans les jours, dans les semaines à venir... La Slovaquie ne veut déjà plus d'étrangers sur son territoire, excepté les Polonais, la République tchèque interdit d'entrée les ressortissants d'une quinzaine de pays.

"Faire bloc" contre le Covid-19

En France, le bilan des victimes est monté à 79 morts, et le nombre d'habitants testés positifs a fait un saut de 800 supplémentaires ce vendredi, passant à 3 661 cas en tout (en fin de journée). Parmi ces derniers, il faut noter qu'environ 154 sont "toujours dans un état grave", a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'un point presse, qui a en outre indiqué que la circulation du virus s’accélérait sur le territoire français.

Le président français estime qu'il s'agit de la "plus grave crise sanitaire depuis un siècle". Une nouvelle annonce a été faite ce 13 mars : les rassemblements de plus de 100 personnes sont désormais interdits. Jeudi soir, lors d'un long discours adressé à la Nation sur les chaînes de télévision, Emmanuel Macron s'est voulu rassembleur, appelant ses concitoyens à "faire bloc" pour se battre contre le Covid-19. La stratégie du gouvernement prend un nouveau cap, et le pays tout entier va devoir ralentir son activité.

Longue pause pour les élèves français

Pour 12 millions d'élèves français et environ un million de salariés de l'Education nationale, ce vendredi est le dernier jour passé dans les établissements. Le locataire de l'Elysée a en effet décrété la fermeture de tous les lieux d'enseignement, des écoles maternelles aux universités, en passant par les collèges et les lycées, mais aussi des crèches. Cette mesure prend effet dès lundi, et sera maintenue, selon la formule, "jusqu'à nouvel ordre". En tout cas pendant au moins 15 jours, a précisé vendredi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Emmanuel Macron a également prié les Français de limiter au maximum leurs déplacements, et a demandé plus particulièrement aux personnes âgées de plus de 70 ans et à ceux qui ont une santé plus fragile de rester le plus souvent possible chez eux. En revanche, le premier tour des élections municipales aura bien lieu ce dimanche; les autorités ont prévu quelques aménagements pour que les aînés ne subissent pas une longue attente en allant voter.

Crainte de "la" grosse vague dans les hôpitaux

Dans les hôpitaux qui sont en première ligne, les interventions chirurgicales moins urgentes doivent être reportées afin de libérer le plus de lits possibles dans les services de réanimation. Le ministre de la Santé explique que, depuis l'arrivée du nouveau coronavirus, la stratégie est de "préparer les hôpitaux pour éviter que la situation soit trop tendue". Cependant, les experts médicaux redoutent sérieusement la suite des événements.

Le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, Eric Caumes, témoigne notamment :

Les services de réanimation se remplissent de manière extrêmement rapide (...) Je vois ce qui se passe dans mon hôpital et c'est la même chose à Strasbourg, à Vannes... On sait qu'on n'en est qu'au début

Explosion de la mortalité en Espagne

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ne cache pas son inquiétude de voir le système de santé au sein de l'Union européenne débordé par l'ampleur ce qu'on peut appeler désormais une pandémie.

En Espagne, la mortalité a soudainement gonflé : de 48 morts, on est passé à 90 en un peu plus de 24 heures. Le nombre de personnes infectées passe la barre des 3 800; une ministre est même touchée, l'ensemble du gouvernement espagnol doit donc se soumettre à des tests. La région de Madrid est spécialement frappée, et les écoles y ont été fermées. Ce vendredi, les autorités locales ont ordonné la fermeture de tous les commerces non-indispensable dans la capitale espagnole.

Les "nuits madrilènes" ont bien changé (ci-dessous) :

L'Italie, très éprouvée, a tristement dépassé son millième mort - 1016 le 13 mars -, et plus de 15 110 cas sont maintenant disséminés à travers toute la péninsule. La vie normale s'est encore plus recroquevillée puisque tous les commerces sont fermés, mis à part quelques-uns, notamment d'alimentation, et bien sûr les pharmacies. Jeudi, il était toutefois impossible de trouver en ville une laverie ouverte, alors qu'elles sont normalement exemptées de fermeture. A Rome, les fidèles ne peuvent plus aller à l'église jusqu'au 3 avril.

La si conviviale Belgique s'est résignée à fermer tous ses restaurants, cafés, discothèques...

Mais pas que, également ses écoles jusqu'au 3 avril inclus; les crèches vont toutefois rester ouvertes. La Première ministre belge, Sophie Wilmès, a ajouté que tous les rassemblements seront dorénavant annulés, "peu importe leur taille et leur nature", a-t-elle précisé.

Ailleurs en Europe, l'Autriche a également annoncé la fermeture des commerces non essentiels. A partir de lundi, seuls les commerces indispensables à la vie quotidienne seront autorisés à rester ouverts, comme les magasins d'alimentation, les pharmacies, les banques et les bureaux de poste, a indiqué ce vendredi le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, lors d'une conférence de presse. Les horaires d'ouverture des cafés et restaurants seront limités : ils fermeront leurs portes tous les jours à 15h00 dans toute l'Autriche.

Vienne a aussi annoncé la suspension des liaisons aériennes avec la France, l'Espagne et la Suisse, car ce sont "des pays dans lesquels le nouveau coronavirus se répand particulièrement vite" et "nous sommes ainsi obligés de suspendre à partir de lundi les liaisons aériennes avec ces pays", a expliqué Sebastian Kurz.

une première en Autriche, des communes en placées en quarantaine

Le gouvernement autrichien a également décidé le placement en quarantaine pour 15 jours de Paznauntal et Sankt Anton am Arlberg, deux communes du Tyrol, alors que cette province frontalière de l'Italie enregistre un grand nombre de contaminations.

L'Autriche, pays de 8,8 millions d'habitants, a enregistré à ce jour 422 cas de contaminations au nouveau coronavirus.