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Confinement, récession, la France d'après : les enjeux de l'allocution d'Emmanuel Macron

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Confinement, récession, la France d'après : les enjeux de l'allocution d'Emmanuel Macron
Tous droits réservés  GONZALO FUENTES / POOL / AFP
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Alors que la confiance des Français envers le gouvernement dans la gestion de la crise du coronavirus s'érode, le président Emmanuel Macron s'adressera solennellement aux Français ce lundi soir. Euronews fait le point sur les enjeux de cette allocution, près d'un mois après le début du confinement.

C'était il y a presque un mois. Une éternité diront certains. A 20 heures, ce 16 mars, devant plus de 30 millions de téléspectateurs, Emmanuel Macron annonçait la mise en place du confinement en France pour tenter d'endiguer la pandémie de coronavirus, qui se répandait en Europe à vitesse grand V.

Quatre semaines plus tard, le chef de l'Etat s'adressera aux Français peu après 20 heures ce lundi soir pour la quatrième fois en un mois (en tenant compte du discours prononcé le 25 mars à l'hôpital de campagne de Mulhouse). Mais ceux qui espèrent voir la fin du tunnel avec l'arrivée des beaux jours seront sans doute déçus.

  • Le confinement : pour combien de temps ?

Parmi les annonces les plus attendues, celle concernant la suite du confinement, entamé depuis presque un mois. Si le prolongement ne fait guère de doute, la question est de savoir combien de temps va-t-il encore durer.

Selon des proches du président cités par l'AFP, le chef de l'Etat "devrait évoquer une date de fin de confinement courant mai, au moins après le pont du 8-10 mai". Reste à savoir de quelle manière ce "déconfinement" se mettra progressivement en place.

Sur le fond, Emmanuel Macron fait face à une difficulté : comment préparer une reprise sans donner l'impression que la fin de ce confinement est arrivé et que les Français relâchent leurs efforts. Car si la France connaît une baisse du nombre de patients en réanimation depuis quelques jours, il semble bien trop tôt pour crier victoire.

Autre question qui concerne des millions de familles : les écoles et les universités seront-elles maintenues fermées ? Et si oui, comment se dérouleront les examens de fin d'année ? Les déplacements seront-ils limités de manière aussi strictes ? A quand un début d'assouplissement ?Beaucoup de Français se demandent en effet s'ils pourront partir en vacances cet été.

  • La riposte sur le plan économique

Sur le plan économique, Emmanuel Macron, qui n'hésitait pas à dire que la France est en "guerre" contre le coronavirus" le 16 mars, devrait aussi revenir sur la riposte de l'Etat face à la récession sans précédent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale à laquelle la France est confrontée.

Mi-mars, le président français avait promis une prise en charge par l'Etat du chômage partiel. Au 7 avril, 6,3 millions de personnes avaient fait une demande d’"activité partiellepour motif de Coronavirus", selon la Dares, le service statistiques du ministère du Travail. Et plus de 660 000 entreprises étaient concernées.

La Banque de France a estimé mercredi que le PIB avait chuté de 6% au premier trimestre. Et le plan d'urgence pour soutenir l'économie française doit passer de 45 à 100 milliards d'euros. Le président pourrait être amené à en dessiner les contours après avoir promis de soutenir l'économie "quoiqu'il en coûte".

  • Quelle stratégie sanitaire ?

Emmanuel Macron est aussi attendu sur l'un des points qui ont suscité le plus de crispations : le manque de masques en France,dû à une stratégie de non-renouvellement décidée au début des années 2010.

Faut-il rendre son utilisation plus systématique, comme l'Autriche le fait dans les supermarchés ? Alors que près de deux milliards de masques ont été importés en masse, notamment de Chine, afin d'aider les soignants et les malades en priorité, est-ce tout simplement faisable en l'état actuel des stocks ?

Autre question : quelle stratégie en matière de tests à plus long terme ? Alors que les campagnes de dépistages plus massifs déployés par l'Allemagne et la Corée du Sud ont souvent été cités comme exemple, la France, qui avait décidé de ne tester que les cas les plus graves, a progressivement augmenté ses capacités de tests.

Aujourd'hui, selon Santé Publique France, un peu plus de 80 000 tests étaient réalisés chaque semaine début avril, si l'on ajoute les données des laboratoires hospitaliers et celles des laboratoires de ville. Mais pour quelle stratégie de dépistage à long terme ? Les réponses pourraient aussi être données plus tard, par le Premier ministre Edouard Philippe ou le ministre de la Santé, Olivier Véran.

  • Susciter la confiance des Français

Enfin, le président tentera également de convaincre les Français alors que la défiance s'installe. Manque de tests et de masques, hôpitaux saturés, messages contradictoires avec le maintien du premier tour des municipales le 15 mars... Certains épisodes de la gestion de crise ont pu créer la confusion.

Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, la confiance envers le gouvernement est passée de 55% lors du début du confinement à 38% ces derniers jours. Une confiance pourtant essentielle, pour dissuader ceux qui seraient tentés de relâcher leurs efforts.