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Coronavirus : la vente de millions de masques dans les supermarchés suscite des interrogations

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Illustration - Un caissier porte un masque dans un supermarché de Paris, le 8 avril 2020
Illustration - Un caissier porte un masque dans un supermarché de Paris, le 8 avril 2020   -   Tous droits réservés  Thomas Samson, AFP
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Après des semaines de pénuries, des millions de masques seront en vente dans les supermarchés à compter de ce lundi en France. Mais la grande distribution se défend d'avoir constitué des "stocks cachés". Explications.

Ils se faisaient rares il y a quelques semaines encore, il pourrait désormais y en avoir pléthore dans les rayons... Après les pharmacies, les masques sont désormais autorisés à la vente, en France, dans les supermarchés, à compter de ce lundi.

Objectif : équiper les Français à l'approche du début du déconfinement le 11 mai. Des millions de masques lavables et jetables... Un contraste saisissant avec le début de la crise, qui a suscité la colère des Ordres de plusieurs professions de santé publié il y a quelques jours.

"Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce, à grand renfort de communication tapageuse, des chiffres sidérants de masques vendus au public par certains circuits de distribution", se sont interrogés les Ordres des médecins, des pharmaciens, des sages-femmes, des infirmiers, des chirurgiens-dentistes, ou encore des masseurs-kinésithérapeutes dans un communiqué commun.

"100 millions par ici, 50 millions par là. Qui dit mieux ? C’est la surenchère de l’indécence", ont-ils également taclé. Un communiqué jugé "outrancier et diffamatoire" par la Fédération du Commerce et de la Distribution, qui regroupe la plupart des enseignes de la grande distribution.

Que disent les chiffres ?

Tandis que l'Etat prévoit d'importer 150 millions de masques par semaine à compter de mi-mai, le groupe Carrefour explique à Euronews mettre en vente à partir de ce lundi "10 millions de masques chirurgicaux jetables à prix coûtant". Autrement dit, "aucune marge ne sera réalisée", selon l'enseigne. Leur prix de vente est fixé "à moins de 60 centimes par masque", avec "interdiction pour les clients d'en acheter plus de 2 lots" qui contiendront "5 ou 10 masques".

Puis, à partir du 11 mai, ce sont 175 millions masques chirurgicaux jetables et plus de 50 millions de masques en tissus lavables et réutilisables qui seront progressivement mis en vente. Mais cela ne signifie pas que les stocks sont déjà tous constitués, nous précise-t-on.

De quand datent les commandes ?

Alors, quand les commandes ont-elles été effectuées, alors que pendant des semaines, les professionnels de santé en réclamaient ?

Les enseignes Intermarché et Netto du groupe Les Mousquetaires affirment s'être faites livrer 50 millions de masques à usage unique entre le 13 avril et le 2 mai.

De son côté, Carrefour affirme dans un communiqué "que jusqu'au 21 mars", l'enseigne "a remis l’intégralité de son stock de masques afin qu’il soit orienté vers les personnels de santé". Elle aurait ensuite commandé des masques "pour assurer la sécurité de ses collaborateurs et de ceux de ses partenaires franchisés".

Puis, dans un troisième temps, "le 24 avril 2020" très exactement selon l'enseigne, "le Gouvernement a demandé à l’ensemble des circuits de distribution d’être en mesure de participer à l’équipement de la population française à compter du 4 mai", explique Carrefour qui "s’est alors mobilisé pour commander massivement des masques afin d’équiper les Français".

Sur Twitter, le PDG de Système U Dominique Schelcher se défend lui aussi d'avoir caché des stocks en assurant que les commandes de masques chirurgicaux pour la vente au grand public avaient été faites "après le 24 avril, jour de l'autorisation gouvernementale".

"Il n'y a pas de stocks cachés"

Dans une vidéo publiée sur Youtube, Michel-Edouard Leclerc, président du groupe E.Leclerc a également tenu à réagir : "Il n'y a pas de stocks cachés, ce sont des scénarios de débiles".

Si les commandes ont été exécutées en un temps record, c'est selon lui grâce à la relance de la production chinoise et à l'augmentation des capacités de la filière française. "J'entends des élus qui ne comprennent pas qu'aujourd'hui on ait des masques alors qu'il y a un mois, ils avaient du mal à doter leurs hôpitaux, mais c'était il y a un mois. Depuis, toute la filière chinoise s'est remise en branle, et même la filière française ; c'est maintenant qu'ils commencent à produire ou qu'ils produisent en grande quantité, Il ne faut pas faire procès de cela", a déclaré le président du groupe E.Leclerc.

"Moi je ne veux pas que ces rivalités corporatistes viennent obérer la mobilisation de tous pour équiper les Français en masques", a-t-il également ajouté.