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Des blessés et des arrestations en Bulgarie, le Premier ministre refuse toujours de démissionner

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Des blessés et des arrestations en Bulgarie, le Premier ministre refuse toujours de démissionner
Tous droits réservés  NIKOLAY DOYCHINOV/AFP or licensors
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Les affrontements entre la police bulgare et les manifestants ont fait plus de 45 blessés mercredi, alors que le Parlement s'est réuni pour commencer à discuter d'un projet de nouvelle constitution après des semaines de rassemblements anti-gouvernementaux.

Des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et la police, qui a tiré des grenades de gaz lacrymogène et arrêté 35 personnes. Les manifestants ont jeté des œufs, des pommes et des déchets contre le parlement, lourdement gardé.

Il s'agissait de la première journée marquée de violences depuis le début en juillet des manifestations quotidiennes contre la corruption.

Des aérosols au gaz poivre et des bombes assourdissantes ont été utilisés pour la première fois en Bulgarie face à des cortèges, et l'ONG Comité Helsinki a protesté contre "un usage disproportionné de la force".

"J'espère sincèrement et fortement que le changement pourra se faire sans violence et de manière pacifique. Bien que, comme nous le voyons dans d'autres pays, le changement est difficile. J'espère qu'il reste encore un peu de bon sens au Premier ministre. Cela dépend de lui que tout se passe de façon pacifique ou non, tout dépendra de sa conscience, de sa responsabilité", a expliqué une manifestante.

Le président bulgare Rumen Radev a appelé le gouvernement à démissionner mercredi, faisant écho aux demandes de milliers de manifestants qui souhaite la démission du Premier ministre Boïko Borissov et du procureur général Ivan Geshev. Ils les accusent tous deux de permettre à une mafia oligarchique de prendre le contrôle du pays.

Depuis près de deux mois, les manifestants bloquent les routes et organisent des manifestations quotidiennes dans la capitale, Sofia, et dans d'autres villes.

Borissov, qui a déjà limogé plusieurs ministres clés et a donc récemment proposé d'adopter une nouvelle constitution, refuse de démissionner.

Son parti, Gerb, a obtenu mercredi le feu vert du Parlement pour l'ouverture de débats prévus pour durer entre deux et cinq mois sur la nécessité d'élaborer une nouvelle constitution.

Selon les observateurs, la proposition vise à maintenir les conservateurs et leurs alliés nationalistes au pouvoir jusqu'à la fin de leur mandat en mars 2021. Le parti de la minorité turque MDL et l'opposition socialiste s'y sont opposés, la gauche y voyant une volonté de limiter les pouvoirs du président de la République, proche de ses positions.

Le projet n'apporte pour ses détracteurs aucune limitation du pouvoir du procureur général, aujourd'hui intouchable, alors que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) le réclame depuis longtemps.

Afin d'obtenir le soutien d'une formation nationaliste, les conservateurs ont accepté d'inscrire dans la nouvelle constitution, si elle est adoptée, que le mariage est exclusivement une union entre un homme et une femme.