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100 000 personnes manifestent à Varsovie pour le droit à l'avortement

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100 000 personnes manifestent à Varsovie pour le droit à l'avortement
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Près de 100 000 personnes sont descendues dans les rues de la capitale polonaise Varsovie vendredi, pour protester contre l’interdiction quasi-totale de l’avortement, en passe d’être décidée dans le pays.

"On en a assez!", "Mon corps, mon choix", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, principalement des jeunes. Brandissant des drapeaux arc-en-ciel et scandant des slogans antigouvernementaux, ils ont massivement exhibé dans la capitale le symbole de leur révolte, une foudre rouge. C'était l'une des plus grandes manifestations jamais organisées en Pologne depuis l'arrivée au pouvoir du parti ultraconservateur Droit et Justice en 2015.

"Le temps des compromis est révolu. Les femmes ont vu leurs droits leur être retirés, alors maintenant elles veulent les récupérer, elles veulent même plus de droits", estimait l'un des participants.

La manifestation s'est globalement déroulée dans le calme, même si plusieurs militants d'extrême droite ont attaqué des manifestants dans le centre de Varsovie avant d'être arrêtés. Certains pointent du doigt la responsabilité du chef du parti Droit et Justice, qui a appelé plus tôt dans la semaine ses partisans à défendre les églises contre les manifestations et les actes de "barbarie" et de "vandalisme".

La décision du Conseil constitutionnel a mis le feu aux poudres

La colère ne faiblit pas dans le pays, depuis décision le 22 octobre du Conseil Constitutionnel d_'interdire l’interruption volontaire de grossesse en cas de malformation grave du fœtus_, statuant qu’elle est « incompatible » avec la Constitution.

Un cas de figure qui représente 98% des avortements légaux, dans ce pays à forte tradition catholique, déjà dotée d’une des loi anti-avortements les plus restrictives d'Europe. Il y a moins de 2 000 avortements légaux par an en Pologne, selon les données officielles. Les organisations féministes estiment que plus de 200 000 IVG sont réalisées illégalement ou effectués à l'étranger chaque année.

Le gouvernement polonais a défendu cette décision, affirmant qu’elle mettrait fin aux « avortements eugéniques », mais les associations de défense des droits humains estiment qu'elle poussera les femmes à avorter illégalement, dans de mauvaises conditions, ou à l'étranger.

Vendredi, le président Andrzej Duda a proposé un projet d'amendement à la loi destiné à apaiser la colère de la rue. Son projet interdirait toujours l'avortement dans des cas de foetus malformés, à moins que des tests médicaux ne montrent une forte probabilité que le bébé soit mort-né ou atteint d'une maladie ou d'un défaut en phase terminale.

La députée de l'opposition libérale Katarzyna Lubnauer a qualifié cette proposition d'"inacceptable". "C'est une proposition du genre : je vous ai volé 100 zlotys (20 euros) mais j'en rendrai 50", a-t-elle déclaré à la chaîne d'information TVN24.