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Etats-Unis : Trump et Biden doivent-ils avoir peur des petits candidats ?

Howie Hawkins, le candidat écologiste à la présidentielle des Etats-Unis 2020, ici photographié à Albany dans l'Etat de New York, le 1er novembre 2018
Howie Hawkins, le candidat écologiste à la présidentielle des Etats-Unis 2020, ici photographié à Albany dans l'Etat de New York, le 1er novembre 2018   -   Tous droits réservés  Hans Pennink/AP Photo
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Plus que quelques jours avant l'échéance du 3 novembre et l'élection présidentielle américaine. Dans cette dernière ligne droite, une chose est certaine, le futur président des Etats-Unis sera soit Donald Trump, qui rempilera pour un second mandat, soit Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama. Mais face à ces deux mastodontes, d’autres candidats se sont aussi lancés dans la course à la Maison Blanche. Si leurs chances de pouvoir s'asseoir un jour sur le siège du Bureau Ovale sont nulles, ils espèrent malgré tout se faire entendre… et siphonner quelques voix. Ces bulletins, qui échapperont à Trump ou Biden, pourront-ils leur coûter la victoire ?

L’éléphant républicain et l’âne démocrate omnipotents

Aux Etats-Unis, l'âne est l'emblème des démocrates alors que l'éléphant est celui des républicains.

La vie politique aux Etats-Unis est rythmée par un bipartisme quasi-total, où républicains et démocrates s’affrontent pour décrocher les sièges de l’échelon local au poste suprême. Pour toute autre formation, il est très compliqué de participer aux scrutins d’ampleur nationale, en raison des sommes nécessaires pour faire campagne. Et l'argent aux Etats-Unis, plus qu'ailleurs, c'est véritablement "le nerf de la guerre". Sans force de frappe financière, point de salut. De plus, le temps de parole octroyé à ces petits candidats sur les grandes chaînes de télévision est proche du zéro absolu… Certains ont pourtant relevé le défi.

Libertariens et écologistes en deuxième ligne

Deux partis politiques espèrent jouer le rôle de trouble-fête, se fiant à leurs résultats lors des scrutins précédents. Cette année encore, comme les républicains et les démocrates, les libertariens et les écologistes présenteront leur ticket, leurs candidats pour la présidence et la vice-présidence, dans pratiquement tous les Etats.

En 2016, le parti libertarien, dont la philosophie est de prôner la liberté des individus au détriment d’un Etat réduit à la portion congrue, et les verts américains s’étaient classés en deuxième et troisième positions. Gary Johnson, pour les libertariens, avait récolté 3,28% des suffrages, soit 4 489 341 voix, et l’écologiste Jill Stein1 457 218 voix représentant 1,07%.

Si ces résultats au niveau national sont dans l’absolu bien loin de ceux de Hillary Clinton (65 853 514 voix et 48,18%) et de Donald Trump (62 984 828 voix et 46,09%), en étudiant les scores au niveau des Etats, une autre lecture se fait jour. Surtout lorsque le système indirect pour élire le Président des Etats-Unis est pris en compte.

Alors que Hillary Clinton a remporté le vote populaire, avec plus de 2,8 millions de voix, la candidate démocrate a toutefois perdu face à Donald Trump, le républicain ayant décroché plus de grands électeurs, avec un score de 304 contre 227.

En regardant ainsi de plus près, les résultats de la candidate écologiste dans trois Etats particulièrement disputés ont pu coûter la victoire à Hillary Clinton. Donald Trump a en effet remporté la Pennsylvanie, le Michigan avec des écarts très faibles.

Au total, 56 grands électeurs étaient en jeu dans ces trois États, si Hilary Clinton n’avait pas pâti des suffrages exprimés en faveur de Jill Stein, elle serait peut-être la première Présidente des Etats-Unis, après s’être adjugée 283 grands électeurs contre 248 pour Trump, le nombre de 270 grands électeurs étant le seuil de la majorité absolue.

Politique fiction ?

Cette analyse peut, certes, s'apparenter à de la politique fiction. Mais l’état-major démocrate avait effectivement pointer du doigt la responsabilité de Jill Stein dans la défaite de 2016. Certaines sources ont d’ailleurs affirmé que des figures, ou des sympathisants, du parti républicain avaient discrètement financé la campagne des verts américains.

Mais cette année, Howie Hawkins et sa colistière Angela Nicole Walker, ne sont pas présents dans la totalité des Etats. Son programme est très axé à gauche, surtout selon la grille de lecture américaine et sa proposition la plus emblématique est de mettre en place un "new deal vert", dont l'un des objectif sera de passer d'ici 10 ans à 100% d'énergies propre et renouvelables.

Il sera possible de voter pour le ticket vert que dans les 29 Etats ainsi qu’à Washington. Mais le vote écologiste sera permis aussi dans 17 autres Etats où le “write-in” est légal. Ce procédé permet aux électeurs d’écrire directement les noms des candidats pour lesquels ils souhaitent voter sur les bulletins. En outre, si Jill Stein avait pu profiter d’un fort report de voix venant des partisans de Bernie Sanders, ces derniers seraient, cette année, plus mobilisés à faire sortir Donald Trump du Bureau Ovale.

La cristallisation sur les deux candidats républicain et démocrate est encore plus patente cette année. Sans jouer les oracles, Jo Jorgensen et Spike Cohen, pour les libertariens décrocheront sans doute la troisième place. L’une des promesses de leur campagne est de faire des Etats-Unis “une Suisse géante”, “armée et neutre”. Leur candidature a été validée dans tous les Etats. Mais, ils semblent très loin de peser sur l’issue du scrutin.

Les petits “petits candidats”

Dans certains Etats, comme dans le Vermont, plus de 20 candidats seront en lice pour la présidentielle. Certains comme le rappeur-entrepreneur Kanye West se présentent dans plusieurs Etats. Concernant ce dernier, sa candidature est vue d’un bon œil par l’équipe de campagne de Donald Trump, car elle pourrait siphonner une partie de l'électorat afro-américain traditionnellement démocrate.

Au pays où le libéralisme est roi, deux candidates communistes participent malgré tout à la présidentielle : Gloria La Riva pour le PSL (Party for Socialism and Liberation) et plus anecdotiquement Alyson Kennedy du SWP (Socialist Workers Party).

Et parmi les autres candidats, peut être cité le nom de Brock Pierce, un entrepreneur qui a fait fortune dans les cryptomonnaies. Celui qui fut aussi acteur dans ses jeunes années réclame notamment la légalisation au niveau fédéral du cannabis.

Un sulfureux ancien PDG participe également au scrutin. Don Blankenship s'est en effet illustré en ayant fait de la prison pour n’avoir pas respecté des normes de sécurité dans ses exploitations minières, entraînant la mort de 29 personnes en 2010. Enfin, autre candidat en lice, Roque De La Fuente, un homme d’affaire aux positions centristes.