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L'opposant russe Alexeï Navalny interpellé par la police à l'aéroport de Moscou

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L'opposant russe Alexeï Navalny interpellé par la police à l'aéroport de Moscou
Tous droits réservés  Mstyslav Chernov/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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Il a été arrêté dès son arrivée sur le sol russe. L'opposant au Kremlin Alexeï Navalny avait décidé de rentrer chez lui, après avoir passé cinq mois en convalescence en Allemagne à la suite d'un empoisonnement.

Alors qu'il s'apprêtait à donner son passeport pour le contrôle à la frontière, aux côtés de sa femme Ioulia, l'opposant a été approché par plusieurs policiers en uniforme qui l'ont emmené. Les services pénitentiaires russes (FSIN) ont confirmé dans un communiqué son arrestation, lui reprochant d'avoir violé les conditions d'une peine de prison avec sursis dont il a écopé en 2014. "Il restera en détention jusqu'à la décision du tribunal" sur son cas, a indiqué le FSIN, sans préciser à quelle date elle pourrait avoir lieu.

"Alexeï a été arrêté sans que la raison soit expliquée (...) Ils ne m'ont pas laissée revenir vers lui" après avoir passé la frontière, a indiqué à l'AFP l'avocate de l'opposant, Olga Mikhaïlova.

"Je n'ai rien à craindre"

Juste avant son interpellation, Alexeï Navalny s'est exprimé devant la presse. Notre correspondante, Galina Polonskaya, a pu recueillir sa déclaration : "Etre ici à Moscou, ce n'était pas un choix pour moi. Je n'ai pas eu à choisir entre rentrer ou non, la question ne s'est jamais posée, pas une seconde", a déclaré l'opposant.

Mon retour montre à quel point il faut se battre ici, parce que, mon Dieu, ces responsables ce ne sont pas uniquement des voleurs répugnants, mais aussi des personnes absolument indignes - qui font des choses inutiles. Ils ont mis en danger la sécurité aérienne de cette ville magnifique et immense.
Alexaï Navalny

Parti de Berlin, Alexeï Navalny devait normalement arriver à l'aéroport Vnoukovo de Moscou, où l'attendaient des dizaines de ses partisans. Mais son avion a été dérouté, en raison, selon le pilote, "d'un problème technique". Il a donc atterri à l'aéroport de Chermitiva.

En montant à bord, l'opposant avait dit être "très heureux" de revenir et assurait "n'avoir rien à craindre en Russie". "Je suis certain que tout va bien se passer. On va m'arrêter ? Ce n'est pas possible, je suis innocent", avait-il lancé.

Les services pénitentiaires russes avaient pourtant menacé dès jeudi d'arrêter Alexeï Navalny s'il remettait le pied en Russie. Ils lui reprochent de ne pas s'être présenté auprès d'eux deux fois par mois, comme l'exigent les conditions d'une peine de cinq ans de prison avec sursis à laquelle il a été condamné en 2014.

Ils avaient estimé que "le fait de subir des procédures de rééducation n'est pas une raison pour ne pas se présenter à l'enregistrement" à l'inspection pénitentiaire.

L'arrestation condamnée par plusieurs dirigeants

A l'aéroport Vnoukovo, la plupart de ses alliés venus l'accueillir ont été interpellés, dont Lioubov Sobol, figure montante de l'opposition russe. Ils sont accusés de "désobéissance" envers la police, présente en force sur place. Selon l'ONG spécialisée OVD-Info, 53 personnes au total ont été arrêtées dimanche.

L'ONG Amnesty International a estimé que l'arrestation de M. Navalny en faisait un "prisonnier de conscience" victime d'une "campagne implacable" des autorités russes visant à "le faire taire".

Le président du Conseil européen Charles Michel a dénoncé comme "inacceptable" l'interpellation de M. Navalny, exigeant sa libération "immédiate". La Lituanie a appelé à adopter de nouvelles sanctions de l'UE contre Moscou.

Alexeï Navalny "doit être libéré immédiatement" a pour sa part exhorté Jake Sullivan, futur conseiller à la sécurité nationale du président élu américain Joe Biden. "Les attaques du Kremlin contre M. Navalny ne sont pas seulement une violation des droits humains, mais un affront au peuple russe qui veut que sa voix soit entendue", a-t-il tonné sur Twitter.

Le chef de file de l'opposition russe était subitement tombé dans le coma en août, alors qu'il revenait d'une tournée électorale en Sibérie. D'abord hospitalisé à Omsk, il avait finalement été évacué vers un hôpital berlinois sous la pression de ses proches.

Trois laboratoires européens ont depuis conclu que l'opposant avait été empoisonné par un agent innervant de type Novitchok, développé à l'époque soviétique à des fins militaires, conclusion confirmée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) malgré les dénégations de Moscou.