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Chaos à Kaboul : Joe Biden n'exclut pas de prolonger la présence américaine après le 31 août

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Par euronews avec AFP
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Chaos à Kaboul : Joe Biden n'exclut pas de prolonger la présence américaine après le 31 août
Tous droits réservés  ANDREW CABALLERO-REYNOLDS/AFP or licensors
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Alors que la situation reste chaotique à l'aéroport de Kaboul, le président américain Joe Biden n'exclut pas de poursuivre les évacuations au-delà le 31 août, date initialement prévue du retrait définitif des troupes américaines d'Afghanistan.

Ils attendent toujours un miracle. Dans l'espace qui sépare les talibans des troupes américaines autour de l'aéroport de Kaboul, des centaines d'Afghans et leurs familles se retrouvent dans un entre-deux, prêts à supporter des nuits d'attente pour quitter l'Afghanistan, ce pays qui est le leur, mais qui est brutalement repassé aux mains des talibans.

Face à la crainte suscitée par l'arrivée des islamistes, qui ravive les souvenirs d'un règne de terreur entre 1996 et 2001, avant que les Américains ne les chassent du pouvoir, tous espèrent donc se voir proposer une place dans un avion. Il leur reste huit jours pour que ce rêve se concrétise. Le 31 août, les Américains sont censés achever leur retrait et quitter définitivement l'Afghanistan. En théorie. Car une extension n'est désormais plus exclue par le président américain Joe Biden.

"Des discussions sont en cours avec l'armée au sujet d'une extension"
Joe Biden
Président américain

Dimanche, Joe Biden a continué de défendre la décision de retirer les troupes américaines d'Afghanistan. "L'évacuation de milliers de personnes à Kaboul aurait été difficile et douloureuse, peu importe quand elle aurait commencé", a-t-il déclaré. "Cela aurait été tout aussi difficile si nous avions commencé un mois plus tôt ou un mois plus tard."

Et d'ajouter : "Des discussions sont en cours avec l'armée au sujet d'une extension. Nous espérons que nous n'aurons pas à prolonger notre présence, mais il y aura des discussions sur l'état d'avancement du processus d'évacuation".

Plus de 30 000 personnes déjà évacuées

Le président américain a précisé que près de 28 000 personnes avaient été évacuées depuis le 14 août à bord d'avions américains et de la coalition, "ce qui porte le nombre total de personnes évacuées depuis le mois de juillet à environ 33 000 personnes".

Washington espère exfiltrer en tout jusqu'à 15 000 Américains mais aussi 50 000 à 60 000 Afghans et leurs familles. De leur côté, les Britanniques ont évacué plus de 5 700 personnes dont 3 000 Afghans, et les Français ont exfiltré un millier de personnes, dont des ressortissants français et des Afghans.

Des milliers d'étrangers d'autres nationalités mais aussi des Afghans menacés ou ayant travaillé pour les alliés sont également en attente d'évacuation par les puissances occidentales.

Washington a réquisitionné les avions de plusieurs compagnies aériennes privées afin d'aider à évacuer. Ces avions ne décolleront pas de l'aéroport de Kaboul mais aideront à transporter les personnes ayant été évacuées vers des pays tiers, comme le Qatar ou les Émirats arabes unis.

"Il est vital que la communauté internationale travaille ensemble pour assurer des évacuations sûres et prévenir une crise humanitaire (...)"
Boris Johnson
Premier ministre britannique

Chaos à Kaboul et offensive des talibans dans le Panchir

Dimanche, la situation à l'aéroport de Kaboul restait chaotique. Dimanche, l'afflux de dizaines de milliers d'Afghans désespérés a donné lieu à de violentes bousculades. Sept personnes sont mortes.

La veille, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait jugé qu'il serait "impossible" d'évacuer tous les collaborateurs afghans des chancelleries occidentales d'ici au 31 août.

Dimanche, le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont le pays préside le G7, a jugé "vital que la communauté internationale travaille ensemble pour assurer des évacuations sûres, prévenir une crise humanitaire et aider le peuple afghan à protéger les progrès (réalisés) les vingt dernières années".

Londres a par ailleurs annoncé que les dirigeants du G7 se réuniraient virtuellement mardi pour discuter de la situation en Afghanistan.

Pendant ce temps, les talibans ont annoncé dimanche le lancement d'une offensive contre la vallée du Panchir, bastion anti-taliban et seul territoire afghan qui leur résiste encore. C'est là qu'est retranché le Front national de résistance mené par Ahmad Massoud, fils du commandant Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda. Il s'est dit "prêt à défendre l'Afghanistan" et a mis en garde "contre un bain de sang".