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Coup d'Etat au Burkina-Faso : le président Kaboré aurait démissionné

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Par Euronews  avec AFP
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Coup d'Etat au Burkina-Faso : le président Kaboré aurait démissionné
Tous droits réservés  Sophie Garcia/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.

Rassemblés sur la Place de la Nation à Ouagadougou, des centaines de Burkinabés ont célébré lundi soir le coup d'Etat militaire et le départ du président Marc Roch Christian Kaboré. Plus tôt dans la journée, des soldats en uniforme avaient annoncé à la télévision publique avoir pris le pouvoir. 

"C'est une victoire, un nouveau départ pour le peuple burkinabé avec la chute d'un régime incapable", a déclaré à l'AFP Amado Zoungrana, juché sur une moto le drapeau du Burkina en main. "C'est une nouvelle page pour l'armée burkinabè qui doit rentrer dans l'histoire en se focalisant sur l'essentiel, à savoir libérer le Burkina des groupes terroristes qui nous ont assez endeuillés", a renchéri Serge Compaoré.

Le MPSR, ou Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration, a assuré que " les opérations s'étaient déroulées sans effusion de sang et sans aucune violence physique envers les personnes arrêtées", sans mentionner de nom.

Démission

La télévision publique a ensuite publié une lettre manuscrite signée de la main du chef de l’Etat Kaboré dans laquelle il indique "déposer sa démission". Lundi matin, un journaliste de l'AFP a vu près de la résidence du chef de l'Etat trois véhicules criblés de balles. Des traces de sang étaient visibles sur l'un d'eux. Des tirs avaient été entendus dimanche soir près de la résidence du chef de l'Etat et un hélicoptère avait survolé la zone tous feux éteints, selon des résidents.

Ce coup de force militaire a été largement critiqué à l'international, notamment par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrel : "Nous savons maintenant que le Président Kaboré est sous la contrôle de l'armée. Nous appelons au respect et à l'ordre constitutionnel et à la libération du Président Kaboré." Les Etats-Unis et l'Union européenne ont demandé la "libération immédiate" de Marc Roch Christian Kaboré, la France appelant ses ressortissants à la prudence et à éviter tout déplacement au Burkina.

Des mutineries dimanche

En conséquence de ce coup d'Etat, les frontières terrestres et aériennes ont été fermées, le gouvernement et l’Assemblée nationale ont été dissous, et la Constitution a été "suspendue". Les militaires s'engagent proposer "dans un délai raisonnable" "un calendrier de retour à un ordre constitutionnel accepté de tous ". 

Au pouvoir depuis 2015, le président Kaboré, réélu en 2020 sur la promesse de faire de la lutte antijihadiste sa priorité, était de plus en plus contesté par une population excédée par les violences jihadistes et son impuissance à y faire face.

Des soldats se sont mutinés dimanche dans plusieurs casernes pour réclamer le départ des chefs de l'armée et des "moyens adaptés" à la lutte contre les jihadistes qui frappent ce pays depuis 2015.