À Madrid, des centaines mineurs tombent dans la violence des "gangs latinos"

Un membre repenti du gang "Latin Kings" à Madrid, février 2022
Un membre repenti du gang "Latin Kings" à Madrid, février 2022 Tous droits réservés Euronews
Par Euronews avec Jaime Velazquez
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🇪🇸 À Madrid, ces bandes rivales souvent composées de mineurs originaires d'Amérique latine se livrent à des règlements de comptes mortels, à coups de machettes.

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En Espagne, les autorités constatent une augmentation des violences des gangs dits "latinos". Dans la région de Madrid, au moins 2 500 personnes feraient partie de sept groupes rivaux ultra violents, composés de jeunes originaires d'Amérique latine. Environ 40% de ces membres seraient mineurs.

Recrutant parfois des membres âgés d'à peine onze ans, ces bandes s'exposent fièrement sur les réseaux sociaux.

Jaime Guerrero, 15 ans, a été poignardé à mort début février à Madrid. Un drame qui n'est malheureusement pas un cas isolé. Dans la capitale espagnole, les gangs sont devenus un véritable fléau. 130 mineurs ont été arrêtés l'an dernier par la police.

Rite d'initiation violent

Nous avons pu parler à Arthur (nom d'emprunt), qui a quitté le gang "Latin Kings" il y a six ans. Par crainte de représailles, le jeune homme n'a pas souhaité révéler sa véritable identité. Recruté à 14 ans, il a commis son première crime avant son 15ème anniversaire.

"Lorsque tu entres chez les Latin Kings, tu dois passer un épreuve. Cette initiation consiste à poignarder quelqu'un d'un gang rival" explique-t-il, capuche sur la tête.

"Les adultes, ceux qui ont 18 ou 19 ans, les utilisent pour les crimes qu'ils veulent commettre, car les mineurs ne feront jamais de prison" ajoute-t-il.

Les jeunes se tournent vers les gangs, attirés notamment par leur démonstration de puissance, leur code vestimentaire et leur musique. Une culture étalée sur les réseaux sociaux, notamment Tik Tok.

La prévention plutôt que la répression

Le pasteur Alberto Díaz et son église aident les jeunes à quitter ces bandes ultra violentes. Ils ont remarqué une forte augmentation du nombre de recrues pendant la pandémie, lors du confinement à cause du manque de "services publics comme l'école".

"Les enfants ont passé beaucoup de temps sur leurs téléphones et leurs ordinateurs et ont été exposés au contenu de ces gangs latinos, et quand ils sont retournés dans la rue, la graine était déjà plantée" déplore-t-il.

Si les autorités espagnoles redoublent d'efforts pour lutter contre l'expansion de ces groupes criminels, les experts insistent sur la nécessité de miser sur la prévention. Car une fois entré dans un gang, il est très difficile d'en sortir sans conséquences ou représailles.

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