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Frontière polono-bélarusse : un mur met à mal le tourisme local, mais aussi l’environnement

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Par Magdalena Chodownik
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 Frontière polono-bélarusse : un mur met à mal le tourisme local, mais aussi l’environnement.
Frontière polono-bélarusse : un mur met à mal le tourisme local, mais aussi l’environnement.   -   Tous droits réservés  Euronews

Le 1er juillet, la Pologne a levé l'interdiction d'accès à la frontière polono-bélarusse, imposée en septembre 2021 pour empêcher les migrants de pénétrer sur son territoire. Il est cependant toujours interdit d'approcher à moins de 200 mètres de la ligne frontière. Les locaux qui comptaient sur un retour des touristes pour que les affaires reprennent sont donc dépités.

"Cette information est arrivée tout simplement trop tard. Les voyages de groupe ne se feront pas à Bialowieza. Les touristes individuels, eux, sont prêts à venir, mais dans d'autres endroits. Le mois de juin n'est pas la meilleure période pour réserver un voyage, donc nous nous attendions à peu de touristes, mais nous n’imaginions pas une telle pénurie. C'est très grave. Les gens ici ont soif non seulement de ce soutien économique, mais aussi de revoir des gens, des touristes normaux", explique Kamil Syller, propriétaire d'une maison d'hôtes et militant engagé dans l'aide aux migrants à la frontière entre la Pologne et le Bélarus.

Autre problème, la Pologne s’est lancée dans la construction d’un mur à sa frontière avec le Bélarus pour bloquer la pénétration de migrants illégaux.

"Trente mille hommes en uniforme ont été déployés ici. Une clôture qui a coûté quelques milliards de zlotys a été dressée et les migrants sont venus quand même. Un mur a été érigé pour arrêter les gens et s’il fonctionnait, ce serait le premier mur au monde à y arriver. C'est impossible. Rien qu’aujourd’hui par exemple, nous avons vu un groupe de 34 personnes originaires du Congo", poursuit Kamil.

Ce mur met à mal le tourisme local, mais aussi l’environnement.

"Cette barrière perturbe fortement l'écosystème et les voies de migration des animaux. On ne devrait pas construire un mur juste en plein milieu d’un site classé au patrimoine de l’Unesco. Vous imaginez un tel mur dans Venise ou autour du Taj Mahal ? Alors pourquoi faire cela ici à Bialowieza ?", s'interroge Monika Matus, militante de "Grupa Granica" (groupe d'activistes qui aide les migrants à la frontière) et militante de "No to the wall" (groupe d'activistes qui s'oppose à la construction du mur)

Les gardes-frontières polonais admettent que la situation n'est pas encore totalement sous contrôle, d’autant qu’il faudra encore une quinzaine de jours avec que le mur ne soit totalement terminé.

"La construction de la barrière physique est pratiquement terminée. Les derniers travaux techniques sont encore en cours dans quelques sections. L'installation de la barrière électronique a commencé. Elle doit être opérationnelle dans deux mois. Il s’agit d’un système de capteurs et de caméras de surveillance. Un mois supplémentaire sera dédié à l’étalonnage de tous les systèmes. La situation s'est un peu calmée, même si chaque jour, nous arrêtons des personnes qui franchissent illégalement la frontière", détaille Anna Michalska, la porte-parole des gardes-frontières polonais.

Les activistes qui aident les migrants à la frontière affirment que le flux de personnes n'a pas diminué. Cependant, le nombre de nationalités serait en augmentation, notamment concernant les migrants en provenance d’Afrique.