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Vols à volonté, canapés : les stratégies originales (mais polluantes) des compagnies aériennes

Un avion de ligne de United Airlines décolle de la piste de l'aéroport international de Denver, le mardi 14 septembre 2021, à Denver.
Un avion de ligne de United Airlines décolle de la piste de l'aéroport international de Denver, le mardi 14 septembre 2021, à Denver. Tous droits réservés David Zalubowski/ AP
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Par Margaux Racaniere
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Une compagnie japonaise propose, pour un forfait mensuel, un logement au bord de la mer et des allez-retour illimités en avion pour Tokyo, 800 kilomètres plus loin.

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Critiquées pour leurs émissions de C02, affectées financièrement par la pandémie, puis par une vague de mouvements sociaux cet été, les compagnies aériennes sont en difficulté. Pour attirer de nouveaux clients et fidéliser les adeptes, elles sont forcées d'innover, pour le meilleur et pour le pire.

Selon l'association internationale du transport aérien (AITA), le secteur aurait subi des pertes de 190 milliards de dollars depuis la pandémie. Mais cet été, les voyages internationaux ont largement repris et certaines des dernières barrières au tourisme ont été levées.

Pour espérer retrouver leur rythme de croisière, les compagnies aériennes innovent, avec des solutions qui peuvent sembler anachroniques au vu des enjeux climatiques.

1 - Travailler à Tokyo, mais vivre au bord de la mer : la proposition de Star Flyer

Un sondage annuel réalisé par le cabinet de conseil McKinsey révèle que 58% des Américains ont l'opportunité de télétravailler au moins un jour par semaine.  Depuis la pandémie, le développement du télétravail a permis à de nombreuses personnes de s'éloigner des centre-villes pour aller chercher un meilleur cadre de vie.

Dans de nombreuses entreprises, une présence est malgré tout requise plusieurs heures ou plusieurs jours par semaine. Pour régler ce problème, la compagnie japonaise Star Flyer a décidé de proposer une offre tout-incluse, repérée par Bloomberg : un logement au bord de la mer à proximité de la ville de Fukuoka et des vols illimités pendant la semaine pour rejoindre Tokyo.

Selon les estimations du site My Climate, un allez-retour Tokyo-Fukuoka émet environ 0,396 tonnes de CO2. D'après les données de la banque mondiale, en 2019, un japonais moyen émettait 8,5 tonnes de Co2. Ainsi, même en n'effectuant qu'un allez-retour par semaine, il faudrait moins de six mois pour dépasser ce seuil, et ce, en ne prenant en compte que les déplacements.

Pour respecter les objectifs de l'Accord de Paris et maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C,  il faudrait tomber sous la barre de 2,3 tonnes de CO2 par personne et par an.

2 - Voler à volonté

Plusieurs compagnies aériennes ont commencé à proposer des offres à volonté pour les voyageurs réguliers. La compagnie néo-zélandaise Sounds Air, évoquée par Euronews Travel par exemple, a créé mis en vente un millier de tickets pour voyager de manière illimitée pendant trois mois pour 799 dollars néo-zélandais (498€).

Même constat aux États-Unis, la compagnie low-cost américaine "Frontier Airlines" a annoncé qu'elle allait lancer un pass annuel illimité à partir du printemps 2023. Une nouvelle qui a enflammé le forum FlyerTalk.com, dédié aux "fous des airs".

Bien sûr, ces offres ont précédé la pandémie de Covid-19, mais leur multiplication récente montre qu'il y a une demande, en dépit du coût environnemental.

3 - Rentabiliser les avions à moitié vides

Pour plus de confort en vol, la compagnie Air New Zealand propose un "canapé du ciel" : pour un surcoût, vous pouvez occuper toute une rangée de sièges, surmontée d'un matelas.

Toujours pour la plus grande joie des introvertis, la compagnie australienne Qantas propose de payer (moins que le prix d'un siège supplémentaire) pour s'assurer que le siège à côté de vous reste vide. Des services également pourvus par des compagnies comme Ethigad, Emirates ou Eurowings.

4 - Des vols sans passagers

Quand il n'était pas possible de voyager, certains avions ont pourtant continué à voler sans personne à bord.

La cause de ces vols sans passager en Europe ? Pour conserver leur place sur certains lignes et sur certains créneaux très recherchés, les compagnies aériennes devaient prouver à la Commission européenne qu'elles les utilisaient à plus de 80%. Un taux supprimé à partir de mars 2020, puis abaissé à 50% pendant l'hiver 2021-2022. Ce qui n'a pas empêché de nombreuses compagnies de faire décoller des avions "pour rien". D'après une enquête de The Guardian publiée fin septembre, depuis 2019, près de 35 000 vols commerciaux ont décollé avec moins de 10% des sièges occupés, et 5 000 sans aucun passager. Plus de 500 auraient décollé entre avril et juin 2022.

5 - Multiplier les compagnies low cost

La pandémie de Covid-19 a créé une ouverture pour les compagnies aériennes low cost. Près d'une dizaine d'entre elles a vu le jour depuis 2020, en particulier pour les vols domestiques américains et pour relier les États-Unis à l'Europe.

Breeze, Avelo, Play, Norse Atlantic Airways, Zipair et Arajet, par exemple, ont toutes commencé leurs opérations après le début de la pandémie.

Si d'un point de vue environnemental, les compagnies low cost remplissement plus leurs avions, et donc émettent moins de CO2 par voyageur, comme l'a montré une étude de l'Institut royal des technologies de Stokholm (KTH), leur prix bas rend accessible le voyage en avion à plus de passagers potentiels et ouvre donc la voie à plus de pollution.

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