Lituanie : le mur "anti-migrants" à la frontière bélarusse est terminé

Le mur de 679 kilomètres de long entre la Lituanie et le Bélarus.
Le mur de 679 kilomètres de long entre la Lituanie et le Bélarus. Tous droits réservés EVN
Par Euronews
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En réponse à l'afflux de migrants depuis le Bélarus, la Lituanie, tout comme la Pologne, a entamé la construction d'un mur le long de sa frontière. Il est aujourd'hui construit, l'enjeu est désormais de le protéger contre les dégradations.

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En réponse à l'afflux de migrants depuis le Bélarus, la Lituanie, tout comme la Pologne, a entamé la construction d'un mur le long de sa frontière. Il est désormais complet, mais d'importants systèmes de vidéosurveillance sont mis en place pour lutter contre les dégradations attribuées en partie aux gardes-frontières bélarusses.

L'armée lituanienne va bientôt arrêter de surveiller la frontière avec le Bélarus.

Maintenant que le pays a fini de construire une barrière physique et un système de vidéosurveillance sur plus de 500 kilomètres, les gardes-frontières vont pouvoir se débrouiller seuls. Un mur de 4 mètres de haut, dont 60 cm de barbelés a été construit depuis l'été.

Le gouvernement lituanien accuse les gardes-frontières bélarusses d'encourager le passage de migrants du Moyen-Orient vers la Lituanie. Ils seraient en plus responsables de dégradations sur le mur d'enceinte. En tout, 350 cas de dégradations ont été recensés par les gardes-frontières.

 "Récemment, nous avons remarqué que la barrière physique était endommagée précisément là où il n'y a actuellement aucun système de vidéosurveillance", précise Rimantas Petrauskas, adjoint au chef des gardes-frontières lituanien.

L'Union européenne a pris des sanctions en 2021 contre le Bélarus, en réaction à l'élection frauduleuse d'Alexandre Loukachenko. En représailles, Minsk aurait volontairement provoqué l'afflux de migrants du Moyen-Orient vers ses frontières avec l'UE. En tout, 4 200 personnes seraient arrivées illégalement en Lituanie depuis l'an dernier. 

Une situation similaire aux crises traversées par la Lettonie et la Pologne.

Détentions à la frontière

La crise à la frontière a entraîné des mesures radicales contre les demandeurs d'asile qui tentent d'entrer dans l'Union européenne. 

Fin novembre, une dizaine de migrants ont été refoulés à la frontière alors qu'ils étaient largement sous-équipés pour les températures de l'hiver lituanien, ils n'avaient pas de manteau ni même de chaussures. "Le fait que des gens arrivent à la frontière pieds nus n'est pas une raison suffisante pour les laisser entrer", a répondu la ministre de l'intérieur Agne Bilotaite. Un homme originaire du Sri Lanka aurait perdu une jambe à cause du froid dans le No man's Land entre le Belarus et la Lituanie.

Pendant l'été, le gouvernement lituanien a adopté une loi qui prévoit la détention automatique des personnes qui entrent illégalement sur le territoire lituanien. Cette loi a, depuis, été remise en cause par la cour de justice de l'Union européenne : "Le droit de l’Union s’oppose à la législation lituanienne en vertu de laquelle, en cas d’afflux massif d’étrangers, un demandeur d’asile peut être placé en rétention au seul motif qu’il se trouve en séjour irrégulier", écrit-elle. 

Le traitement des migrants à la frontière lituanienne a été dénoncé par plusieurs ONG dont Amnesty International qui dénonce des détentions arbitraires et des mauvais traitements.

D'après le ministre des Affaires intérieures du pays, en tout, plus de 10 000 migrants auraient été détenus depuis l'an dernier, alors qu'ils tentaient de pénétrer sur le territoire.

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