Quatre corps retrouvés dans l'immeuble effondré à Marseille, les recherches se poursuivent

Huit personnes "ne répondent pas aux appels" après l'effondrement d'un immeuble dans le centre de Marseille, le 9 avril 2023.
Huit personnes "ne répondent pas aux appels" après l'effondrement d'un immeuble dans le centre de Marseille, le 9 avril 2023. Tous droits réservés AP/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par euronews avec AFP
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Au lendemain de la gigantesque explosion qui a soufflé un immeuble de quatre étages à Marseille, les secours ont découvert quatre corps dans les décombres, sur huit personnes présumées disparues.

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Les marins-pompiers poursuivent leur "bataille contre le temps" lundi, au lendemain de l'effondrement d'un immeuble dans le centre de Marseille dont ils ont déjà retrouvé quatre corps, même si l'espoir de trouver des survivants s'amenuise peu à peu face à la réalité.

Seule bonne nouvelle lundi matin : la personne envisagée disparue dans un immeuble voisin de celui qui s'est effondré brutalement dans le centre de Marseille dimanche s'est elle "manifestée auprès de ses proches", a annoncé le parquet.

Lundi matin, un troisième puis un quatrième corps ont été découverts dans les décombres après les deux extraits dans la nuit. Aucune indication n'a été donnée sur l'identité de ces quatre victimes, que ce soit du côté des marins-pompiers, de la ville, du parquet ou du ministre du Logement, Olivier Klein, arrivé sur place en fin de matinée.

"J_usqu'au bout, nous croirons encore en cette capacité_" de trouver des personne vivantes sous les gravats, "même si les chances s’amenuisent d’heure en heure, évidemment", a déclaré Yannick Ohanessian, adjoint au maire à la Sécurité.

Quatre personnes sont désormais toujours portées disparues, après l'écroulement de l'immeuble situé au 17 rue de Tivoli, au cœur de Marseille, proche d'un quartier connu pour ses bars et restaurants. Une centaine de sauveteurs, aidés de chiens, de drones et de sondes thermiques, travaillent sans relâche, dans des conditions difficiles, avec un feu qui couve toujours sous les gravats.

Le feu n'a pas sévi dans toutes les parties, l'espoir existe qu'il y ait des personnes encore vivantes", avait affirmé tôt lundi le commandant des marins-pompiers de Marseille, le vice-amiral Lionel Mathieu, évoquant une "bataille contre le temps".

"Il reste de l'espoir et tant qu'il reste de l'espoir, nous ne nous arrêterons pas", avait affiché Benoît Payan, le maire de la deuxième ville de France, lors de ce même point-presse matinal.

La procureure de la République de Marseille Dominique Laurens avait indiqué dimanche soir que les secours cherchaient huit personnes présumées disparues dans l'immeuble du 17 rue de Tivoli, qui ne répondaient à "aucun appel" de leurs proches. Ce sont "des personnes d'un certain âge et un jeune couple d'une trentaine d'années", avait précisé la magistrate.

Le maire Benoît Payan a rappelé que ces chiffres devaient être pris avec précaution: "Nous ne pouvons pas affirmer s'il y avait des invités par exemple".

La chute du numéro 17 a entraîné quelques heures plus tard l'effondrement du 15, mais les habitants de ce dernier immeuble avaient tous été évacués. Cinq personnes avaient été blessées dans ce bâtiment.

Evacuation et solidarité

Au total, près de 200 personnes, dont des familles, ont été évacuées par précaution d'une trentaine d'immeubles alentours. Pour les enfants du quartier, l'école reprendra mardi après le week-end de Pâques, mais sans pouvoir rentrer à la maison habituelle.

Les élèves de l'école élémentaire Franklin-Roosevelt, située rue de Tivoli, ne retrouveront par contre pas leurs classes habituelles, ce bâtiment ayant été réquisitionné par les marins-pompiers pour installer leur poste de commandement.

Comme souvent dans cette ville, la solidarité s'est organisée. De nombreuses associations de parents d'élèves du quartier et des habitants se sont mobilisés pour proposer hébergement, vêtements et aide psychologique aux personnes évacuées par précaution d'immeubles environnants.

Dans une ville marquée ces dernières semaines par la multiplication de fusillades mortelles liées au narcotrafic ayant coûté la vie à plusieurs jeunes des arrondissements populaires, l'effondrement de l'immeuble du 17 rue de Tivoli, dans un quartier résidentiel, proche de rues aux cafés et restaurants très animés, a causé un nouveau choc.

L'enquête se poursuit pour déterminer les causes de l'explosion, une fuite de gaz faisant partie des pistes, selon les autorités.

"La déflagration a été ressentie partout dans la ville et encore plus ici dans le quartier du Camas, où l'impact a été considérable", a précisé lundi M. Ohanessian: "ça a été d'une violence inouïe, et à ce titre cela a fait bouger potentiellement les bâtiments adjacents, donc il faut être vigilants".

Cause indéterminée

La cause de l'explosion était dimanche en fin de journée "impossible" à établir, selon la procureure, notamment en raison de l'impossibilité pour les experts judiciaires d'accéder au site non-sécurisé.

Mais "le gaz fait partie bien évidemment des pistes", a-t-elle indiqué, comme avant elle le préfet des Bouches-du-Rhône ou l'adjoint chargé de la sécurité à la mairie de Marseille, Yannick Ohanessian, selon qui plusieurs témoins ont évoqué des "odeurs suspectes de gaz".

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"On a très vite senti une forte odeur de gaz, qui est restée et qu'on a encore sentie ce matin", a ainsi indiqué à l'AFP Savera Mosnier, habitante d'une rue proche.

Pas d'insalubrité

Toutes les sources insistent donc sur la différence avec un précédent effondrement de deux immeubles, insalubres ceux-là, en novembre 2018, rue d'Aubagne, dans un autre quartier du centre de Marseille.

Ce drame avait fait huit morts et traumatisé la population, suscitant une vague d'indignation contre le mal-logement dans cette ville où 40.000 personnes vivent dans des taudis, selon des ONG.

"Ce ne sont pas du tout des immeubles insalubres", a souligné la procureure, alors que M. Payan martelait que "faire le parallèle (avec la rue d'Aubagne, NDLR) serait irresponsable".

Marseille a connu plusieurs effondrements mortels d'immeubles ces 40 dernières années.

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Le 11 janvier 1981, l'écroulement d'un bâtiment a fait huit morts et 16 blessées dans le quartier pauvre du Canet.

Cinq personnes ont péri en 1985 dans l'explosion accidentelle d'un immeuble près du boulevard du Prado et le 20 juillet 1996, une explosion due au gaz a soufflé un immeuble de sept étages près de la gare, faisant quatre morts et 26 blessés.

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