"L'enfer sur terre" : la situation humanitaire se dégrade à Gaza

Pluies torrentielles à Gaza
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Par Euronews avec AFP, AP
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Philippe Lazzarini, le Commissaire-général de l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, a décrit mardi la situation à Gaza "d'enfer sur terre".

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La guerre entre Israël et le Hamas est entrée mercredi dans son 68e jour, alors que les frappes aériennes et les combats au sol se poursuivent, en particulier à Khan Younès et Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ainsi que dans la ville de Gaza au nord. 

"C'est l'enfer sur terre", a déclaré mardi Philippe Lazzarini, le Commissaire-général de l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, l'UNRWA, de retour de l'enclave palestinienne. 

"Rien ne nous arrêtera"

"Rien nous ne arrêtera" sur le chemin de "la victoire" dans la guerre contre le Hamas, ni la mort de soldats ni "les pressions internationales" en faveur d'un cessez-le-feu, a déclaré le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.

Son chef de la diplomatie, Eli Cohen, a lui affirmé que son pays poursuivrait la guerre "avec ou sans soutien international".

L'armée israélienne a annoncé mercredi la mort de 115 soldats à Gaza depuis le 27 octobre.

Les militants palestiniens ont mené l’une des attaques les plus meurtrières contre les soldats israéliens depuis le début de l’invasion de Gaza, tuant au moins neuf militaires dans une embuscade urbaine, a déclaré mercredi l’armée.

"Illusion"

De son côté, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh a qualifié d'"illusion" mercredi toute solution politique dans la bande de Gaza sans la participation des "mouvements de résistance" palestiniens.

"Tout arrangement à Gaza ou concernant la cause palestinienne sans le Hamas ou les mouvements de résistance est une illusion", a déclaré Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, dans un discours télévisé.

Ses commentaires répondaient aux déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a exclu mardi "l'entrée dans Gaza de ceux qui éduquent au terrorisme, soutiennent le terrorisme et financent le terrorisme", en allusion au Hamas auquel Israël livre une guerre depuis le 7 octobre.

Ismaïl Haniyeh a cependant souligné qu'il était disposé à discuter d'un "arrêt de l'agression à Gaza" et de "remettre la maison palestinienne en ordre à la fois en Cisjordanie et dans la bande de Gaza".

Le Hamas, selon lui, est prêt à des discussions "sur une voie politique qui assurera le droit du peuple palestinien à un Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale".

Le conseiller de Biden en Israël

Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Joe Biden, se rend jeudi et vendredi en Israël pour rencontrer M. Netanyahu, son "cabinet de guerre" et le président israélien, Isaac Herzog.

Fervent soutien d'Israël, Joe Biden a critiqué mardi de manière inédite le gouvernement israélien pour son opposition à une solution "à deux Etats" du conflit avec les Palestiniens, et l'a mis en garde contre une érosion du soutien international à cause des "bombardements aveugles" à Gaza.

"Nous avons des préoccupations et nous les avons exprimées sur l'offensive militaire" israélienne à Gaza et sur son impact sur la population civile, a dit mercredi un porte-parole de la Maison Blanche.

Sanctions contre des colons "extrémistes"

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est dite favorable à des sanctions contre les colons "extrémistes" en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Selon l'ONG Human Rights Watch, les violences commises par des colons contre des Palestiniens en Cisjordanie se sont multipliées depuis le 7 octobre.

Siège de l'hôpital Kamal Adwan

Le ministère de la Santé du Hamas a accusé l'armée israélienne d'avoir renforcé le siège de l'hôpital Kamal Adwan dans le nord du territoire palestinien, et d'avoir "tiré sur les chambres des patients".

Mardi, le Hamas avait déclaré qu'Israël avait lancé un assaut contre l'établissement "assiégé et bombardé" depuis plusieurs jours.

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Israël accuse régulièrement le Hamas d'utiliser des hôpitaux, des écoles et des mosquées pour abriter des installations militaires, ce qu'il dément.

Aide humanitaire

Le ministère de la Santé du Hamas a mis en garde contre un "épuisement des stocks de vaccins" pour enfants.

Cette pénurie "aurait des répercussions catastrophiques sur la santé des enfants et la propagation des maladies, en particulier parmi les déplacés qui vivent dans des camps surpeuplés".

Le Cogat, l'organe israélien du ministère de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, a affirmé mercredi que 195 camions d'aide humanitaire étaient entrés la veille dans le territoire assiégée, en hausse comparé aux jours précédents.

18 608 morts

Selon Israël, 1.200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans l'attaque du 7 octobre perpétrée par des commandos du Hamas. Environ 240 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza. Au total, il reste 135 otages à Gaza, y compris des corps, d'après l'armée. Une centaine de personnes ont été libérées dans le cadre d'une trêve fin novembre en échange de prisonniers palestiniens incarcérés par Israël.

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Après l'attaque du 7 octobre, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas, pilonnant le territoire palestinien, l'assiégeant et menant, depuis le 27 octobre, une vaste opération terrestre.

Le ministère de la Santé du Hamas a fait état mercredi de 18.608 morts dans les bombardements israéliens, majoritairement des femmes, des enfants et des moins de 18 ans.

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