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Les clés pour comprendre le risque de paralysie du gouvernement américain le 1er octobre

Le président américain Joe Biden a déclaré que le financement du gouvernement était "l'une des responsabilités les plus fondamentales du Congrès"
Le président américain Joe Biden a déclaré que le financement du gouvernement était "l'une des responsabilités les plus fondamentales du Congrès" Tous droits réservés JIM WATSON
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Par Heloise Urvoy avec AP
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Aux États-Unis, si le Congrès ne parvient pas à un accord d'ici à samedi minuit, les activités gouvernementales seront paralysées.

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Le Congrès américain doit adopter un projet de loi portant sur le financement à court terme des agences gouvernementales. Il lui reste à peine quelques jours pour y parvenir, sinon les activités du gouvernement fédéral devront cesser. Néanmoins, l'option de la résolution dite "de continuation" permettrait de les financer jusqu'au 17 novembre. Cela pourrait laisser suffisamment de temps à la Chambre des représentants et au Sénat pour voter les douze projets de loi de finances qui encadreront des dépenses d'un montant d'environ 6 000 milliards de dollars au cours du prochain exercice budgétaire.

Exploiter ce moment récurrent pour le gouvernement fédéral à des fins politiques est une tradition pour les démocrates et les républicains aux États-Unis.

Pourquoi le gouvernement américain se dirige-t-il vers un "shutdown" ?

Comme la vingtaine de fois où cela s'est produit - et les nombreuses autres fois où cela a failli se produire - les législateurs américains, aussi bien à la Chambre des représentants qu'au Sénat, ne parviennent pas à adopter une législation commune nécessaire au financement du gouvernement fédéral et de ses différentes agences, notamment en matière de défense et de sécurité intérieure.

Il s'agit principalement de désaccords partisans, les républicains et les démocrates ne pouvant pas, ou ne voulant pas, faire de compromis.

La Chambre des représentants est majoritairement républicaine tandis que les démocrates ont la main mise sur le Sénat.

Cette fois-ci, Kevin McCarthy, le président de la Chambre, tente de faire adopter une mesure que les républicains les plus intransigeants réclament depuis un certain temps : une forte réduction des dépenses fédérales (environ 8%), associée à un renforcement des mesures de sécurité aux frontières. Les démocrates refusent de voter en faveur de ce paquet. Même certains législateurs républicains le jugent trop extrême.

Au Sénat, un paquet bipartisan est en cours de préparation pour financer temporairement le gouvernement. Il maintiendrait le financement à son niveau actuel et comprendrait un fonds de soutien national de 6 milliards de dollars, ainsi qu'un montant équivalent pour aider l'Ukraine dans son effort de guerre.

De nombreux républicains ont exprimé leur refus de continuer à soutenir l'Ukraine, arguant que ces montants seraient mieux dépensés s'ils bénéficiaient directement aux contribuables américains. Leur position met en lumière les difficultés à venir sur la question de l'Ukraine quand, au final, un budget fédéral sera nécessairement adopté.

Il y a quelques mois, Kevin McCarthy et le président Joe Biden ont conclu un accord bipartisan qui a évité de justesse, une crise budgétaire similaire à celle qui semble imminente.

Les républicains intransigeants qui n'étaient pas satisfaits de cet accord refusent cette fois, de faire des compromis. L'ancien président Donald Trump les a exhortés à rester sur leurs positions ou à "tout arrêter".

Que va-t-il se passer ?

Le temps presse et il est probable que, vendredi soir, les législateurs avertiront les services concernés qu'ils doivent se préparer à une fermeture du gouvernement.

Certains espèrent une résolution "de continuation" qui repousserait la date limite à la mi-novembre et permettrait ainsi, de gagner du temps, mais les principaux points de désaccord subsisteraient. Les républicains et les démocrates devront finalement trouver un compromis, y compris dans leurs propres rangs, pour maintenir le financement et le fonctionnement du gouvernement.

Derrière chaque négociation budgétaire se cache la question de la dette nationale qui jette une ombre immense sur les débats. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la dette brute des États-Unis représente plus de 120% du PIB du pays. À titre de comparaison, dans l'Union européenne, la dette publique est en moyenne de 84%.

La dette américaine a plus que doublé au cours des 30 dernières années et devrait encore faire de même au cours des trois prochaines décennies. Ramenée à chaque citoyen américain, elle s'élève presque à 100 000 dollars (95 000 euros). Compte tenu du salaire moyen, les Américains devraient travailler gratuitement pendant environ un an et demi pour rembourser la dette de l'État, qui risque d'augmenter entre-temps.

Qui sera touché par la fermeture imminente ?

Le gouvernement fédéral a ses propres plans de fermeture qu'il sort des tiroirs à chaque fois que le pays est au bord du "shutdown".

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Bien qu'il incombe au Congrès de financer le gouvernement, les législateurs ne cessent pas d'être payés lorsqu'ils ne parviennent pas à s'acquitter de leur tâche. En revanche, les quatre millions d'employés fédéraux, y compris les militaires, sont plongés dans l'incertitude. Leur salaire sera suspendu et certains d'entre eux seront mis au chômage technique pendant toute la durée de la fermeture. D'autres, considérés comme essentiels, devront continuer à travailler, comme les policiers. Aucun d'entre eux ne sera payé pendant l'arrêt des activités gouvernementales.

Pour beaucoup d'entre eux, cela pourrait porter un coup dur à leurs économies, comme cela s'est produit lors de la fermeture record qui avait duré 35 jours en 2018-2019.

L'absence de salaire signifie que les remboursements des emprunts et les dettes de cartes de crédit ne sont pas honorés et que la consommation est maintenue au niveau minimum. Même l'économie la plus forte du monde pourrait en ressentir les effets.

Un "shutdown" pourrait menacer des programmes fédéraux cruciaux comme les prêts aux petites entreprises, l'aide aux locataires à faible revenu, l'aide alimentaire pour les enfants et les programmes de soutien aux étudiants.

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La dernière paralysie fédérale a coûté des milliards de dollars à l'ensemble de l'économie américaine. Le Congressional Budget Office (CBO) a estimé que la fermeture partielle du gouvernement pendant 35 jours en 2018-2019 avait réduit la performance économique de 11 milliards de dollars (9,5 milliards d'euros) dans les six mois qui avaient suivi.

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