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FMI : le conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner une hausse de l'inflation en Europe

Des Palestiniens se promènent parmi les débris de bâtiments qui ont été ciblés par des frappes aériennes israéliennes dans le camp de réfugiés de Jabaliya, au nord de la bande de Gaza, mercredi 1er novembre 2023\.
Des Palestiniens se promènent parmi les débris de bâtiments qui ont été ciblés par des frappes aériennes israéliennes dans le camp de réfugiés de Jabaliya, au nord de la bande de Gaza, mercredi 1er novembre 2023\. Tous droits réservés AP Photo
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Par Angela Barnes
Publié le
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que le conflit au Moyen-Orient entre le Hamas et Israël pourrait faire grimper l'inflation, alors que les banques centrales poursuivent leur lutte pour la réduire.

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Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, Alfred Kammer, directeur du département européen du FMI, a annoncé que l'inflation pourrait partir à la hausse.

"Le conflit entre Israël et Gaza a déjà eu un impact sur les prix de l'énergie, ce qui pourrait entraîner une hausse de l'inflation en Europe de manière plus générale", a-t-il indiqué,  lors d'une réunion qui coïncidait avec la publication du nouveau rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales pour l'Europe.

Interrogé par Euronews,Alfred Kammer explique que "l'impact initial sur les prix du pétrole s'est maintenant complètement inversé. Nous avons constaté une augmentation des prix du gaz naturel de 10 %. Le conflit a eu jusqu'à présent un impact limité sur les économies européennes en ce qui concerne les prix. L'impact futur dépendra de la durée et de l'intensité du conflit au Moyen-Orient".

"S'il se poursuit comme nous le voyons, l'impact restera limité sur l'Europe. En ce qui concerne les prix de l'énergie, quelque chose s'est produit, mais pas de manière spectaculaire", ajoute-t-il. .

À l'heure où nous écrivons ces lignes, mardi 7 novembre, le pétrole brut Brent s'échangeait contre 3,05 % à 82 dollars le baril, tandis que le pétrole brut américain perdait 3,17 % à 78 dollars le baril, loin des niveaux de 100 dollars observés en février et mars 2022 après le début du conflit entre l'Ukraine et la Russie.

Les investisseurs continuent donc de surveiller attentivement l'évolution des prix en raison des conséquences d'une hausse potentielle des prix du pétrole sur la lutte contre l'inflation.

Une "croissance plate" en 2023 et une "reprise terne" en 2024

Lors de la réunion à Bruxelles, Alfred Kammer a également été questionné sur la possibilité d'une récession technique dans la zone euro.

"Nous ne prévoyons pas de récession dans la zone euro dans nos projections. Nous prévoyons une croissance stable en 2023 et une reprise timide en 2024", assure-t-il. 

Il a également noté que le continent avait surmonté la pandémie de COVID-19 et résisté mieux que prévu au choc énergétique provoqué par la guerre.

"La croissance ralentit cette année, en partie parce que les banques centrales ont relevé les taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation élevée provoquée par les chocs énergétiques et alimentaires. L'inflation a été maîtrisée et la majeure partie de l'Europe ne devrait pas entrer en récession", affirme-t-il. 

Alfred Kammer a également noté des vents contraires à la croissance économique, notamment la fragmentation géoéconomique et les prix élevés de l'énergie.

"Ceux-ci s'ajoutent à des vents contraires plus anciens, liés à la faible croissance de la productivité et au vieillissement de la main-d'œuvre. Les transitions verte et numérique posent des défis supplémentaires. Tout cela survient alors que les amortisseurs budgétaires ont été épuisés", précise-t-il. 

Perspectives économiques régionales pour l'Europe

Ces défis constituent les principaux thèmes des nouvelles "Perspectives économiques régionales pour l'Europe du FMI", publiées le mercredi 8 novembre.

"Les perspectives pour l'Europe sont celles d'un atterrissage en douceur, avec une baisse progressive de l'inflation. La croissance dans l'ensemble de la région devrait ralentir à 1,3 % en 2023, contre 2,7 % l'année dernière, et s'améliorer à 1,5 % en 2024. Au sein des économies européennes avancées, les économies axées sur les services se redresseront plus rapidement que celles dont le secteur manufacturier est relativement plus important, qui sont confrontées à une faible demande extérieure et sont plus exposées aux prix élevés de l'énergie", indique le rapport du FMI.

De même, le rapport indique que les économies de marché émergentes européennes connaîtront une légère reprise en 2024. Toutefois, l'ampleur de cette reprise variera d'un pays à l'autre en fonction de l'intensité énergétique de la production, de l'orientation du secteur des services et, en particulier pour les pays les plus à l'est, de la perturbation des relations commerciales avec la Russie.

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Le rapport souligne également que la politique monétaire approche de la fin du cycle de resserrement (un relèvement des taux et la diminution des liquidités constituent une politique de resserrement monétaire), et qu'un assainissement budgétaire modéré est prévu pour 2023, avec une accélération en 2024.

"Bien que la robustesse de l'économie américaine constitue un soutien important à la demande mondiale, le ralentissement de l'activité en Chine, les chocs supplémentaires sur les prix des produits de base et la matérialisation des risques pour la stabilité financière constituent d'importants risques de baisse de la croissance. Le resserrement de la politique monétaire a augmenté les coûts du crédit et affaibli les bilans immobiliers des ménages et des entreprises. Même si les réserves de capitaux des banques sont saines, elles pourraient être mises à rude épreuve dans un scénario défavorable", souligne également le rapport.

En outre, le FMI annonce que la reprise prévue des revenus réels et "des marchés du travail encore solides" ralentiront le rythme de la désinflation - et a ajouté que la plupart des pays ne devraient pas atteindre leurs objectifs en matière d'inflation avant 2025.

"Une croissance soutenue des salaires nominaux supérieure à l'inflation et aux taux de croissance de la productivité constitue un risque majeur pour la désinflation, en particulier dans les économies de marché émergentes européennes. L'inflation pourrait s'enraciner, ce qui nécessiterait un resserrement supplémentaire de la politique et pourrait conduire à une stagflation", précise aussi le rapport.

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