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La Banque centrale européenne abaisse ses taux d'intérêt, conformément aux prévisions

Photo d'archives de la sculpture de l'euro devant le bâtiment de la Banque centrale européenne à Francfort.
Photo d'archives de la sculpture de l'euro devant le bâtiment de la Banque centrale européenne à Francfort. Tous droits réservés AP
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Par Angela BarnesPiero Cingari
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Cet article a été initialement publié en anglais

La Banque centrale européenne (BCE) a réduit ses taux d'intérêt de 25 points de base ce jeudi, comme l'attendaient les analystes.

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La BCE a réduit son taux principal de refinancement à 4,25 %, le taux de prêt marginal à 4,50 % et le taux de dépôt à 3,75 %, comme l'avaient largement annoncé ses responsables politiques ces dernières semaines.

Il s'agit de la première baisse depuis mars 2016 pour le taux des opérations principales de refinancement et le taux de prêt marginal, tandis que pour le taux de dépôt, il s'agit de la première réduction depuis septembre 2019.

Pourquoi la BCE a-t-elle réduit ses taux d'intérêt ?

La hausse globale mise en œuvre par Francfort entre juillet 2022 et septembre 2023 a contribué à faire baisser le taux d'inflation global dans la zone euro d'un pic de 10,6 % en octobre 2022 à 2,6 % en mai 2024.

Bien que l'inflation n'ait pas encore complètement atteint l'objectif de 2 %, sa diminution substantielle signale une tendance à la baisse qui devrait persister dans les mois à venir.

Selon les dernières projections de la BCE datant de mars 2024, le taux d'inflation moyen devrait tomber à 2 % en 2025 et à 1,9 % en 2026. Quant à l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l'énergie et des denrées alimentaires, les projections la situent à 2,1 % en 2025 et à 2,0 % en 2026.

Cette réduction continuera également à maintenir des taux d'intérêt réels positifs, puisque les taux nominaux resteront supérieurs au taux d'inflation actuel. Elle indique donc une réduction du degré de restriction de la politique monétaire, plutôt qu'une normalisation plus large.

Le coût élevé et croissant des emprunts a entraîné un ralentissement de la croissance économique de l'Union, limitant la demande et freinant les pressions sur les prix.

Alors que l'économie de la zone euro a progressé de 0,3 % au premier trimestre 2024, les deux trimestres précédents ont été marqués par des contractions de 0,1 %. Le deuxième trimestre 2023 a connu une légère croissance de 0,1 %, tandis que le premier trimestre 2023 et le dernier trimestre 2022 ont été marqués par une stagnation.

La BCE continuera-t-elle à réduire ses taux après juin ?

Les récentes déclarations des responsables de la BCE suggèrent qu'il n'y aura pas d'engagement préalable à de futures baisses après le mois de juin.

Cela signifie qu'une nouvelle baisse des taux en juillet reste incertaine, la BCE souhaitant conserver une certaine flexibilité dans ses décisions et continuer à surveiller les données économiques.

L'inflation dans la zone euro a légèrement augmenté en mai, atteignant 2,6 %, au-dessus des 2,5 % attendus, tandis que l'inflation de base a augmenté à 2,9 %, contre 2,7 % en avril.

Les nouvelles projections économiques de juin pourraient suggérer un léger ajustement à la hausse de la croissance économique et de l'inflation pour 2024, tout en maintenant inchangée la prévision d'inflation de 2 % pour 2025.

Quels sont les risques d'une baisse trop importante ou trop faible des taux ?

La BCE est confrontée au défi de trouver un équilibre entre les risques d'une baisse trop importante des taux et ceux d'une baisse trop faible.

Si Francfort assouplit sa politique monétaire trop rapidement et de manière trop importante, la demande des consommateurs et l'investissement s'en trouveront probablement stimulés. Toutefois, cela risquerait également de raviver les pressions inflationnistes avant que l'objectif de 2 % ne soit pleinement atteint.

La BCE s'exposerait aux incertitudes liées aux prix de l'énergie et aux tensions géopolitiques avec des marges de manœuvre réduites, ce qui pourrait avoir des effets indésirables sur la dynamique des prix.

En outre, alors que la présidente Christine Lagarde a souligné que la BCE est "dépendante des données et non de la Fed", une divergence entre les politiques des deux principales banques centrales du monde pourrait avoir des conséquences financières importantes, en particulier sur les taux de change.

Des baisses de taux agressives de la part de la BCE alors que la Fed maintient des taux d'intérêt plus élevés exerceraient une forte pression à la baisse sur l'euro par rapport au dollar, ce qui risquerait de renforcer la pression à la hausse sur les prix des biens et des services importés.

À l'inverse, si Francfort maintient trop longtemps une politique monétaire restrictive et réduit ses taux moins que ce que le marché attend actuellement, elle risque d'étouffer la croissance économique de la zone euro et de creuser l'écart avec les États-Unis.

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