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La France se rapproche de l'interdiction de l'écriture inclusive

Le Sénat français
Le Sénat français Tous droits réservés canva @daboost
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Par Katy Dartford avec AFP, AP
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Les auteurs de la loi, qui concerne les communications officielles en France, estiment que l'usage du point médian est "un obstacle à la compréhension et à la facilité de lecture".

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Le Sénat français a voté en faveur d'une proposition de loi interdisant l'utilisation de termes incluant le genre dans les communications officielles, en France.

Les députés vont maintenant devoir voter sur la loi, bien qu'aucune date n'ait été annoncée pour le moment.

Lundi, Emmanuel Macron a exhorté la France à "ne pas céder aux marées du temps" et à rejeter l'écriture inclusive de genre, afin de sauvegarder la langue française.

"Dans cette langue, le masculin est le neutre. Il n'y a pas besoin d'ajouter des points au milieu des mots, ni des traits d'union, ni quoi que ce soit d'autre pour que ce soit lisible", a affirme le président français lors de l'inauguration d'un nouveau centre de langues dans la ville de Villers-Cotterêts, près de Paris.

Le français est une langue qui "construit l'unité de la nation", déclare Emmanuel Macron.

"Nous devons permettre à cette langue de vivre, de s'inspirer des autres, de voler des mots, y compris à l'autre bout du monde (...) de continuer à inventer, mais aussi de garder ses fondements, les fondements de sa grammaire".

Emmanuel Macron inaugurates the Cité internationale de la langue française in the Aisne region, northern France.
Emmanuel Macron inaugurates the Cité internationale de la langue française in the Aisne region, northern France.CHRISTIAN HARTMANN/AFP

La décision du Sénat fait suite à un débat de longue date entre les puristes de la langue de droite et la gauche et les féministes.

L'écriture inclusive double les marque de genre avec l'objectif d'éviter les stéréotypes. 

Par exemple : "président.e.s" (président), sénateur.rice.s (sénateurs) et cher.e.s lecteur.rice.s (cher lecteur).

La langue en question comprend également :

  • iel pour remplacer les pronoms il et elle.
  • Celleux, utilisé pour les pronoms ceux et celles.

La loi interdirait ce type de langage sur le lieu de travail, dans la publicité et dans les contrats "chaque fois que la législation (ou les organismes de réglementation) exige qu'un texte soit rédigé en français".

L'épouse du président français, Brigitte Macron, et l'Académie française s'insurgent depuis longtemps contre ce qu'ils considèrent comme un "abus barbare de la syntaxe".

"Il existe deux pronoms: il et elle", affirme Emmanuel Macron. "La langue est belle. Et deux pronoms, c'est très bien".

Un obstacle à la compréhension

L'interdiction a été proposée par Pascale Gruny, sénateur du parti "Les Républicains" pour l'Aisne. L'élue a refusé d'utiliser le terme "sénatrice".

Selon Pascale Gruny, l'écriture inclusive risque de rendre la langue moins accessible aux personnes ayant des difficultés de lecture et d'écriture, ou souffrant d'un handicap et qu'elle représentait une "idéologie qui mettait en péril la clarté de notre langue".

En 2021, l'Académie française a défendu ce point de vue dans une lettre ouverte décourageant l'utilisation de ce type de langage.

"Outre le fait qu'elle ne correspond pas à la langue parlée, elle impose essentiellement une seconde langue dont la complexité pénalise les personnes souffrant de handicaps cognitifs, tels que la dyslexie, la dyspraxie ou l'apraxie".

"En fin de compte, cette tentative de rendre les choses plus justes ne fait que renforcer l'inégalité".

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Sur X (anciennement Twitter), Marine Le Pen, présidente du "Rassemblement national", a soutenu l'interdiction, affirmant que la langue française est un trésor qui "doit être protégé contre le wokisme, dont le langage inclusif est une autre manifestation sinistre et grotesque".

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