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Décision inédite : un fleuve équatorien obtient le droit de ne pas être pollué

La rivière traverse la capitale de l'Équateur, Quito.
La rivière traverse la capitale de l'Équateur, Quito. Tous droits réservés Canva
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Par Angela Symons avec APTN
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Un tribunal a jugé que la pollution violait les droits d'une rivière qui traverse la capitale de l'Équateur, Quito.

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Ce dimanche, un tribunal équatorien a tranché en faveur d'un fleuve traversant la capitale, Quito, reconnaissant son droit à ne pas subir les dommages de la pollution.

La décision, dont la municipalité de Quito a fait appel, se base sur un article de la Constitution équatorienne reconnaissant les droits d'éléments naturels, en l'occurrence le fleuve Machángara.

Les militants qui avaient déposé la plainte ont qualifié ce jugement d'"historique".

"C'est une décision historique, parce que le fleuve traverse Quito de part en part et qu'en raison de son influence, les gens vivent très près de lui", affirme Darío Iza, dont l'association Kitu Kara a porté plainte au nom du fleuve.

Dans cette affaire, le tribunal a précisé que l'appel n'aurait pas d'effet suspensif, autrement dit, la municipalité devra d'ores et déjà présenter un plan d'assainissement du Machángara, sans attendre le rendu de la décision en deuxième instance.

Pourquoi le Machángara doit-il être sauvé ?

La capitale de 2,6 millions d'habitants est à l'origine d'une pollution notoire du cours d'eau, déversant toutes sortes de substancescontaminantes dans le Machángara, qui prend sa source dans les Andes. Lorsque le fleuve traverse Quito, celui-ci subit notamment la quasi absence totale de traitement des eaux usées qui y sont déversées.

"Selon l'Alliance mondiale pour les droits de la nature (GARN), le fleuve charrie des tonnes de déchets qui descendent des ravins et des flancs des collines.

Le fleuveprésente un taux de 2 % d'oxygène en moyenne, ce qui rend difficile le développement de la vie aquatique.

Dans certaines régions d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, les habitants peuvent avoir des droits constitutionnels à un environnement propre, mais l'Équateur est l'un des rares pays à reconnaître les droits des éléments naturels à ne pas être dégradés ou pollués.

Une "victoire historique" pour le Machángara

Les associations de défense de l'environnement se sont félicités de cette décision de justice, à l'instar du GARN, qui se réjouit d'une "victoire historique pour les #Droitsdelanature" et du fait que le Machángara en Équateur soit "reconnu comme un sujet de droits".

"Cette décision représente une percée dans la protection et la décontaminationde l'un des fleuves les plus vulnérables du pays", ajoute l'association.

"La municipalité a été jugée responsable de violations des droitset doit maintenant établir un plan spécifique pour la décontamination du fleuve Machángara, comprenant des mesures concrètes et garantissant la participation active de la population."

"Aujourd'hui, nous célébrons une grande nouvelle : le fleuve Machángara en Équateur a été reconnu comme un sujet de droit. Nous rêvons d'une rivière propre, comme elle l'était autrefois", conclut un porte-parole de l'ONG de défense de l'environnement CEDENMA.

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