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En cas de rupture du gaz russe "l'Europe en paierait le prix cher"

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Par Stefan Grobe  & Euronews
En cas de rupture du gaz russe "l'Europe en paierait le prix cher"
Tous droits réservés  Andriy Dubchak/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

La crise ukrainienne franchit un nouveau palier. Le président américain a annoncé le déploiement de 3 000 soldats en Europe de l'Est qui seront positionnés en Pologne et en Roumanie selon le Pentagone.

Dans l'UE tous les Etats membres ne souhaitent pas s'engager de la même façon auprès de Kiev. L'Allemagne est particulièrement pointée du doigt. Berlin refuse d'envoyer à l'Ukraine des armes de défense et de mettre dans la balance le gazoduc Nord Stream 2 comme potentielle sanction en cas d'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Les autorités allemandes et d'autre voix craignent que des sanctions trop dures contre Moscou menacent la sécurité énergétique de l'UE.

L'institut Bruegel, un centre de réflexion économique, estime qu'en cas de suspension de l'approvisionnement en gaz russe, l'Europe pourrait se retrouver face à une crise de l'énergie semblable à celle des années 1970 avec des perturbations sévères pour l'économie. Euronews a interrogé Simone Tagliapietra, chercheur à l'institut Bruegel et l'un des auteurs du rapport.

**Euronews :
**Que se passerait-il si la Russie arrêtait de fournir du gaz? Combien de temps l'Europe pourrait-elle tenir ?

**Simone Tagliapietra :
**C'est la question de ces derniers jours. La Russie fournit 40% de la consommation du gaz européen, il sera donc difficile pour l'Europe de faire face à une interruption complète de l'approvisionnement russe. Cela nécessiterait différentes interventions tant du côté de l'offre que de la demande. L'Europe en paierait le prix cher.

Euronews :
Est-ce que le gaz russe peut-être remplacé par d'autres fournisseurs comme la Norvège, l'Algérie ou le Qatar ?

Simone Tagliapietra :
Question simple, réponse simple : malheureusement non. L'Europe dispose de capacités d'importation de ces fournisseurs comme l'Algérie, la Norvège et d'autres mais pour compenser les énormes volumes de gaz russe cela ne sera pas suffisant. La seule option viable c'est le gaz naturel liquéfié. Mais encore une fois, les capacités pour ce gaz sont pratiquement utilisées à leur maximum. Donc le problème n'est pas comment l'Europe peut importer plus, nous avons de nombreuses infrastructures. Le problème c'est la disponibilité des molécules de côté des producteurs et c'est là où se trouve le goulot d'étranglement. Peut-être que le Qatar peut produire plus et exporter plus vers l'Europe. Peut-être que les Etats-Unis peuvent faire plus, mais ces volumes ne remplaceront pas l'ensemble du gaz russe.

Stefan Sauer/AP Photo
Le gazoduc Nord Stream 2 relie directement la Russie à l'AllemagneStefan Sauer/AP Photo

**Euronews :
**Quel serait le coût pour l'économie de l'Union européenne?

**Simone Tagliapietra :
**Le coût serait important. Il y aurait une chose douloureuse à faire : réduire la consommation de gaz dans l'industrie, fermer des usines un certain nombre de jour pour répondre aux volumes de gaz disponible pour le chauffage domestique qui est prioritaire. Cela serait douloureux d'un point de vue économique et cela pourrait véritablement stopper la reprise de l'économie européenne que nous observons.

Euronews :
Que peut faire l'Europe pour préparer le scénario du pire?

**Simone Tagliapietra :
**Ce que l'Europe doit faire c'est préparer des plans d'urgence afin de disposer d'une gestion de la réduction en commençant par certaines industries qui ne sont pas, dirons-nous, stratégiques et puis continuer cette baisse en fonction des nécessités. Voilà ce qu'il faut faire. Nous serions confrontés à une situation d'urgence en cas d'interruption complète de l'approvisionnement et pour cela nous avons besoin de plans d'urgence.