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En Ukraine "les victimes et les survivants ont une demande pressante de justice"

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Par Stefan Grobe  & Euronews
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Les Ukrainiens veulent que justice soit rendue
Les Ukrainiens veulent que justice soit rendue   -   Tous droits réservés  Efrem Lukatsky/AP   -   Euronews

Des enquêtes sont en cours en Ukraine concernant des accusations de crime de guerre. Le temps presse pour les enquêteurs afin de collecter des preuves et les déclarations des témoins.

C'est la mission que se fixe Amnesty International depuis plusieurs semaines. Son rapport, publié récemment, fournit des témoignages sur des meurtres commis par les forces Russes. Euronews a interrogé Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, pour évoquer ces violations.

Euronews :

Vous avez été rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires. Vous vous êtes aussi rendue sur le terrain en Ukraine. Qu'est-ce qui est le plus choquant dans ce conflit ?

Agnès Callamard :

La dimension la plus choquante de ce conflit est qu'il n'y a aucune base, aucune façon rationnelle de l'expliquer. Il n'y a aucune justification de l'invasion, de l'agression de la Russie contre l'Ukraine. J'ai vu de nombreux conflits et vous pouvez chercher les causes profondes et trouver des explications. Dans ce cas, c'est un blanc.

Euronews :

Dans votre rapport, vous appelez à ce que les auteurs de crimes de guerre supposés "de tous bords" soient traduits en justice. Avez-vous des preuves qui suggèrent que l'Ukraine a commis des crimes de guerre ?

Agnès Callamard :

Pour le moment nous suivons les violations perpétrées par l'Ukraine. Il ne fait aucun doute qu'il y en a eu quelques-unes. Mais l'échelle n'est pas comparable aux violations commises par la Russie et cela doit être souligné et mis en évidence. Les violations russes comprennent un très grand nombre d'attaques aveugles contre des civiles et leurs biens, et cela comprend des actes de torture. Cela comprend un grand nombre d'exécutions extrajudiciaires de personnes détenues en état de siège.

Euronews :

L'Ukraine a ouvert des enquêtes sur des crimes de guerre. Est-ce que le système judiciaire du pays est prêt pour une telle entreprise ?

Agnès Callamard :

Probablement pas. Je pense que le défi est grand. Pendant notre mission en Ukraine nous avons été confrontés au fait que les victimes et les survivants ont une demande pressante de justice. Et nous savons que le système ne sera pas en mesure de répondre à toutes les demandes. Les Ukrainiens auront besoin de l'aide internationale pour poursuivre ces crimes.

Euronews :

Etes-vous confiante qu'un jour justice sera rendue ?

Agnès Callamard :

Je suis toujours convaincue que la justice sera rendue. Nous avons besoin que les victimes sachent qu'elles sont entendues et reconnues.