Scandale au Parlement européen : l'eurodéputé Marc Tarabella interpellé par la police belge

L'eurodéputé Marc Tarabella
L'eurodéputé Marc Tarabella Tous droits réservés European Union, 2020.
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Par Jorge Liboreiro
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Le parlementaire belge est soupçonné d’être impliqué dans l’affaire qui secoue le Parlement européen. Il aurait défendu les intérêts du Qatar.

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Nouvelle arrestation dans l'enquête sur le scandale de corruption qui éclabousse le Parlement européen. L’eurodéputé Marc Tarabella a été placé en garde à vue vendredi matin.

Le parlementaire belge attend désormais une audience devant un juge, qui pourrait décider de le libérer ou de le mettre en examen dans le cadre de l'enquête qui progresse, confirme le parquet fédéral belge à Euronews, sans préciser les éventuelles charges qui pourraient être retenues.

L'eurodéputé devra être entendu dans un délai maximum de 48 heures.

Depuis que son nom est  mêlé au scandale, Marc Tarabella a toujours clamé son innocence.

L'opération de police a eu lieu vendredi matin, entre 6h00 et 8h00 CET, précise le procureur.

Les eurodéputés bénéficient d'une immunité ce qui les préserve d’une détention et de poursuites judiciaires. Mais Marc Tarabella a perdu cestatut la semaine dernière à l’issue d’un vote en séance plénière du Parlement européen.

L’élu belge a d’ailleurs voté en faveur de la levée de son immunité.

L'eurodéputé italien Andrea Cozzolino ne dispose plus non plus de la protection de son mandat de parlementaire .

Depuis les révélations mi-décembre, quatre personnes sont officiellement mises en examen : l'eurodéputée grecque Eva Kaili, son compagnon Francesco Giorgi, l'ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri et le directeur d’une ONG Niccolò Figà-Talamanca.

Ils sont poursuivis pour participation à une organisation criminelle, corruption et blanchiment d'argent.

Eva Kaili, Francesco Giorgi et Pier Antonio Panzeri sont toujours en prison, tandis que Niccolò Figà-Talamanca a été libéré au début du mois sans conditions.

L'enquête porte sur des activités de lobbying illicites qui auraient été menées par le Qatar et le Maroc dans le but d'influencer le processus décisionnel de l'UE.

Les deux pays nient vigoureusement ces allégations.

Selon les enquêteurs, le lobbying a impliqué de "grosses sommes" d'argent et des cadeaux "substantiels". Plus de 1,5 million d'euros en espèces ont été saisis lors des perquisitions.

Pier Antonio Panzeri, l'intermédiaire présumé entre le Qatar, le Maroc et l'hémicycle, a signé un accord avec le procureur dans lequel il reconnaît sa participation criminelle à la corruption et s'est engagé à partager des détails "révélateurs" sur le système d'échange d'argent contre des faveurs.

Selon les médias belges, l’ancien eurodéputé aurait avoué avoir remis 120 000 euros en espèces à Marc Tarabella, en plusieurs versements, dans le cadre du travail de ce dernier sur les questions liées au Qatar.

L'avocat du parlementaire belge insiste sur le fait que son client n'a jamais accepté d'argent ou de cadeau du Qatar.

Qui est Marc Tarabella ?

Le Belge siégeait depuis son élection en 2004 au sein du groupe social-démocrate jusqu’à son éviction de la formation lors des révélations du scandale.

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Marc Tarabella faisait partie de plusieurs commissions parlementaires, dont la délégation pour les relations avec la péninsule arabe, qui inclut le Qatar.

En novembre dernier, le parlementaire a défendu les droits du travail dans le pays qui accueillait la Coupe du monde de football. Il utilisait des arguments similaires à ceux exprimés par Eva Kaili lors de la même session plénière.

"Beaucoup de progrès restent à faire, mais (le Qatar) reste le pays qui s'est engagé sur la voie des réformes", déclarait-il.

"L'important est que, lorsque les lumières de la Coupe du monde se seront éteintes, que l'évolution positive se poursuive non seulement au Qatar, mais qu'elle puisse s'étendre à tous les pays de la péninsule arabique."

Début décembre, Marc Tarabella a voté en faveur d'une exemption de visa pour les citoyens qataris et koweïtiens, un dossier législatif qui a depuis été mis en attente.

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En janvier, son avocat a admis que l’eurodéputé avait omis de déclarer un voyage de travail qu'il avait effectué au Qatar en 2020.

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