"Scandaleuse et trompeuse" : Věra Jourová dénonce la campagne anti-européenne de la Hongrie

Les affiches placardées dans toute la Hongrie visent directement Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.
Les affiches placardées dans toute la Hongrie visent directement Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Tous droits réservés Denes Erdos/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Par Sandor ZsirosJorge Liboreiro
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Cet article a été initialement publié en anglais

Věra Jourová, vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs, a publiquement critiqué la campagne anti-européenne en Hongrie, la qualifiant de trompeuse et remplie de "mensonges vérifiables".

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"Cette campagne d'affichage est scandaleuse. Et cette campagne offense ma patronne Ursula von der Leyen, elle m'offense aussi, et je pense la plupart, si ce n'est, tous les membres du Collège" des commissaires. Les propos tenus mardi par la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, sont clairs.

"Cela ne montre pas ce que nous appelons dans le jargon diplomatique européen une coopération sincère".

La campagne d’affichage, lancée mi-novembre, représente Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à côté d'Alexander Soros, le fils du milliardaire George Soros, cible depuis plusieurs années du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

Un texte en majuscules indique : "Ne dansons pas sur l'air qu'ils sifflent !".

C'est la première fois qu’Ursula von der Leyen est personnellement visée par cette campagne menée par les autorités hongroises.

Ces panneaux d'affichage sont destinés à promouvoir une consultation nationale non contraignante qui demande aux citoyens hongrois de donner leur avis sur différentes politiques de l'UE. Les participants sont invités à choisir entre deux réponses possibles : pour ou contre.

L'enquête a été envoyée par courrier aux citoyens hongrois avec une date limite fixée au 10 janvier. Une version en ligne est également disponible.

Interrogée par Euronews sur le contenu de cette consultation, Věra Jourová a qualifié les questions et les réponses de "mensonges vérifiables".

"Par exemple : Bruxelles veut supprimer l'aide publique pour les coûts des services publics. C'est un mensonge. Bruxelles veut abolir la taxe hongroise sur les bénéfices exceptionnels. C'est un mensonge, c'est aux États membres d'en décider", a égrené Věra Jourová.

"Par exemple, quelque chose de juteux : le prétendu soutien de Bruxelles aux organisations palestiniennes proches du Hamas est un pur mensonge. Nous avons clarifié exactement ce que nous faisons, quel type de contrôle nous entreprenons pour être absolument sûrs que notre argent ne va pas entre les mains du Hamas", a-t-elle ajouté, en référence à l'examen urgent de la Commission sur les fonds de développement pour les territoires palestiniens qui n'a révélé aucune fuite.

"Je pourrais continuer. Oui, il y a des mensonges. La campagne tente d'induire en erreur les citoyens hongrois et nous devons nous opposer fermement à cela".

Les commentaires de la vice-présidente de la Commission en charge des Valeurs et de la Transparence représentent la réponse la plus cinglante aux menaces du Premier ministre hongrois de bloquer les décisions de l'UE.

Un porte-parole de la Commission a déclaré le mois dernier que la présidente de l’institution, après avoir vu les panneaux, était restée "impassible".

La présidente "a pleinement confiance dans la capacité du public hongrois à se faire sa propre opinion sur la base d'informations objectives et factuelles sur ce que nous faisons", a-t-il ajouté.

"Soyons clairs. Nous savons que ce n'est pas la première fois. Ce n'est probablement pas la dernière fois. Nous avons des affaires à mener. Nous avons des crises à gérer. Nous avons des politiques à mettre en œuvre".

Néanmoins, cette campagne d’affichage et la consultation font monter la tension autour de l'épreuve de force entre l’UE et Budapest. Viktor Orbán menace de mettre fin au soutien de l'Union européenne à l'Ukraine et d'empêcher les négociations d'adhésion.

Ces difficultés pourraient s’accentuer plus encore lors du sommet européen qui s’ouvre jeudi à Bruxelles.

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