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L'Union européenne interdit quatre médias pour propagande russe

Le président russe Vladimir Poutine s'exprime lors de sa conférence de presse annuelle à Moscou, Russie, jeudi 14 décembre 2023.
Le président russe Vladimir Poutine s'exprime lors de sa conférence de presse annuelle à Moscou, Russie, jeudi 14 décembre 2023. Tous droits réservés Alexander Zemlianichenko/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Alexander Zemlianichenko/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

Parmi eux, Voice of Europe, dont les services secrets tchèques ont déjoué l'opération d'influence russe en mars dernier.

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L'Union européenne a annoncé l'interdiction de quatre médias accusés de diffuser de la propagande pro-Kremlin et de "déstabiliser" les pays voisins de l'Ukraine.

Les quatre médias inscrits sur la liste noire - Voice of Europe, RIA Novosti, Izvestia et Rossiyskaya Gazeta - sont "sous le contrôle permanent, direct ou indirect" de la Russie et ont joué un rôle "déterminant" en encourageant le soutien à son invasion illégale de l'Ukraine, a déclaré le Conseil européen dans un communiqué ce vendredi.

"La Fédération de Russie s'est engagée dans une campagne internationale systématique de manipulation des médias et de l'information (...) pour justifier et soutenir son agression massive contre l'Ukraine, et pour renforcer sa stratégie de déstabilisation des pays voisins, ainsi que de l'UE et de ses États membres", peut-on lire dans la déclaration.

La décision a été anticipée par la vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, mercredi, lorsque les ambassadeurs de l'UE ont donné leur feu vert malgré l'avertissement de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, selon lequel la Russie prendrait des mesures de représailles contre les correspondants occidentaux à Moscou.

Věra Jourová s'est également engagée à interdire le financement par la Russie des médias, des ONG et des partis politiques dans l'UE.

Cette déclaration intervient trois semaines seulement avant que quelque 370 millions d'électeurs ne soient appelés aux urnes pour les élections européennes.

L'Union européenne est en état d'alerte maximale face aux campagnes de désinformation en ligne menées par la Russie dans le but de compromettre l'intégrité du scrutin, et les responsables craignent que l'UE ne soit pas assez préparée à de nouvelles formes d'ingérence étrangère.

Les médias inscrits sur la liste de l'UE dans le collimateur

Trois des médias visés, RIA Novosti, Izvestia et Rossiyskaya Gazeta, sont tous partiellement détenus ou contrôlés par l'État russe.

Voice of Europe est une société cotée en bourse aux Pays-Bas, dont le siège officiel se trouve dans un petit village de la province du Brabant-Septentrional. L'organe de presse est au cœur d'une enquête tentaculaire en cours sur les allégations selon lesquelles des législateurs européens auraient été payés pour colporter la propagande du Kremlin.

La société d'information prétendait fournir des "informations non censurées sur l'Europe et le monde" et, pas plus tard qu'en mars dernier, elle a organisé des entretiens et des débats en tête-à-tête avec des députés européens en exercice, diffusés depuis le Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg.

Fin mars, les autorités tchèques ont annoncé qu'elles avaient démantelé une opération d'influence russe menée par l'intermédiaire de Voice of Europe, alléguant que des transactions financières avaient été effectuées en faveur de représentants élus au Parlement européen et dans les parlements nationaux.

Selon les médias tchèques citant des responsables des services de renseignement, les allégations concernent des hommes politiques d'Allemagne, de France, de Pologne, de Belgique, des Pays-Bas et de Hongrie.

Jeudi, la police allemande a ouvert une enquête sur Petr Bystron, candidat aux élections européennes et membre du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), accusé d'avoir reçu jusqu'à 20 000 euros de la part d'individus liés au président russe Vladimir Poutine pour diffuser la propagande du Kremlin.

Le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, a déclaré le mois dernier que l'opération découverte visait à déstabiliser l'ensemble de l'Europe et a révélé que d'autres pays européens avaient ouvert des enquêtes à la suite des efforts déployés par la République tchèque.

La Belgique a confirmé qu'elle avait ouvert une enquête judiciaire étant donné que des membres du Parlement européen, dont le siège se trouve à Bruxelles, la capitale belge, sont soupçonnés.

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