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L'expansion de l'extrême droite en Europe pourrait influencer les décisions de l'UE

Le nouveau gouvernement néerlandais pose avec le roi Willem-Alexander sur les marches du palais royal Huis ten Bosch à La Haye, Pays-Bas, mardi 2 juillet 2024.
Le nouveau gouvernement néerlandais pose avec le roi Willem-Alexander sur les marches du palais royal Huis ten Bosch à La Haye, Pays-Bas, mardi 2 juillet 2024. Tous droits réservés Peter Dejong/Copyright 2024 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Peter Dejong/Copyright 2024 The AP. All rights reserved
Par Isabel Marques da Silva
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le nouveau gouvernement néerlandais a pris ses fonctions mardi. En France, l'extrême droite est arrivée en tête du premier tour des législatives.

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L’extrême droite poursuit son ascension à travers l'Union européenne. Quelle influence pourrait-elle avoir sur les prises de décision à Bruxelles ?

Les gouvernements des États membres qui comptent en leur sein des forces politiques d'extrême droite et eurosceptiques pourront exercer leur influence sur l'avenir de l'Union européenne de deux manières, selon Dave Sinardet, politologue à l'Université libre de Bruxelles, interrogé par Euronews.

"D'une part, ils pourraient vider la politique européenne de sa substance de l'intérieur. D'autre part, ces leaders d'extrême droite pourraient commencer à comprendre qu'ils ont également besoin de l'Union européenne pour pouvoir remplir une série de promesses qu'ils ont faites à leur électorat national, notamment en termes de sécurité et d'immigration", a déclaré le scientifique.

Dick Schoof, ancien chef des services secrets, a pris ses fonctions à la tête du gouvernement néerlandais ce mardi, après la victoire aux élections du parti pour la liberté (PVV) d'extrême droite, dirigé par Geert Wilders, il y a sept mois.

L'accord de coalition, intitulé "Espoir, courage et fierté", introduit des mesures strictes pour les demandeurs d'asile, supprime le regroupement familial pour les réfugiés et cherche à réduire le nombre d'étudiants internationaux qui étudient dans le pays.

Cette position aura un impact sur la manière dont le pacte européen sur la migration et l'asile sera mis en œuvre dans ce pays.

"Concernant les politiques migratoires, nous avons vu le Parti populaire européen (centre-droit) adopter des positions de plus en plus radicales. Quant au pacte vert, le bouton pause a été actionné il y a quelques mois, avant les élections européennes. Donc, le succès de l'extrême droite se traduit déjà dans les politiques européennes de différentes manières", explique le politologue.

Prochaine étape : la France ?

La Hongrie est le seul État membre où un parti de droite radicale est majoritaire au pouvoir. Outre les Pays-Bas, l'extrême droite fait partie de gouvernements de coalition en Italie, en Finlande, en République Tchèque et en Croatie. La France pourrait être la prochaine, au vu des résultats du 30 juin.

Si la victoire du Rassemblement national est confirmée le 7 juillet, Emmanuel Macron serait plus isolé.

Il perdrait le contrôle sur de nombreuses politiques internes comme celles relatives à l'économie et à la justice et exercerait une influence moindre au Conseil européen, qui réunit les dirigeants des 27 pays de l'UE.

"Ce qui est clair, c'est que le président français Emmanuel Macron est très affaibli par les résultats électoraux actuels et cela ne changera probablement pas vraiment dimanche prochain", estime Dave Sinardet.

"Il sera, de fait, un président affaibli autour de la table européenne, ce qui pourrait également avoir un impact sur l'axe franco-allemand, qui est historiquement et encore aujourd'hui l'un des principaux moteurs de la politique européenne", ajoute-t-il.

Un texte ne peut pas être approuvé si au moins 4 États membres, représentant 35% de la population de l’UE, s’abstiennent ou votent contre. 

Outre les migrations et le pacte vert, la gestion de la guerre en Ukraine et le soutien aux pays candidats à l'adhésion à l'UE figurent parmi les domaines qui pourraient être les plus touchés.

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Toutefois, sur ces sujets, l'absence de points de vue partagés pourrait rendre difficile un changement de cap.

"Les dirigeants des gouvernements d'extrême droite peuvent entraver le fonctionnement de l'UE, mais ces dirigeants ne sont pas nécessairement alignés sur toutes les questions, en particulier lorsqu'il s'agit de politique internationale et, par exemple, de la guerre en Ukraine. Par conséquent, il n'est pas certain qu'ils soient toujours en mesure de trouver un compromis entre eux", relativise le professeur.

D'un autre côté, certains dirigeants d'extrême droite, telle que la Première ministre italienne Giorgia Meloni, ont la réputation d'être assez constructifs au sein de l'UE.

L'actuelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souligne ainsi souvent que Giorgia Meloni est pro-européenne, pro-État de droit et pro-Ukraine et qu'elle peut jouer un rôle essentiel dans les politiques européennes au cours des cinq prochaines années.

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