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Face aux menaces tarifaires de Trump, Macron appelle à activer le "bazooka commercial"

Le président français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre du sommet UE-Arménie au palais présidentiel d'Erevan, le mardi 5 mai 2026.
Le président français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre du sommet UE-Arménie au palais présidentiel d'Erevan, le mardi 5 mai 2026. Tous droits réservés  AP Photo/Anthony Pizzoferrato
Tous droits réservés AP Photo/Anthony Pizzoferrato
Par Nathan Joubioux
Publié le Mis à jour
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Lors de sa visite d'État en Arménie, Emmanuel Macron a fustigé Donald Trump, qui a menacé de balayer l'accord conclu entre l'Union européenne et les États-Unis. Le président français a exhorté Bruxelles à sévir.

Emmanuel Macron a estimé que l'Union européenne devrait recourir à son instrument anticoercition (ACI) si Donald Trump mettait à exécution ses menaces d'augmenter les droits de douane à 25 % sur les voitures européennes, accusant les Vingt-Sept de ne pas respecter un accord commercial conclu l'an dernier.

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Ce mardi 5 mai, lors de sa visite d'État organisée au lendemain du sommet UE-Arménie, le président français a vivement critiqué son homologue américain. "Je pense que dans la période géopolitique que nous vivons, des alliés comme les États-Unis et l'Union européenne ont bien mieux à faire que d'agiter des menaces de déstabilisation", a-t-il déclaré.

"Il y a des accords qui ont été signés, ils doivent être respectés", a-t-il insisté, soulignant que l'UE s'était "adaptée". Emmanuel Macron a toutefois prévenu que l'Union européenne devrait de nouveau s'ajuster si ces accords étaient remis en cause par Washington, appelant Bruxelles à activer certains instruments "parce que cela correspond à leur vocation".

La France, puissance clé de l'UE, a, à plusieurs reprises, poussé le bloc à déployer cet outil commercial. L'an dernier, après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Bruxelles avait préparé un paquet visant 95 milliards d'euros de produits américains, finalement suspendu. Plusieurs pays européens avaient alors insisté sur l'activation de l'instrument anticoercition du bloc.

Surnommée le "bazooka" de l'UE, l'ACI permet un large éventail de réponses : droits de douane, restrictions sur les exportations de biens stratégiques ou encore exclusion d'entreprises américaines des appels d'offres européens. À ce stade, l'Union européenne n'a encore jamais utilisé cet instrument.

Ursula von der Leyen sur la même longueur d'onde

L'UE est prête "à tous les scénarios", a assuré, de son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. "Un accord est un accord, et nous avons un accord. Nous mettons tous les deux cet accord en œuvre tout en respectant les différentes procédures démocratiques de part et d'autre", a-t-elle déclaré.

Cependant, la Commission insiste sur le fait qu'elle reste engagée dans l'accord, a indiqué Ursula von der Leyen. "Nous voulons donc de ce travail un gain mutuel, de la coopération et de la fiabilité, et nous sommes prêts pour tous les scénarios", a-t-elle insisté.

Le responsable du commerce de l'UE, Maroš Šefčovič, doit tenir des pourparlers, ce mardi à Paris, avec le représentant commercial américain Jamieson Greer, qui s'est plaint d'un processus d'approbation de l'UE "très lent" ainsi que d'amendements qui "limiteraient l'accord".

Le Parlement européen avait donné son approbation conditionnelle au pacte commercial UE-États-Unis, mais une version finale doit encore être négociée avec les États membres du bloc.

Macron va parler avec le président iranien

Emmanuel Macron a profité de cette prise de parole à Erevan pour indiquer qu'il échangerait, ce mardi, avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian, après le regain de tensions entre Iran et États-Unis dans le détroit d'Ormuz.

"Je parle tout à l'heure au président iranien", a-t-il déclaré, en rappelant qu'il condamnait les nouvelles frappes de l'Iran contre les Émirats arabes unis et appelait à la réouverture du détroit d'Ormuz.

Plus tôt, le chef de l'État a condamné des frappes "injustifiées et inacceptables" contre des infrastructures civiles et énergétiques émiriennes et a promis de soutenir ses alliés dans la région du Golfe.

"Une solution durable au conflit en cours ne passera que par une réouverture du détroit d’Ormuz à la libre circulation", a-t-il insisté.

Le président français a plaidé pour la signature d'un "un accord robuste" qui permettrait d'apporter une réponse aux "menaces posées par l'Iran sur les plans nucléaire, balistique" et en lien avec ses activités "déstabilisatrices" dans la région.

Un sommet et une visite d'État pour rapprocher l'Arménie de l'Europe

Emmanuel Macron s'est rendu en Arménie à l'occasion du huitième sommet de la Communauté politique européenne (CPE), auquel ont participé quelque 50 dirigeants mondiaux, dont 27 États membres de l'UE. Ce sommet avait pour objectif de renforcer le dialogue stratégique entre États européens et de discuter de plusieurs sujets, tels que la sécurité et la défense, la compétitivité et la sécurité économique ou la démocratie et les dangers qui pèsent sur elle.

Le président français a affirmé mardi que la vocation de l'Arménie était "européenne", voyant dans l'Europe un "partenaire naturel" de cette ex-république soviétique, qui a marquée par des décennies de tensions avec l'Azerbaïdjan voisin.

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