Un conflit sur les vitraux de Notre Dame et une proposition de loi sur l'aide à la mort sont deux des raisons présumées pour lesquelles le pape Léon XIV n'a pas voulu voir le Président français.
Emmanuel Macron est devenu viral la semaine dernière pour les lunettes de soleil emblématiques qu'il portait au Forum économique mondial de Davos, mais le président français a également fait l'objet de revendications virales d'un autre genre.
Différents messages sur X, dont certains ont été vus et partagés des milliers de fois, affirment que le pape Léon XIV a annulé une rencontre qu'il devait avoir avec Emmanuel Macron début janvier, en raison de sa désapprobation à l'égard des nouveaux vitraux de la cathédrale Notre-Dame.
Le pape Léon XIV aurait également qualifié le changement de "parodie", selon un billet, et aurait critiqué une proposition de loi sur l'aide à mourir en France, qui a depuis été bloquée au Sénat en raison de l'opposition de groupes conservateurs et religieux.
Autre point qui ferait coincer une rencontre : le Pape retirerait à l'archevêque de Paris son siège à Notre-Dame, car la cathédrale est la "propriété de Dieu" et non de l'État, et affirme que l'atmosphère entre la France et le Vatican est devenue "détestable" et "malsaine".
En outre, le message affirmerait que le pape Léon XIV est mécontent que la France soit devenue "anti-américaine".
Cependant, aucune de ces affirmations dramatiques et apparemment sans rapport n'est vraie. Le ministère français des Affaires étrangères a clairement rejeté ces affirmations dans un post sur X, déclarant que la rencontre était toujours en cours d'organisation.
Le ministère a déclaré que l'alignement des agendas du pape Léon et du président "reste l'un des plus grands mystères", et qu'une photo serait postée lorsque la rencontre se ferait.
Le Vatican a dit plus ou moins la même chose, expliquant que les efforts pour programmer une rencontre sont en cours et qu'aucune des questions soulevées en ligne n'est une raison pour le retard.
Qu'en est-il des fenêtres de Notre-Dame ?
Ce qui est vrai, c'est la nature controversée des nouveaux vitraux de Notre-Dame.
Après l'incendie de 2019 qui a détruit une grande partie de la cathédrale emblématique, de nouveaux vitraux ont été proposés dans le cadre des efforts de restauration, conçus par Claire Tabouret dans un style contemporain.
Ils partagent l'histoire de la Pentecôte, qui célèbre l'Esprit Saint descendant sur les Apôtres, Marie et les premiers disciples de Jésus-Christ. Le thème a été choisi par l'archidiocèse de Paris.
Les vitraux illustrent des événements bibliques tels qu'un vent violent remplissant la pièce où les disciples de Jésus étaient rassemblés, les langues de feu reposant sur leurs têtes et leur nouveau pouvoir, conféré par le Saint-Esprit, de parler différentes langues et de répandre l'Évangile à toutes les nations.
Néanmoins, les critiques soutiennent que les anciennes fenêtres, conçues par l'architecte du XIXe siècle Eugène Viollet-le-Duc, n'ont pas besoin d'être remplacées, car les originales ont survécu à l'incendie et ne nécessitent qu'un nettoyage et des efforts de restauration mineurs.
D'autres affirment que la suppression des fenêtres de Viollet-le-Duc porte atteinte à l'intégrité architecturale et historique de Notre-Dame. Certains ont même intenté une action en justice, affirmant que le remplacement des vitraux historiques intacts violait la Charte de Venise, qui encourage la préservation des monuments historiques.
D'un autre côté, les partisans du projet affirment que les nouveaux vitraux représentent la renaissance de Notre-Dame et font référence à des histoires bibliques traditionnelles dans un style contemporain. Claire Tabouret a déclaré à l'Associated Press qu'elle visait l'harmonie avec les œuvres de Viollet-le-Duc.
"L'une des exigences qui m'a vraiment interpellée et qui m'a donné envie de participer à ce projet était que l'œuvre devait être figurative et comprise par tous sans explication", a-t-elle déclaré. "Je pense que l'une des grandes forces de la peinture figurative ou de l'art en général est qu'elle peut être comprise au-delà du langage. Et cela fait écho au thème de la Pentecôte, où tout le monde peut se comprendre en dépit de la langue parlée", a-t-elle également assuré.
Les six nouveaux vitraux sont actuellement exposés au Grand Palais à Paris avant d'être déplacés pour décorer la nef de la cathédrale.
La loi française sur l'aide à mourir
En ce qui concerne l'autre question principale mentionnée dans le faux billet de X, une proposition de loi sur l'aide à mourir a en effet provoqué une impasse politique en France.
Le Sénat français a récemment rejeté l'article 4 de la proposition de loi, qui visait à définir comment et quand les patients pourraient avoir accès à l'aide médicale à mourir.
Il est intéressant de noter que les socialistes et les conservateurs ont voté ensemble pour bloquer le projet de loi, les premiers critiquant un amendement récent qui, selon eux, remettait en cause l'intention initiale de légaliser l'euthanasie, et les seconds estimant que le projet de loi était trop permissif.
Les groupes religieux se sont également opposés à la proposition de loi, préconisant davantage de soins palliatifs comme alternative à l'aide à la mort.
La conférence épiscopale française a notamment exprimé son inquiétude quant au vote de la loi, et le pape Léon XIV a prononcé un sermon aux pèlerins français en juin, soulignant la valeur de la vie "même dans sa dernière heure", quelques semaines seulement après que l'Assemblée nationale française a adopté le projet de loi en première lecture.
Le Pape n'a toutefois pas explicitement parlé du projet de loi et n'a pas non plus annulé une rencontre avec Emmanuel Macron à ce sujet.
Avec les discussions en cours sur les garanties, les clauses de conscience pour les professionnels de santé et les conditions d'éligibilité, l'avenir de la loi est pour l'instant incertain : elle sera renvoyée à l'Assemblée nationale pour de nouveaux amendements avant de retourner au Sénat.