Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

La Chine exhibe des robots humanoïdes experts en arts martiaux : l'Europe doit-elle s'inquiéter ?

Des robots humanoïdes se produisent à l'approche du Nouvel An lunaire à Pékin, en Chine
Des robots humanoïdes se produisent à l’approche du Nouvel An lunaire à Pékin, en Chine Tous droits réservés  CCTV
Tous droits réservés CCTV
Par Roselyne Min
Publié le Mis à jour
Partager Discussion
Partager Close Button

Alors que Pékin accélère dans la robotique, mise en scène lors du spectacle du Nouvel An lunaire, une question grandit : ces systèmes sont-ils vraiment si avancés, et l’Europe doit-elle s’en inquiéter ?

Le grand spectacle télévisé du réveillon du Nouvel An lunaire en Chine a fait la une cette année : des robots humanoïdes y ont volé la vedette en enchaînant des numéros coordonnés d’arts martiaux et de parkour.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

L’événement a donné lieu à plusieurs premières mondiales et offre une démonstration spectaculaire de la rapidité avec laquelle le pays progresse sur le plan technologique.

D’après une vidéo publiée par la chaîne publique CCTV, deux douzaines de robots ont exécuté le premier parcours de parkour en continu avec sauts de table en style libre, le premier salto aérien, des flips successifs sur une seule jambe, un salto arrière en deux temps en appui contre un mur, ainsi que le premier « Airflare » grande rotation à 7,5 tours.

La Chine accélère ses efforts pour mettre au point des robots dopés à l’intelligence artificielle, capables d’opérer avec de moins en moins d’intervention humaine.

Les robots ont parcouru beaucoup de chemin depuis le gala de l’an dernier, où des humanoïdes avaient exécuté une danse folklorique hésitante en agitant des mouchoirs. Cette année, les machines paraissaient nettement plus stables, signe d’une avancée manifeste.

Ce que cela implique au-delà du gala

Mais au-delà du spectacle, des questions demeurent : quel est réellement le niveau de ces robots et leur développement doit‑il inquiéter ?

Partout dans le monde, des entreprises testent des humanoïdes dans des usines et des entrepôts, et certaines les envisagent déjà pour un usage domestique à l’avenir.

Des experts de la défense estiment que ce type de machine pourrait, à terme, trouver des applications militaires.

« Il y a vraisemblablement une place pour des robots ayant la forme d’êtres humains ou d’animaux au sein des organisations militaires et de sécurité, en particulier s’ils doivent interagir avec des infrastructures conçues pour les humains, comme les voitures, les escaliers ou les portes », explique à Euronews Next Hans Liwång, professeur de sciences des systèmes pour la défense et la sécurité à l’Université de défense suédoise.

Il avertit toutefois que le déploiement sur le terrain est bien plus complexe qu’une mise en scène. Dans un contexte militaire, selon lui, la forme du robot importe beaucoup moins que le fait de savoir s’il dispose d’une « logique suffisamment élaborée » pour évoluer dans un environnement imprévisible.

Liwång met également en garde contre la tentation de surinterpréter ces démonstrations très médiatisées, qui peuvent aussi être vues comme un outil de propagande étatique.

« Mettre en scène un spectacle répété, planifié et entièrement contrôlé ne dit pas grand-chose de l’état réel de la technologie. Ces shows sont conçus pour impressionner et tendent donc à exagérer les capacités techniques », souligne‑t‑il.

L’Europe peut‑elle suivre le rythme ?

L’Europe n’a pas lieu de céder à l’alarme, mais elle doit rester vigilante, estime Liwång.

« L’Europe doit être informée des évolutions à l’international. Nous devons apprendre des autres, et non repartir de zéro. Nous devons tirer les leçons des efforts déjà consentis et des avancées techniques », poursuit‑il.

Ses propos interviennent alors que la course aux robots humanoïdes semble de plus en plus dominée par la Chine et les États‑Unis.

Selon les analystes, l’avantage de la Chine tient en grande partie à l’ampleur de sa production et à l’intégration de ses chaînes d’approvisionnement.

Le pays a mis en place ce que les spécialistes décrivent comme une chaîne de valeur de la robotique quasi intégrée verticalement, appuyée par un soutien massif des pouvoirs publics, ce qui permet aux entreprises d’augmenter rapidement les volumes et de faire baisser les prix.

Unitree Robotics, dont les machines ont occupé le devant de la scène lors du gala de la Fête du printemps en Chine, affiche un prix de base de 13 500 dollars (environ 11 280 euros) pour son robot humanoïde G1.

Tesla n’a pas encore communiqué de prix commercial pour Optimus. Lors d’une conférence sur les résultats en janvier 2025, son directeur général Elon Musk a indiqué que les coûts de production pourraient descendre sous la barre des 20 000 dollars (environ 16 700 euros) si la production annuelle atteignait un million d’unités, laissant entendre que les prix resteront probablement plus élevés tant que la fabrication à grande échelle ne sera pas au rendez‑vous.

Selon un rapport publié en 2024 (source en anglais) par la Fédération internationale de la robotique, une association professionnelle mondiale dont le siège se trouve en Allemagne, la Chine reste le premier marché mondial pour les robots industriels et a représenté plus de la moitié de l’ensemble des nouvelles installations de robots dans le monde en 2024.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Washington crée un site pour contourner les censures des gouvernements européens

Sommet IA en Inde : que disent Modi, Macron, Washington et les patrons de la tech ?

La mode des caricatures IA de ChatGPT, une aubaine pour les fraudeurs, alertent des experts