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L’UE inflige 200 M€ à Temu pour jouets dangereux et chargeurs défectueux

Une page du site Temu apparaît sur cette photo, à New York, le vendredi 23 juin 2023.
Une page du site Temu s’affiche sur cette photo, à New York, vendredi 23 juin 2023. Tous droits réservés  AP Photo/Richard Drew
Tous droits réservés AP Photo/Richard Drew
Par Pascale Davies
Publié le Mis à jour
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Une enquête de la Commission européenne a conclu que le site chinois de commerce en ligne disposait d’évaluations des risques insuffisantes, après que des enquêteurs ont découvert que des jouets pour bébés dangereux et des chargeurs défectueux étaient disponibles sur sa plateforme.

La Commission européenne a infligé une amende de 200 millions d’euros au géant chinois du commerce en ligne Temu, après que des enquêteurs ont découvert sur sa plateforme de nombreux jouets pour bébés dangereux et des chargeurs défectueux.

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La Commission a indiqué jeudi qu’en vertu du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), la plateforme n’avait pas correctement identifié ni traité les risques liés aux produits illégaux et dangereux vendus aux consommateurs européens.

L’amende intervient à la suite d’une enquête formelle ouverte en octobre 2024 sur le respect, par Temu, de ses obligations en tant que « très grande plateforme en ligne » au sens du droit de l’UE.

L’enquête de la Commission s’est appuyée sur une opération d’« achats mystère » menée par un organisme indépendant de tests. Elle a révélé qu’un pourcentage élevé des chargeurs achetés via Temu ne satisfaisait pas aux tests élémentaires de sécurité électrique et qu’une forte proportion de jouets pour bébés présentaient des risques de sécurité moyens à élevés, contenant des niveaux de produits chimiques supérieurs aux limites légales ou comportant de petites pièces détachables présentant un risque d’étouffement.

La Commission a également reproché à Temu de ne pas avoir pris en compte le rôle joué par la conception même de sa plateforme dans la diffusion de produits dangereux. Les algorithmes de recommandation et les programmes de promotion pilotés par des influenceurs, ont souligné les enquêteurs, peuvent contribuer activement à amplifier la portée des annonces illégales, un aspect que Temu n’avait pas examiné de manière adéquate.

« Les évaluations des risques ne sont pas de simples exercices de conformité ; elles constituent l’ossature du DSA », a déclaré Henna Virkkunen, vice‑présidente exécutive de la Commission européenne, chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie. « L’évaluation des risques de Temu sous‑estime les risques concrets, manque de précision, ne repose pas sur des éléments probants solides et n’est pas exhaustive. »

« Elle laisse les régulateurs, les utilisateurs et le grand public dans l’ignorance de l’ampleur réelle des dommages potentiels liés aux produits illégaux vendus sur Temu. Il est temps désormais que Temu se conforme à la loi. »

Temu a indiqué qu’elle « respecte les objectifs du règlement sur les services numériques et l’importance de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique », mais qu’elle conteste la décision de la Commission européenne et juge l’amende « disproportionnée », a fait savoir l’entreprise dans une déclaration transmise à Euronews Next.

La société a ajouté qu’elle continuerait « à travailler de manière constructive avec les régulateurs » afin de développer une place de marché responsable au service des consommateurs, des entreprises et des communautés locales.

« Nous examinons attentivement cette décision et étudions toutes les options qui s’offrent à nous », a indiqué Temu.

Temu dispose désormais jusqu’au 28 août 2026 pour présenter un plan d’action détaillant la manière dont elle entend remédier aux insuffisances de son évaluation des risques, comme l’exige l’article 75 du DSA. Le Conseil européen des services numériques disposera d’un mois pour examiner ce plan, après quoi la Commission aura un mois supplémentaire pour adopter une décision finale et fixer un calendrier de mise en œuvre.

Si Temu ne se conforme pas à la décision constatant le non‑respect, l’entreprise pourrait se voir infliger des astreintes en plus de l’amende prononcée jeudi. La Commission a indiqué qu’elle continuerait de dialoguer avec l’entreprise pour surveiller plus largement le respect du DSA.

Cet article a été mis à jour pour inclure la réaction de Temu.

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