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Trafic d'êtres humains : le Beaujolais secoué par une vaste enquête

Trafic d'êtres humains : le Beaujolais secoué par une vaste enquête
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Une bien mauvaise publicité en pleine période de vendange : le vignoble du Beaujolais est secoué par une vaste enquête policière portant sur le travail illégal des saisonniers. Quatre hommes ont été interpellés : ils sont suspectés d'avoir organisé un trafic d'êtres humains entre la France et la Bulgarie.

Les enquêteurs ont perquisitionné chez plusieurs vignerons. Y compris chez le président de l'Inter Beaujolais, qui reconnaît à mi-mot, ne pas avoir été assez vigilant.

Dominique Piron, président de l'Inter Beaujolais : "Nous, aujourd'hui, on fonctionne avec une entreprise d'intérim. Nous sommes cinq vignerons dans le Beaujolais à avoir fonctionné avec cette entreprise. Il y a beaucoup d'autres entreprises bulgares qui sont là. Il y a à peu près 20 000 vendangeurs dans le Beaujolais cette année. Et peut-être 10 000 Bulgares, c'est énorme. Après ça, le renseignement n'est pas toujours facile à avoir. Peut-être qu'on n'est pas assez renseigné, peut-être qu'on en fait pas assez..."

L'agence d'intérim au coeur du scandale était enregistrée en Bulgarie mais opérait en Rhône-Alpes.

Au total, 167 Bulgares auraient été abusés financièrement. Ces victimes dénoncent en outre des conditions d'hébergement indignes durant les vendanges.

L'enquête ne fait que commencer et pourrait bien faire de nouvelles vagues. Un mauvais timing à deux mois du lancement du Beaujolais nouveau.

Les saisonniers bulgares étaient recrutés dans leur pays d'origine à Choumen à 70 km des côtes de la Mer Noire puis étaient transportés jusque dans la région lyonnaise en autocar.

Le président de l'Inter Beaujolais précise que les saisonniers sont payés au forfait : 1800 euros par hectare à récolter. "A la sortie, les gars touchent à peu près à un salaire de 60 euros net par jour."

Les vignerons travaillaient depuis cinq ans avec l'entreprise à l'origine du scandale. "Au début nous avons commencé à rémunérer nous mêmes ces Bulgares. Au bout de deux ou trois ans, ces Bulgares nous on dit : on va créer notre société de service, ainsi vous n'aurez qu'une facture (à payer). On a dit : pourquoi pas ? De toute façon, on n'avait pas le choix..."

Parmi les quatre personnes interpellées il y a avait un Français et trois Bulgares. Ils sont accusés d'appartenir à un réseau de type mafieux. Ils ont été remis en liberté mais placés sous contrôle judiciaire en attendant la fin de l'enquête et un renvoi éventuel de l'affaire pour un jugement.

Hans von der Brelie, euronews : "La bonne nouvelle dans cette affaire, c'est la coopération entre les autorités françaises et bulgares pour fermer ces entreprises sans scrupules qui abusent des travailleurs saisonniers pour ramasser du raisin et payés presque rien. C'est une bonne nouvelle aussi parce que la coopération policière et judiciaire à l'échelle de l'Union européenne commence à faire ses preuves."