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Emmanuel Macron s'exprime sur la laïcité, il était temps

Emmanuel Macron s'exprime sur la laïcité, il était temps
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Ian Langsdon/Pool via REUTERS
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Le chef de l'état français a fini par s'exprimer sur la laïcité. Et il a fait d'une pierre, trois coups en choisissant l'inauguration du centre européen du judaïsme à Paris pour envoyer un message d'unité républicaine aux Français et à ses élus.

Au lendemain de l'attaque de la mosquée de Bayonne, moins d'un mois après celle de la préfecture de police de Paris, alors que les débats autour du port du voile font rage, Emmanuel Macron a été clair :

"La laïcité, enfin, est un principe de fraternité qui doit vivre en chaque Français comme une boussole dans son rapport aux autres citoyens, quelque chose qui a trait au fond à une forme de civilité française."

"Et je tenais très simplement à la rappeler en ce moment de la vie de la nation, où cette valeur d'union et de cohésion est parfois dévoyée et instrumentalisée par ceux qui, voulant semer la haine et la division, s'en servent pour mener le combat contre telle ou telle religion."

C'était un moment clef pour le président qui s'est ainsi adressé aussi bien aux juifs, aux catholiques qu'aux musulmans français et aux élus. Alors que dans le même temps, mardi soir, au bout de 5 heures de débat, le Sénat adoptait une proposition du groupe de droite LR pour interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant les sorties scolaires.

Hasard du calendrier, une sénatrice de gauche accueillait le même jour une trentaine de femmes et enfants des quartiers populaires de Marseille au palais du Luxembourg. Certaines femmes étaient voilées. La situation a révolté la sénatrice Samia Ghali :

"Elle me révolte parce que quand je vois des mamans qui ont plus de 60 ans, c'est la première fois qu'elles mettent les pieds ici au Sénat, parce qu'elles s'intéressent justement à la République, elles veulent comprendre comment fonctionne la République, je trouve dommage qu'à ce moment-là on mette sur la table des sujets qui les discriminent, qui les renvoient à leur condition et non au fait qu'elles sont d'abord françaises, avant tout."

Le texte adopté par le Sénat a toutefois peu de chances d'être voté par l'Assemblée nationale, dominée par la majorité présidentielle, même si elle est apparue divisée ces dernières semaines. Pour éviter les amalgames destructeurs entre radicalisation, communautarisme, immigration et laïcité, il était donc grand temps que le chef de l'état français s'exprime.

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